Le temps de la Haine...

                         

 

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                                Dans son billet d’hier, publié par Boulevard Voltaire, Gabriel Robin affirme de façon péremptoire : « Luc Fournié était en état de légitime défense » interprétant ainsi de façon toute personnelle la situation à laquelle a fait face le buraliste qui a tué d’un coup de fusil à l’abdomen, à un mètre de distance, l’adolescent de 17 ans qui s’était introduit, de nuit, dans son bar tabac.

 

                                  Et d’enfoncer le clou : « Un ami avocat (qui ? On ne le saura pas) m’a rapporté que l’avocat de la famille du cambrioleur tué, Maître Pierre Cohen, a déclaré à l’issue du procès : « Ouf, on a eu chaud. » Même lui n’y croyait pas. C’est vraiment le genre de témoignage pour le moins sujet à caution, non ?

 

                                  Et puis encore : « Disons le tout net : Luc Fournié aurait dû être acquitté. Il était en état de légitime défense et avait déjà subi de nombreux cambriolages ». Bon, le bloggeur répète encore une fois une assertion que nous allons vérifier ci-dessous mais il commet l’erreur d’ajouter que Fournié a été victime de plusieurs cambriolages précédemment, ce qui démontre qu’il fait appel, ici, à l’émotion  (pauvre buraliste victime à plusieurs reprises). On s’écarte de la démonstration de la légitime défense qui doit être, selon le Code Pénal, entre autre, actuelle et commise sous l’état de nécessité, l’esprit de ressentiment (fondé ou non) ainsi que l’idée de vengeance étant au contraire incompatibles !

 

                                    Car, examinons les faits :

Ceux-ci  ayant eu  lieu la nuit (14 décembre 2009) la présomption de légitime défense contenue dans l’article 122-6 du code pénal doit-elle s’appliquer ?

                                  Quatre jours avant, la sœur de Luc Fournié, Isabelle, avait remarqué que les barreaux de la fenêtre du bar avaient été sciés. Dans la journée précédant le drame, le buraliste est parti chercher des munitions  et a chargé le fusil appartenant à son père. « Luc Fournié avait également décidé depuis plusieurs jours de dormir sur un lit de camp dans la réserve située à côté du bar, au rez-de-chaussée », note l’arrêt. Il y a donc eu préméditation. On est donc loin de l’esprit  du législateur qui a défini un des aspects de la légitime défense : un lieu habité dont l’occupant, surpris en pleine nuit  par un (ou des) individu(s)  s’étant introduit par effraction, a fait usage de la force pour échapper à un danger qui pouvait être mortel.

 

                                 « Sans réparer la grille de la fenêtre (dont la famille avait constaté dès le jeudi que  les barreaux avaient été sciés en partie, NDA) Fournié  a mis en place un dispositif destiné à surprendre les intrus à l’intérieur des locaux pour leur tirer dessus avec son fusil préalablement et spécialement chargé dans cette optique. Il a tiré à bout portant sur Jonathan Lavignasse et en direction d’Ugo Bernardon alors que celui-ci s’enfuyait. Il résulte de l’ensemble de ces élements que la riposte de Luc Fournié à la tentative de cambriolage de son bar était disproportionnée à cette atteinte » notera  la Cour qui a condamné Luc Fournié à sept ans d’emprisonnement pour meurtre sur la personne de Jonathan Lavignasse, étudiant en terminale S au Lycée d’Albi.

Notons que la Cour n'a pas retenu la qualification de l'assassinat qui est un meutre avec préméditation (le tueur était en embuscade et il tire le gamin comme un lapin). En droit, un assassinat est puni de la réclusion criminelle à perpétuité.

 

                                  Ce qui n’empêchera pas notre « journaliste » de cumuler les amalgames dans son réquisitoire personnel: «  On constate avec quelle célérité les honnêtes Français sont condamnés, il est dommage que cela n’ait pas été le cas pour monsieur Coulibaly, qui représentait pourtant un tout autre danger pour la société....Le message envoyé par la cour d’assises d’Albi est dramatique. Aujourd’hui, il semble qu’il soit interdit de se défendre contre ceux qui vous volent et vous agressent. D’un autre côté, les récidivistes sont lâchés dans la nature et les voyous bénéficient d’une présomption de légitime violence due au laxisme des socialistes, qui confondent les victimes et les agresseurs ».

 

                                  Ce qui m’a poussé à écrire cet article est la haine jointe à la bêtise de certains commentaires qui m’ont été adressés lorsque j’ai tenté de faire appel, sur boulevard Voltaire,  à la raison et au discernement :

 

Yvon Chailloux · Meilleur commentateur (sic)

« Une tranchée n'est pas non plus un lieu habité normalement mais les poilus y demeuraient " embusqués" pour défendre le pays.
Une banque ou un grand magasin ne sont pas non plus des lieux d'habitations pourtant la nuit ils sont " habités".
La défense d'un lieu n'a rien a voir avec l'habitation. Votre cerveau est délavé sans doute par nos médias à la botte des mafieux ».

 

Pierre Malak ·  Meilleur commentateur (sic)· Université Universelle

« La justice des rats, aveugles comme des Taupes, justice de la Taubira, justice de scélérat.
Un temps viendra où ces ignobles CRAPULES paieront leurs crimes contre les braves gens. Un temps viendra ou en pendra les taupes et les rats ».

 

Bruno Malbon ·  Meilleur commentateur (sic)

Voilà les conséquences de notre justice laxiste encouragée par nos gouvernants.
Si un Godobé vient chez moi me cambrioler je le zigouille et le fous au fond du puits !!!

 

 

« L’opinion est si bien la reine du monde que, quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort »                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Voltaire 


 

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