Chambre 427.
Je me réveille. J’ai été opéré deux jours plus tôt. J’ai mal, encore, mauvaise nuit ; pas beaucoup dormi. Je suis dans le gaz, comme on dit.
On frappe ; elle entre ; elle a une petite trentaine d’années ; elle me sourit : « ça va ? ».
Je dis que non, ça ne va pas très fort. Elle me dit qu’elle va m’aider à me laver. Elle me donne le choix : dans le lit, avec son aide ou alors une douche dans la salle de bains ? Une douche ?
Me lever, marcher en traînant la perf encore plantée dans mon bras, ça me paraît nettement au-dessus de mes moyens et pourtant j’ai senti à sa voix, à la façon dont elle m’a regardé à ce moment-là, qu’elle pensait que c’était la bonne solution pour moi. Alors je suis d’accord.
Elle m’aide à m’asseoir, à me lever, à marcher. Je retire ma blouse d’hôpital, je suis à poil, avec ma perf, plutôt misérable devant cette jeune femme qui m’installe sous la douche et pourtant à aucun moment je ne sens de gêne ; elle me parle, elle a la bonne distance. Elle s’en va, referme la porte de la salle de bains.
« Appelez-moi quand vous aurez terminé si vous avez besoin d’aide ».
Elle me dit qu’elle gagne 1 100 € par mois et qu’elle ne s’en tire pas…
Alain C … La Voix du Nord