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Billet de blog 1 sept. 2022

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Les projets fous inachevés

« L’imaginaire est ce qui tend à devenir réel » nous disait André Breton, ou comment l’imagination représente ce qui n’est pas. C’est probablement la raison pour laquelle les nombreuses propositions qui se voulaient pérennes, inoubliables mais qui n’ont jamais existées, exercent sur nous un grand pouvoir d’attraction.

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Que les projets soient simplement issus de l’esprit de leurs créateurs, qu’ils aient été perdus, restés dans un état d’inachèvement ou encore oubliés, ces projets, par leur seule force d’évocation, continuent d’entretenir leurs légendes. Qui, d’ailleurs, n’a jamais voulu reconstituer, en pensée, une œuvre qui, pour une raison ou une autre, a été abandonné en cours de route ou s’est perdue sur les sentiers tortueux de l’histoire. Ces projets inaboutis nous enivrent, nous ensorcellent… Voici un petit florilège d’œuvres ou de projets singuliers, parfois extraordinaires, d’autres fois sensationnels, qui n’ont jamais pu voir le jour.

Stanley Kubrick sur le tournage de Docteur Folamour @wikimedia commons

En 1969, le cinéaste Stanley Kubrick, fort du succès commercial de son film 2001 : l’odyssée de l’espace se lance dans le scénario fou d’un nouveau film sur la vie de Napoléon Bonaparte. Une œuvre cinématographique à la hauteur de la vie de l’Aigle : démesurée, flamboyante et pleine de péripéties. En septembre de la même année, le script est enfin prêt. Pour concrétiser son biopic qu’il veut grandiose et novateur, le réalisateur de Barry Lyndon voit grand. En bon capitaine à la barre de son imposant galion, ce dernier prévoit avec minutie tous les détails de cette fresque historique en devenir. Les chiffres autour du film donnent le tournis : près de 40 000 soldats sont recrutés afin de traduire au plus près les batailles mémorables de l’empereur des Français, 17 000 images sont collectées et rangées dans des archives, 500 ouvrages sont décortiqués et des milliers de pages sont rédigées pour les décors et les costumes. Le réalisateur peut aussi compter sur une dizaine d’assistants et deux experts tout dévoués à sa cause. La démesure du travail préparatoire en dit long sur les ambitions de Kubrick. Tout laisse à penser qu’on allait assister à un tournant visuel dans le 7èmeart. Pourtant, rien n’allait se passer comme prévu…

L’histoire sans cesse modifiée, la préparation maniaque, jusqu’au-boutiste, et tous les millions de dollars injectés dans la post production n’auront pas suffi à rassurer les dirigeants de la grande major MGM (Metro Goldwyn Mayer), qui jugeront l’entreprise financièrement trop risquée à l’heure où les longs films fleuves commencèrent à lasser le public. Un film qui, à n’en pas douter, serait devenu un véritable chef-d’œuvre mais qui s’est heurté — comme c’est souvent le cas — à une poignée de cadres, soucieux des retombées commerciales. Un manque à gagner peut-être, une absence de vision, c’est certain… In fine, cette décision nous prive de ce qui aurait pu être l’un des beaux joyaux du cinéma au XXe siècle.

Dans un autre registre, citons l’invraisemblable Plan Voisin imaginé par Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier. En 1922, l’architecte présente au Salon d’automne un nouveau plan d’urbanisme conçu pour les villes en pleine expansion. Ce plan est scindé en trois parties distinctes : d’abord un centre d’affaires, ensuite un quartier d’habitation permettant d’accueillir la population croissante (au moyen de 24 gratte-ciels cruciformes haut de 200 mètres) et enfin, en périphérie, des lotissements entourés de grandes étendues vertes. La nouvelle cité de Le Corbusier, vidée de ses rues et de ses ruelles interminables seraient remplacée par de grandes voies de circulation à une époque où l’activité, aidée par la révolution industrielle, bat son plein. L’ingénieur et constructeur, Gabriel Voisin, agissant dans son propre intérêt, finança alors une vaste étude pour accomplir ce dessein et l’appliquer à Paris.

Le Corbusier travailla ainsi sur le nouvel aménagement de la capitale jusque dans les années 40. Il y projetait d’y effacer toutes les traces apparentes du passé et d’ouvrir une nouvelle page à la ville séculaire. Après le Paris gallo-romain, le Paris médiéval, le Paris haussmannien, viendrait le Paris de l’architecte phare du Modernisme. Place à une ville plus aérienne, repeuplée, débarrassée de ses vestiges passés et de son enclave historique située en son cœur. La ville prestige deviendrait ville vivante, spatiale, dynamique, dans un renouveau urbain qualifié pour beaucoup d’utopique. Comme on pouvait s’y attendre, ce plan insensé, estampillé du sceau de son créateur, — soulignons-le, un brin dogmatique —, restera à l’état d’ébauche. Pourtant, quelques années plus tard, le créateur de l’unité d’habitation reviendra à la charge et proposera à son ami de longue date, André Malraux, alors ministre de la Culture, un autre projet pour la métropole : la construction d’un immense Palais des Congrès en lieu et place de l’actuelle Gare d’Orsay… Rebelote, le projet fut une fois de plus refusé…

Peut-être pour ne pas froisser encore plus son camarade, Malraux lui demanda de réfléchir à l’édification d’un nouveau grand musée moderne dans le quartier de la Défense. Malheureusement, sa mort, survenu en 1965, viendra interrompre la réalisation de ce futur édifice dans l’espace public. A l’image de cette ultime commande, le projet pour la ville-lumière, mûrement réfléchi, ne se réalisera jamais… et c’est d’ailleurs peut-être mieux ainsi.

Portrait de Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier et le modèle du Plan Voisin. @wikimedia commons

Sans vouloir faire preuve d’une parfaite exhaustivité, il est difficile, sinon impossible de ne pas évoquer les deux plus fabuleuses œuvres picturales des siècles passés — et probablement à venir —, hélas jamais finalisées : les fresques, commandées par le gonfalonier Pier Soderini et les autorités de Florence, sensées orner, au début du XVIe siècle, la nouvelle salle du Conseil du Palazzo Vecchio.

Un duel légendaire a lieu en Toscane, dans la capitale des arts. D’un côté, sur le mur de droite, on trouve La Bataille d’Anghiari de Léonard de Vinci, représentant la victoire des Florentins sur les Milanais en 1440. De l’autre, nous avons La Bataille de Cascina de Michel-Ange, dépeignant la victoire de l’armée florentine du condottiere Galeotto Malatesta sur leur ennemi pisan. Le match est serré : les deux plus grands génies de l’art s’affrontent à coup de compositions et de dessins, en faisant don de leur temps, de leur savoir-faire et de leur virtuosité.

Les premiers cartons dévoilés au public, longuement narrés par les observateurs de l’époque, auront fini par devenir ce que d’aucuns appelleront l’« école du monde » pour les artistes de demain. Deux modèles uniques en leur genre presque inénarrables tant la beauté qui devait imprégner les murs de la Salle des Cinq-Cents aurait marqué l’histoire de l’art à tout jamais. De ces fresques, il ne reste rien, si ce n’est la copie réalisée par Pierre Paul Rubens nommée La Lutte pour l’étendard d’après les cartons de Léonard de Vinci et pour Michel-Ange, une reproduction à l’huile de Bastiano da Sangallo, reproduisant le moment de panique des soldats florentins avant d’aller affronter l’ennemi.

Chez Michel-Ange, on perçoit, à travers cette réplique, son amour pour l’antiquité avec ces corps athlétiques sortant du fleuve de l’Arno en hâte, surpris par leurs adversaires. L’aspect sculptural de la scène, l’action des corps héroïques tout en torsion, dans un faux semblant de bas-relief, rendent compte du canon idéal de l’époque : la beauté hellénistique unanimement admirée à la Renaissance.

La Bataille de Cascina (d’après Michel-Ange), Aristotele de Sangallo, 1542, Grisaille, Holkham Hall. @wikimedia commons

A l’opposé, Léonard de Vinci prend le parti de traduire la violence de la guerre, à travers des mercenaires sanguinaires chevauchant leurs destriers dans une composition tourbillonnante. Dans cette œuvre, l’homme et l’animal ne forment plus qu’une seule entité vouée au combat. Le carton de Rubens montre une mêlée dans laquelle les soldats se battent avec une violence inouïe. La cruauté rythme, ici, cette « symphonie du mal ».

La Lutte pour l’etendard (d’après Léonard de Vinci), Pierre Paul Rubens, autour de 1603, dessin, Musée du Louvre, Paris. @wikimedia commons

De l’arrêt brutal de ce projet magistral, on sait peu de choses… La légende veut que Vinci aurait tenté de faire renaître la technique ancienne de l’encaustique de Pline mais que, à la suite de son application sur les murs, la composition, encore dans sa genèse, n’aurait pas tenu. D’autres pensent, à juste titre, que le protégé de François Ier se serait fâché avec la Seigneurie qui aurait alors sanctionné la relative lenteur du savant italien. Michel-Ange, lui, aurait tout simplement abandonné son ouvrage pour se consacrer à la création du Tombeau du pape Jules II à Rome.

Les chroniqueurs de l’époque affirmèrent, au vu des cartons présentés, que rien d’aussi beau n’avait jamais été produit en Italie — et donc, autant dire dans le monde. On ne peut que leur donner raison… Ces fresques, si elles avaient existé, auraient connu une célébrité plus grande encore que la Chapelle Sixtine ou Mona Lisa. Cette histoire nous laisse, au final, de vifs regrets. Reste alors plus que le mythe éternel et notre seule imagination, pour ainsi tenter d’illustrer ce qui devait être le projet ornemental le plus spectaculaire de tous les temps[1].

Maintenant, avançons un peu dans le temps. Plus près de nous, qui n’aurait pas aimé découvrir les projets avortés du célèbre « marchand de sel », le bien nommé Marcel Duchamp ? Son œuvre unique, déroutante à tous égards, sa personnalité, ses concepts anticipant ceux d’aujourd’hui, font de lui un des plus grands créateurs de l’art du XXe siècle. Outre le fait que son œuvre soit, en soi, une idée globale, une projection de l’art inachevé, Duchamp a imaginé une multitude de projets non réalisés tout au long de sa vie. Dans ces fameuses notes, répertoriées depuis lors[2], Duchamp a conçu plusieurs œuvres fantasques — mais non moins intelligentes — que l’on aurait adoré voir dans nos musées. On pourrait citer, à titre d’exemple, ce projet de verres collés les uns au-dessus des autres, formant un cadre ouvert, démultipliant la réalité. On aurait également aimé voir se concrétiser son souhait d’échanger les signatures d’œuvres entre artistes connus et méconnus ; un simple geste de provocation qui devait défier l’expertise des connaisseurs et, par ricochet, enterrer notre fascination pour les grands noms. Une nouvelle façon, en somme, de remettre en question la valeur d’un artiste.

Bien d’autres projets de l’inventeur du ready-made sont restés à l’état de simples pensées écrites. Il aurait été formidable qu’elles se concrétisent… Cela étant, ces pensées jetées çà et là sur de vulgaires bouts de papier alimentent un peu plus ce « mystère Duchamp » que les spécialistes de l’artiste aiment tant invoquer lorsqu’il s’agit de retracer sa vie.

Abordons désormais l’actualité : le Château de Vaux-le-Vicomte vient de redonner vie à la fresque commandée par Nicolas Fouquet au peintre Charles Le Brun pour la coupole du Grand Salon. La voûte, à l’époque inachevée, a été recouverte en blanc en 1832, avant de revenir à son décor d’origine : un ciel dans lequel gravite plusieurs aigles. En projetant en lumière le projet de Charles Le Brun intitulé Le Palais du Soleil, le public a désormais l’occasion de redécouvrir l’incroyable composition de l’artiste : une assemblée antique contenant pas moins de 180 personnages et pour lequel l’un des plus grands sculpteurs et architectes du baroque, Le Cavalier Bernin, déclara : « Beaucoup de profusion, sans confusion ». Voici une très belle initiative qui devrait donner des idées à d’autres institutions. Rendez-vous donc à Vaux-le-Vicomte pour aller admirer cette reconstitution, ô combien ambitieuse[3].

Bien d’autres exemples pourraient venir enrichir notre article. On pense, en vrac, au fameux Livre de Mallarmé, ample construction d’un écrit parfaitement accompli, comme une somme de savoir absolu enrichie d’une multitude de combinaisons poétiques. Une œuvre à laquelle Mallarmé a consacré presque toute sa vie mais qu’il n’a pu achever. Il y a bien évidemment le Requiem de Mozart dont seules les parties de l’Introït et du Kyrie ont ont été intégralement composées de sa main, le reste de la célèbre messe ayant été finalisé par ses élèves…

Dessin représentant le château de Falkenstein de Louis II de Bavière. @wikimedia commons

Encore, le projet faramineux du château de Falkenstein de Louis II de Bavière, un château fantastique, de « contes de fée », qui aurait dû être édifié en lieu et place d’anciennes ruines, en haut d’un sommet dans les Alpes bavaroises, mais qui s’est interrompu en raison du décès de son instigateur. Aussi, poussons plus loin et imaginons un peu qu’Orson Welles ait réussi à adapter son Don Quichotte sur pellicule, que Salvador Dali ait finalement réussi à produire son film Giraffes on Horseback Salad, littéralement traduit par Salade de girafes à cheval, en collaboration avec les Marx Brothers ? Quelle donc aurait été la réaction des spectateurs ?[4]

Encore une fois, ces projets teintés d’idéaux nous captivent mais d’où vient donc notre engouement ? Est-ce tout simplement parce qu’ils n’existent pas ? Est-ce l’attrait des grands noms pour les grands projets qui attisent notre curiosité ? Est-ce notre soif insatiable de connaître, ou est-ce encore l’image intérieure, idéalisée, presque fantasmée que l’on a de la création qui nous fait saliver à l’idée de leur possible réalité. Aurait-on d’ailleurs été déçu s’ils avaient été conçus ? Nul, naturellement, ne peut le dire mais il est un fait certain : c’est que l’on ne peut s’empêcher de continuer à rêver, à interpréter et à imaginer l’existence de ces projets fabuleux.

[1] Si l’on souhaite en savoir plus sur le sujet, il convient de se référer au livre de Daniel Arasse sur Léonard de Vinci et celui de Charles Tolnay sur Michel-Ange. Voir Arasse Daniel, Léonard de Vinci. Le rythme du monde, Hazan, coll. « Bibliothèque Hazan », Paris, 2011. Tolnay Charles de, Michel-Ange, Flammarion, coll. « Images et idées », Paris, 1970.

[2] Les Notes de Marcel Duchamp ont été retrouvées par Paul Matisse après sa mort. Elles ont été depuis plusieurs fois éditées. Cf. Duchamp Marcel, Notes, Flammarion, coll. « Champs », Paris, 1999.

[3] Voir l’évènement programmé  en cliquant ici  

[4] Pour découvrir une autre histoire du cinéma, nous conseillons de lire l’ouvrage de Simon Braud, Les plus grands films que vous ne verrez jamais, éd. Dunod, Paris, 2013.

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