Guy Flury
Abonné·e de Mediapart

22 Billets

0 Édition

Billet de blog 20 oct. 2012

Réforme: il faut changer de braquet

Cinq mois déjà. Les fractures s’accumulent. L’individualisme prend des proportions inquiétantes et fera fatalement le lit du FN, quoique, l’UMP endossera sans difficultés l’habit vert de gris du FN. Après les pigeons entrepreneurs, grosse manipulation, les  médecins avec les dépassements d’honoraires, qui oublient qui les paye, une phrase maladroite de Vincent Peillon qui déclenche à droite un tollé, injustifié et injustifiable, mais ils sont dans leur mauvais rôle, et à gauche un premier ministre tétanisé qui ne laisse plus un débat s’installer alors que l’échec de la réglementation  de pénalisation est total, des explications totalement oiseuses et indignes de J. Cahuzac sur l’outre-mer, sur les pigeons, sur la TVA restauration, sur la réforme fiscale tant de renoncements de la gauche, si peu de courage, tant de haine de la droite qui n’a toujours pas compris qu’elle a perdu les élections, cette droite qui ne s’est pas encore demandé quelle est sa responsabilité après 10 ans de pouvoir dans l’explosion de la dette, dans la montée des inégalités, dans les fractures sociales, dans la situation calamiteuse dans laquelle nous nous trouvons. Et puis, les 8 millions de pauvres, on n’en entend pas parler, ils ne demandent rien, et pourtant, au fur et à mesure leur voix devient plus rauque et ils s’éloignent lentement de la gauche comme le font aussi, de manière cette fois-ci totalement incompréhensible, les cadres moyens et les jeunes. Il faut un sursaut.

Guy Flury
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Cinq mois déjà. Les fractures s’accumulent. L’individualisme prend des proportions inquiétantes et fera fatalement le lit du FN, quoique, l’UMP endossera sans difficultés l’habit vert de gris du FN. Après les pigeons entrepreneurs, grosse manipulation, les  médecins avec les dépassements d’honoraires, qui oublient qui les paye, une phrase maladroite de Vincent Peillon qui déclenche à droite un tollé, injustifié et injustifiable, mais ils sont dans leur mauvais rôle, et à gauche un premier ministre tétanisé qui ne laisse plus un débat s’installer alors que l’échec de la réglementation  de pénalisation est total, des explications totalement oiseuses et indignes de J. Cahuzac sur l’outre-mer, sur les pigeons, sur la TVA restauration, sur la réforme fiscale tant de renoncements de la gauche, si peu de courage, tant de haine de la droite qui n’a toujours pas compris qu’elle a perdu les élections, cette droite qui ne s’est pas encore demandé quelle est sa responsabilité après 10 ans de pouvoir dans l’explosion de la dette, dans la montée des inégalités, dans les fractures sociales, dans la situation calamiteuse dans laquelle nous nous trouvons. Et puis, les 8 millions de pauvres, on n’en entend pas parler, ils ne demandent rien, et pourtant, au fur et à mesure leur voix devient plus rauque et ils s’éloignent lentement de la gauche comme le font aussi, de manière cette fois-ci totalement incompréhensible, les cadres moyens et les jeunes. Il faut un sursaut.

Qu’est ce qui unit une société ? L’espoir, le rêve, un projet commun, la justice et l’égalité. Le candidat FH nous avait prévenus, en citant à tort Shakespeare, que sans rêve, c’est l’échec. Il est temps d’appliquer cette vérité, de taper aussi  fort  dans le ventre mou de la droite amnésique et haineuse, de mettre chacun en face de ses responsabilités.

Et par-dessus tout, parler aux Français comme à des adultes responsables, et non pas comme à des débiles, dire les choses simplement, dire simplement ce qu’on va faire et comment on va le faire, pour quel résultat, ne pas faire croire qu’en 2013, les problèmes seront réglés car ils ne le seront pas, il ne s’agit pas seulement d’un problème comptable, d’un problème de dettes, il s’agit de dire et de tracer les lignes de la société dans laquelle nous voulons vivre, de tracer les lignes de l’Europe dont la situation actuelle révèle toute la médiocrité de la classe politique et technocratique. Il ne faut pas s’étonner que les citoyens s’en désintéressent, on ne les a jamais associés à la construction autrement que par des oukases référendaires trompeurs. On ne leur demande pas leur avis. A croire que les « nonistes » d’alors avaient raison, j’entends les vrais « nonistes » comme Philippe Seguin par exemple.

Je ne parle pas des médias, dont  les minuscules conformismes, les clichés, les bavardages, les unes racoleuses, la dictature des twitt qui réduisent la pensée à 140 signes, la fausse impertinence et la vraie complaisance, toute cette sous-culture continue à s’agréger comme de la limaille pour donner cette couleur médiocre à notre époque.

En empruntant  largement à Jean-Claude Guillebaud, dont le dernier ouvrage « Une autre vie est possible » est un véritable chant d’espérance, lucide et exigeant, nous sommes confrontés à 5 grandes mutations dont il faut parler aux Français, pour lesquelles il faut mettre les Français en ordre de marche afin qu’ils puissent les vivre et en être les acteurs confiants :

-          Le décentrement du monde où, paradoxalement, les différentes cultures humaines sont en marche pour un rendez-vous historique.

-          La mondialisation de l’économie où la recherche du profit et son application à toutes les activités humaines est loin d’être le seul vecteur.

-          La biologie dont les progrès donnent pour la première fois aux hommes la possibilité d’agir sur les mécanismes de la vie.

-          La révolution numérique ou informatique, le sixième continent, qui contient tout le savoir humain mais aussi toute la saloperie humaine.

-          La prise de conscience écologique qu’aucun projet humain ne peut ignorer et en premier lieu de faire croire qu’une croissance infinie est possible dans un monde fini.

Autour de ces cinq mutations, qu’il faut expliquer et partager, on peut construire une vision autrement plus mobilisatrice que les pauvres jappements de l’inénarrable JF Copé, l’ami des trafiquants d’armes pour ne prendre que celui-ci, tant il est caricatural et révélateur de toute la médiocrité du mauvais homme politique.

Cette vision se décline en termes d’éducation, de culture, de justice, d’égalité, de recherche, d’imagination de nouveaux modèles économiques, de nouvelles formes de développement, de rapports sociaux rénovés, de rapport à l’autre refondé.

Il faut donc un discours fort et audible. Une présence sur le terrain. Autre chose que de donner de bons gages de bonne gestion de notaire à la droite. Il faut créer un sursaut en s’engageant avec flamboyance, en étant fidèle aux engagements pris, en montrant aux Français les résultats de la droite depuis 10 ans sans pour autant les diviser, ni de jouer la carte de l’héritage. Il faut tirer les leçons du passé pour construire l’avenir, et il est européen.

Souviens-toi du futur [1], en d’autres termes n’oublie que tu es en chemin vers ce futur !


[1] Deutéronome 25 :17-19

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus
Journal — Financement de la vie politique

À la Une de Mediapart

Journal
La faim, seule certitude dans le chaos afghan
Alors que le pays vit un effondrement économique total, les talibans hésitent entre davantage de répression et une très relative modération. Sur la scène internationale, ils n’ont marqué aucun point. À l’intérieur, la famine menace toutes les provinces.
par Jean-Pierre Perrin
Journal
Au nom de l’union, Taubira ajoute sa candidature à gauche
L’ancienne ministre de la justice est désormais officiellement candidate à la présidentielle. À Lyon, elle a dévoilé plusieurs propositions programmatiques, et annoncé s’inscrire dans le processus de la Primaire populaire, dont elle espère sortir gagnante à la fin du mois.
par Fabien Escalona et Mathilde Goanec
Journal — France
Élèves handicapés : les vilénies de Zemmour, le tollé, et après ?
Les adversaires d’Éric Zemmour font part de leur indignation après ses propos sur « l’obsession de l'inclusion » scolaire, qui serait « une mauvaise manière faite aux autres enfants ». Une « obsession » qui manque pourtant cruellement de moyens. Et jusque-là, de propositions à la hauteur.
par Caroline Boudet
Journal — Enseignement supérieur
Universités : le renforcement « systémique » promis par Macron cache mal un projet de privatisation
Le quasi-candidat Macron a souhaité jeudi une réforme « systémique » des universités. Derrière la promesse de les rendre « plus fortes » et de casser la concurrence avec les « grandes écoles », il a posé, en creux, les jalons d’un projet de privatisation.
par Martin Clavey

La sélection du Club

Billet de blog
La petite musique de l'union pour l'union m’agace
Je n'ai pas signé la tribune de « l'Appel des Jeunes pour l'union de la Gauche en 2022 »¹ parue dans Le Monde le 8 janvier, et je veux expliquer pourquoi dans ce billet. Cette tribune ne propose pas de méthode, ne prend pas en compte les enjeux stratégiques de chaque candidature et fait semblant de ne pas voir des choses pourtant fondamentales. Par consensualisme ? Par naïveté ?
par Etienne COGNET
Billet de blog
En état de mort cérébrale, que reste-t-il à attendre du Parti Socialiste ?
Incapable de produire la moindre idée, le PS ne peut que se reposer sur ses gloires passées et les petites manoeuvres de ses dirigeants pour conserver leur poste. Le parti ne suscite à gauche que mépris, ou pire, indifférence, et sa défaite annoncée pourrait être une nouvelle étape vers sa disparition. Mais serait-ce si grave ?
par Gauche Pinard
Billet de blog
Gauches : réveillez-vous !
Vous êtes-vous comptés ? Vous êtes-vous parlés ? Vous êtes-vous sincèrement interrogés ? Nous sommes des millions à nous poser ces questions : pourquoi font-ils, pourquoi font-elles, toutes et tous, cela ? Pourquoi sont-ils,  pourquoi sont-elles, à ce point aveugles ? Appel désespéré d'un électeur de Gauche...
par Daniel Vailleau
Billet de blog
La Primaire Populaire confirme l'échec : un autre Hamon est possible
Ce collectif, qui avait pour ambition originelle d'organiser une grande primaire de l'ensemble de la gauche, se retrouve après plusieurs déconvenues à muter vers une nouvelle formule s'apparentant désormais à un simple vote de consultation présentant une sélection discutable des candidats de "gauche" (dont certains qui refusent) et ce afin de simplement obtenir l'investiture de l'organisme.
par Eliot Thibault