"La République reconnait la répression sanglante"...

C'est par ces mots que le président François Hollande a reconnu officiellement la répression des manifestants algériens, rompant le silence de 51 ans sur ces tragiques événements.

 

La communauté algérienne résidant en France est estimée en octobre 1961 à 300 000 personnes penchant, en majorité, pour l’indépendance. Elle est de plus fermement encadrée par le FLN qui a, d’autre part, tué 22 policiers et en a blessé 76 autres dans divers attentats.

 

Dans l’après-midi du 17 octobre, tous les services de police reçoivent un télégramme les informant que «  Le FLN ordonne à tous les FMA (français musulmans d’Algérie, NDA) de sortir ce soir 17 octobre en fin d'après-midi et en soirée sur les grands axes de la capitale […] afin de manifester pacifiquement contre les récentes mesures préfectorales visant à installer le couvre-feux pour eux seuls » 

 

La Préfecture de police mobilise 1 650 hommes pour faire face à la manifestation.

 

Etre 20 000 et  30 000  algériens commencent à se diriger, bon gré mal gré car encadré par le FLN vers les grands axes de la capitale, le port d'armes, même les plus insignifiantes, est absolument interdit, tout manifestant pris avec « ne serait-ce qu'une épingle sur lui serait passible de la peine de mort ».

 

Des affrontements ont lieu au Pont de Neuilly, place de la République et à l’intersection des boulevards St Michel et St Germain où les forces de l’ordre encerclent les manifestants qu’ils chargent et frappent. Pour échapper aux coups, plusieurs algériens se jettent dans la Seine du pont St Michel. Des coups de feux dont on ne connaît pas l’origine seront tirés.

 

Le lendemain, la préfecture de police communiquera un bilan de deux morts parmi les manifestants, Maurice Papon précisant que la police a dispersé une manifestation à laquelle la grande masse des Algériens avait dû participer sous la contrainte du FLN et que « des coups de feu avaient été tirés sur les forces de police qui avaient répliqué », faisant deux morts et plusieurs blessés

 

Il sera ultérieurement établi, selon les sources, que plusieurs dizaines à plusieurs centaines de personnes sont mortes jetées dans la Seine, tuées par balle ou mortes le crâne fracassé par des crosses de fusil  au cours de la répression de la manifestation pacifique à laquelle avait appelé le Front de libération nationale (FLN).

 

 

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