Patrick Viveret, Roosevelt 2012

Patrick Viveret, Roosevelt 2012 © Guy Baudon

Partrick Viveret fut conseiller référendaire à la Cour des comptes en 1990, rédacteur en chef de la revue Transversales Science Culture entre 1992 et 1996 puis directeur du Centre international Pierre Mendès France (CIPMF). Actif dans les mouvements altermondialistes, il a participé en 2001 à Porto Alegre au premier Forum social mondial et collabore régulièrement au journal Le Monde diplomatique. Il est actuellement chroniqueur pour la revue Territoires. (Extrait de Wikipedia)

Il est intervenu lors de la réunion organisée par le collectif Roosevelt 2012 (http://www.roosevelt2012.fr) le lundi 14 mai à la Bourse du travail à Paris. La vidéo est consacrée à son intervention. Il insiste sur l’urgence proclamée par le collectif Roosevelt 2012 et son articulation avec la durée, évoquant l’expression d’Edgar Morin : « l’urgence dans la métamorphose ».

Il nous invite également à ne pas séparer la lutte sur les terrains écologiques, sociaux, économiques et financiers : « On ne peut penser la question de la dette financière que si on la pense dans son lien avec la dette sociale et la dette écologique »

Il insiste enfin sur la nécessité de l’énergie citoyenne et des associations pour faire des propositions et provoquer ainsi des changements institutionnels.  D’observateur le citoyen doit devenir acteur : « Le pouvoir n’est pas à prendre ; le pouvoir nous le créons, nous nous donnons mutuellement du pouvoir. Ce qui est d’ailleurs le sens du verbe ‘pouvoir’ qui est un verbe auxiliaire, qui s’écrit en minuscule et qui n’a de sens qu’avec des compléments »… 

Il nous rappelle ce que disait Gramsci : « La crise se produit lorsque le vieux monde tarde à disparaître. Le monde nouveau tarde à naître. Et dans ce clair obscur des monstres peuvent apparaître ». Pensons aux montées de l’extrême droite aujourd’hui en Europe et en particulier en Grèce. Il nous faut dépasser les impuissances et les peurs en orientant nos regards et nos réflexions dans la direction de  la « germination créative du monde nouveau » qui est en train d’apparaître…

Espérons et battons-nous pour que notre nouveau président  et son entourage (surtout son entourage !)  prennent la mesure de cette mutation, que la politique politicienne et les mesquineries du pouvoir soient bannies, et que les questions philosophiques et ontologiques soient abordées, au sens où le souhaitait Vaclav Havel « « Je pense seulement que le monde aurait besoin de davantage d’humanité et de spiritualité ». Il y va de l’engagement de chacun, quel que soit son choix d’action ou ses compétences. Il y  va également du sens du mot « croissance ».

A propos d’humanité, et puisque c’est actuellement le Festival de Cannes, je repense aux deux grands films majeurs présentés l’année dernière ‘The tree of life » (Terence Mallick) et « Melancholia » (Lars von Trier)  si l’on veut penser la condition humaine à l’heure de la mondialisation sur notre petite terre, très fragile… Il est très important d’écouter les artistes. Imaginons une minute qu’ils soient invités sur les plateaux de télévision à égalité avec  les experts…

Guy Baudon, 21 mai 2012

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