Qu'avez vous fait de vos talents?

De qui se moque M.Valls en annonçant parmi ses mesures chocs l'affectation de la manne colossale de la formation en priorité aux chômeurs?

Première annonce du plan d'urgence de M. Valls après la vague brune de dimanche, qui heureusement ne nous a pas submergé mais son reflux est annonciateur d'un nouveau flux: on va consacrer plus d'argent de la formation aux chômeurs. Ah la belle affaire! 

Mais de qui se moque t-on ? Comment un homme politique de ma famille peut-il avoir l'indécence de prononcer ces mots terribles, cet aveu impardonnable,  mais qu'avez vous fait depuis votre arrivée au pouvoir? Vous découvrez aujourd'hui que l'argent, pas loin de 40 millards d'euros par an,  était consacré pour la très grande majorité aux salariés actifs, sans contrôle de l'efficacité de son utilisation. Et on claironne partout que la formation est une des clefs de la réduction du chômage! Par exemple, les chercheurs d'emplois que j'accompagne dans mon activité de bénévole sur le terrain et qui se sont heurtés à des refus de formation auprès de Pôle emploi doivent s'en étouffer! Pourtant, même  J.Attali dont la spécialité est de humer l'air du temps, et d'en faire vite un livre présenté comme prémonitoire et visionnaire,  a fait le même constat il y a près d'un an et depuis rien. Ce qui aurait dû indigner la France entière, faire battre la coulpe par tous les hommes politiques au pouvoir au cours de ces dix dernières années pour faire simple, est resté dans le flux de désinformation qui se déverse quotidiennement sur nous. 

Mais qui a t-on protégé jusqu'à ce jour? Quels sont les gestionnaires avisés de cette manne colossale? Qui en profite? Et de surcroît, vous en avez encore distribué  à travers le CICE, dont l'efficacité reste à démontrer, notamment celui accordé aux banques. Car chacun sait que c'est dans le secteur bancaire et financier  que se situe la véritable recherche au service du progrès et de l'intérêt général! Et vous en avez encore distribué davantage sans contrepartie, en vous abritant derrière ce misérable cache sexe libéral du win-win, avec le contrat de compétitivité. Et tout çà,  pour 0 embauches, en revanche pour plus de dividendes, plus de bonus, plus de spéculation. M.Gattaz va t-il  demander à ce que l'Etat  remplisse aussi  les carnets de commandes, sans contrepartie. C'est çà l'esprit d'entreprise  qu'on nous vante? Je suis convaincu que rien ne se fera sans les entreprises, mais pas avec cet état d'esprit de profiteur, ce n'est pas l'esprit d'entreprise, c'est du vol et de l'assistanat tant critiqué par le même Gattaz. Peut-être que E.Macron qui a paraît-il cent idées à l'heure aurait pu penser à çà plutôt que de proposer des rêves de milliardaires, c'est çà la leçon retenue de M. Ricoeur?

J'arrête ce coup de gueule mais il va falloir maintenant vraiment trouver autre chose pour avancer, en vrac et sans exhaustivité:

- des coalitions autour des biens communs,

- de l'exemplarité (à cet égard la remontée des marches du perchoir par M. Bartolone est un désastre et une gifle insupportable),

- le sens de l'intérêt général sous forme d'actions pas d'incantations,

- la promotion des régions comme terrain d'expérimentation, d'innovation, de reconstruction d'une base du lien social car les solutions qui marchent dans le Nord, ne sont pas forcément identiques à celles qui pourraient réussir en Ile de France.

- l'education et la culture, pas sous forme de vains palabres sur les horaires aménagés ou des intérêts catégoriels, on monte d'un voire de deux crans et on fait face au monde, 

- la reconnaissance de ces milliers d'acteurs locaux, innovants, imaginatifs, engagés dans l'économie sociale et solidaire,  qui sont parmi les  derniers remparts de la cohésion sociale.

Et pour finir, un constat, dicté par un souci d'honnêteté intellectuelle, Xavier Bertrand, qui était dans mon tiercé des personnes politiquement dangereuses, a sauvé l'honneur de la classe politique dimanche soir. Merci, que son exemple interpelle et serve d'exemple, mais dès lundi matin, l'espoir m'avait abandonné.

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