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Billet de blog 11 mai 2013

Quand les « Gauchistes » passent au Front National…

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© bucch
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Valérie Laupies (enseignante, candidate FN):

«  La réalité du terrain a eu raison de mes concepts gauchisants.(21 mai 2012)

 « Je demeure à Tarascon, une commune de 14 000 habitants. Tarascon n’est pas une grande ville, il  est  plus aisé de s’y impliquer en étant reconnue que dans une métropole comme Marseille. J’avais toutefois peur de me révéler « Front national » en 2010 lorsque Jean-Marie Le Pen m’a demandé de figurer sur la liste des candidats aux élections régionales. J’ai vraiment hésité car même JMLP m’avait écrit : « je pourrai comprendre que vous refusiez vu vos fonctions». Et bien je me suis lancée et je ne regrette pas du tout.

Ce qui me donne la force et la sérénité, c’est que je suis  fière de défendre la France et les Français. Je continue donc ma vie comme avant et je suis heureuse de pouvoir exprimer l’amour de mon pays à travers ma mission politique et à travers mon métier.

Dans mon travail de directrice d’école et d’enseignante, je me sens finalement plus assurée maintenant qu’avant mon engagement politique. J’ai dû pourtant me défendre ardemment de ma hiérarchie l’année dernière car mon adversaire politique local avait tenté de me discréditer auprès d’elle. Cet épisode a été très éprouvant ; j’en suis sortie victorieuse grâce à des parents d’élèves courageux, reconnaissant la qualité de mon travail, qui m’ont soutenue. En effet, je suis passionnée par mon métier. C’est par conséquent l’intérêt de mon établissement et des enfants que je défends lorsque je suis à l’école ; je n’y fais jamais de politique, cela ne me vient pas à l’esprit. Mes collègues, bien que timorées au départ par le fait qu’elles pourraient être amalgamées à mon étiquette politique, se sont détendues au fur et à mesure du temps appréciant que je ne leur parle jamais de mon engagement. Bien sûr,  quelques parents d’élèves maghrébins ont  « causé dans mon dos » ou ont refusé pendant quelques temps de me saluer, mais c’est la vie sereine de l’école qui a pris le dessus. Leurs enfants sont heureux et travaillent parce que j’ai la foi dans l’institution scolaire ;  je les élève dans l’amour du travail, du mérite, de l’effort et ils me le rendent bien, même si c’est épuisant de marcher  à contre-courant de la pédagogie moderne.

 J’ai été conditionnée par la gauche jusqu’à l’âge de 40 ans et puis le discours de Jean-Pierre Chevènement sur l’Education, le sens de la responsabilité et la souveraineté nationale, m’a séduite. En effet, mes conditions de vie à Tarascon m’empêchaient de continuer consciemment d’adhérer aux idées de gauche angéliques, moralisatrices. Mon mari a été mis au chômage par des patrons communistes totalement irrespectueux de la valeur humaine, j’ai dû scolariser ma fille en ZEP n’ayant pas le choix et je sais qu’elle a souffert de se retrouver dans la minorité ethnique. De plus, je travaillais dans une école très difficile où je m’épuisais et je désespérais, tellement les insultes et les bagarres envahissaient le quotidien ; n’étant pas directrice à l’époque, je subissais davantage qu’aujourd’hui cette situation. J’ai même été ostracisée dans cet établissement, par de jeunes collègues, car mon mari avait dénoncé le spectacle de fin d’année chanté en arabe.

Par conséquent, c’est bien la réalité qui a eu gain de cause sur mes concepts gauchisants et au final,  c’est Alain Soral qui m’a mise sur la voie en 2007 en me suggérant de voter Front national. En effet,  à cette époque je lui avais confié que j’étais déçue du MRC de Jean-Pierre Chevènement.

Comme je ne me satisfais pas d’être électrice mais que j’ai besoin de m’engager, les conséquences sur mes relations familiales et amicales ont été assez violentes. En effet, les gauchistes ne sont ni tolérants ni démocrates (je le sais, je l’ai été !), aussi  j’ai dû prendre beaucoup de distance avec ma famille. Des amis se sont écartés de moi, pensant sans doute qu’on les considèrerait comme des « fachos » s’ils continuaient à me fréquenter. J’avoue que ces expériences-là m’ont affectée mais elles m’ont aussi permise de reconnaître que « tout ce qui ne tue pas, renforce ». J’ai appris à agir et « être » en mon âme et conscience et non pas à me laisser enfermer par le regard des autres ; qu’est-ce que c’est libérateur !

Cette interview publiée il y a tout juste un an pourrait être perçue comme  la fameuse exception qui confirme la règle. Or il semble que ce serait, à en croire un de mes amis enseignant, que c’est l’exception qui serait devenue la règle.

Rémi, enseignant en ZEP dans le Nord, déclare : « JE suis en ZEP (appelé ECLAIR maintenant) et les profs votent majoritairement FN ! Incroyable ! Et je peux dire que eux, ils n'hésitent pas à enfoncer leurs racines jusqu'au bout de instances du collège. Je mène la fronde à force limitée au bahut, c'est dur. Alors au niveau national, 2017 est très proche »

Ce à quoi je lui ai répondu «Dans certains établissements les profs votent majoritairement FN ? J’ignorais ! Il faudrait peut-être commencer par se poser la question: pourquoi les ouvriers, maintenant les profs et des ex-CGTistes rejoignent-ils les rangs du FN ? Faire l'impasse sur cette question, c'est aller droit dans le mur !!!  Ne commettons pas l'erreur de la politique de l'autruche, il est temps encore une fois de se poser des questions: qu'est-ce qui les fait fuir du FDG ? Souvenez-vous de la récente élection législative partielle dans l'Oise: le FDG n'a pas progressé au 2è tour alors que le FN s'envolait! Est-ce si dur à comprendre? »

Et de conclure : 

«  Et au FDG est-on capable d'analyser, de commenter en dehors de la ligne directrice du parti? Si vous  entendiez comme moi le nombre de commentaires négatifs de gens humbles , d'ouvriers, vous commenceriez  à  vous poser des questions. Mais les écoutez-vous? Je n'ai ni Dieu ni Maître si ce n'est l'écoute, l'esprit d'analyse et le bon sens. »

 Ecoutez le peuple, pas toujours aussi imbécile qu'on le prétend, organisez un sondage sur les différentes questions sociétales et politiques et prenez leurs souhaits en compte. A défaut de RIP pour l'instant, ce serait déjà une belle avancée. Je milite ardemment pour ce RIP et la VIème république  afin que,finalement, ce soit lui, le peuple souverain, qui décide des orientations à adopter une fois que tout sera mis au clair par la discussion, dans les esprits.

C'est le principe même de la démocratie.

Et la responsabilité d'un militant est de se poser des questions.

Addendum:    

Le but de cet article était, encore une fois, de s'interroger sur les motivations conduisant une partie des électeurs traditionnellement à gauche qui les amènent  à se tourner maintenant vers le FN. 

Gilles Finchelstein :"Oui, les milieux populaires votent pour la candidate du Front national beaucoup dans l'absolu et davantage que les autres catégories en relatif

http://www.huffingtonpost.fr/gilles-finchelstein/le-fn-parti-des-ouvriers_b_1250373.html

Addendum (bis):     Ce jour dans Libération: " Les indicateurs de la porosité des frontières entre vote de gauche - et notamment vote PS - et vote FN se multiplient. Des enquêtes qualitatives menées à l’occasion de la présidentielle de 2012 montraient déjà qu’une partie des électeurs de Hollande éprouvait de l’attirance pour la candidature Le Pen. Et Joël Gombin [université de Picardie, ndlr] vient de montrer, à la faveur de la législative de l’Oise qui a vu s’affronter au second tour le candidat sortant de l’UMP et la candidate du FN, que 43% des électeurs qui avaient voté PS au premier tour auraient porté leur choix sur la candidate du FN au second. Céline Braconnier, professeure de sciences politiques. 

http://www.liberation.fr/politiques/2013/05/09/la-hausse-du-vote-frontiste-est-de-plus-en-plus-plausible_901880

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