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Comme beaucoup, j’ai voté pour François Hollande. Je dois dire que sa constance pendant la campagne électorale manifestée en particulier par son refus d’entrer dans le jeu de Sarkozy et sa prestation au Bourget avec son célèbre : « Mon ennemi c’est la finance » m’ont fait croire en lui. Et voilà qu’au fil des semaines et des mois, cet homme, devenu pour moi un mystère, reclus dans son palais présidentiel,  semble se contenter via son gouvernement,  de sa « boite à outils » alignant jour après jours des rustines  comme remèdes à l’immédiat. Je ne vois aucun projet, aucune vision susceptible de nous mobiliser, de nous donner à penser, de nous faire rêver ! Tout m’apparaît comme simulacre. Le conseil que lui avait donné Stéphane Hessel lors de son élection: « Soyez Roosevelt » se transforme en « Je gère la France comme mon département de la Corrèze ».

Mon travail de cinéaste documentariste m’amène à écouter l’autre, à prendre du temps, à comprendre ce qu’il me dit. Depuis l’élection de Hollande, j’ai filmé en particulier deux hommes qui eux aussi ont cru en Hollande mais on vite déchanté : Stéphane Hessel et Pierre Larrouturou. Je les ai filmés l’un et l’autre et j’ai été séduit par leur discours et surtout la forme de leur engagement (hors de toute fascination !) L’un, Stéphane, par son histoire, sa libre parole, son accueil, sa manière si particulière de vous regarder et de vous considérer, de voir les choses positivement (le verre à moitié plein), son combat et sa ténacité, sa large vue d’esprit. L’autre, Pierre, par sa sérénité, ses explications et ses fameuses courbes qui pointaient la vraie situation économique dans laquelle nous sommes, son talent pédagogique, sa constance positive (« Bonne nouvelle » aimait-il dire pour sortir du marasme), son discours engagé et non violent (rares, très rares sont les militants passionnés comme lui qui ont cette force intérieure qui laisse l’autre libre de ses choix).

Ils ont lancé, avec quelques autres (Edgar Morin, Bruno Gaccio, Patrick Viveret, Cynthia Fleury, Michel Rocard…) le collectif Roosevelt (à l’époque Roosevelt 2012) qui réunit aujourd’hui près de 110000 citoyens engagés. J’ai filmé chaque semaine leur mobilisation aux abords de l’Assemblée Nationale (jusqu’à une grève de la faim mené par certains pour tenter de se faire entendre des députés), le tractage dans des marchés, les réunions publiques,  les nombreuses visites de Pierre à l’Elysée et à Matignon d’où il ressortait en me disant : ils sont d’accord avec nos propositions ! Mais rien ne suivait, pas la moindre décision, pas le moindre travail qui aurait peut-être permis d’avancer… Beaucoup au collectif Roosevelt commençaient à se décourager devant un tel refus. « A quoi sert le collectif Roosevelt ? me disait-on souvent . Quelle efficacité réelle ? »

C’est pour répondre à cette question que certains ont décidé de se lancer dans un nouvel acte plus politique, d’un engagement citoyen en vue d’élections en créant « Nouvelle Donne », dans le droit fil d’un new deal pour aujourd’hui. Comme le dit Cynthia Fleury, ce nouveau parti un nouvel « outil de régulation démocratique » qu’il nous faut prendre.

Partageant cette même logique, j’ai décidé moi-même de m’engager dans Nouvelle Donne, avec ou sans caméra ! Nouvelle Donne reprend les 15 propositions du Collectif Roosevelt, en ajoute et en ajoutera d’autres au fil des semaines qui nous séparent des élections européennes, au contact  de nombreuses rencontres, réunions, séminaires, conférences, débats qui vont avoir lieu dans tout le pays.

« Les manières de faire sont des formes de pensée » disait l’ami Jean Louis Comolli à propos du cinéma documentaire.  Cette formule, je l’attribue à mon engagement aujourd’hui. J’adhère à Nouvelle Donne, car ce nouveau parti a une histoire, ce n’est pas la décision d’un seul homme, elle s’ancre dans une histoire collective, et est conduit par des hommes et des femmes qui ne veulent pas faire carrière en politique mais qui veulent se donner les moyens de peser sur les décisions, si urgentes et nécessaires dans les domaines économiques, sociaux, écologiques qui sont liés les uns aux autres et qu’il faut traiter ensemble.

Les propositions sont sur le site : http://www.nouvelledonne.fr/

 

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