12 juin 2018 : Emmanuel Macron signe la mise à mort de la Fonction Publique

C'est fait. Il en a tellement rêvé ! "Notre" Président vient de mettre à mort la Fonction Publique par l'entremise de ses ministres. Cette exécution a eu lieu le mardi 12 juin par une simple communication du "ministre de l’action et des comptes publics et du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics".

C'est fait. Il en a tellement rêvé ! "Notre" Président vient de mettre à mort la Fonction Publique par l'entremise de ses ministres.

Cette exécution a eu lieu le mardi 12 juin par une simple communication du  "ministre de l’action et des comptes publics et du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics".

Même les gouvernements les plus réactionnaires n'auraient pas osé. Margaret Thatcher doit se trémousser dans sa tombe en voyant comment ces petits technocrates sans âme décident d'en finir avec les solidarités.

Communiqué du Conseil des ministres sur la Fonction Publique

Et vous verrez à la lecture de ce communiqué (passé inaperçu, que pour le moment, souhaitons-le) que les arguments faux-culs ne manquent pas. 

La palme revient à ce paragraphe : "Les attentes des Français vis-à-vis de leurs services publics ont profondément changé, notamment sous l’effet de la révolution numérique et de l’évolution de leurs modes de vie. Pour y répondre, nous avons besoin d’une transformation de la fonction publique. Celle-ci est également attendue par les agents publics eux-mêmes, qui veulent que leur travail ait du sens, être rémunérés à la hauteur de leur engagement et construire une vie professionnelle diversifiée. Elle est souhaitée enfin par les gestionnaires publics, qui veulent plus de liberté dans la gestion de leurs effectifs."

Qui pourra les croire nos dirigeants de l'apocalypse sociale qui s'engagent à ce que  les salariés soient payés "à la hauteur de leur engagement" (sic !)  dans un pays où chaque centime d'euros doit être compté au détriment de ceux et celles qui travaillent plutôt que de ceux et celles qui se pavanent dans les salons du pouvoir ?

Car pendant que notre Président dilapide 500 000 euros pour changer sa vaisselle Elyséenne Imbroglio sur la facture de la nouvelle vaisselle de l'Élysée et qu'il s'étonne que les aides sociales coûtent un « pognon de dingue » sans résoudre la pauvreté, il continue méticuleusement l'extermination du statut des salariés (avec l'élargissement du recours au contrat - NDLR : privé !- dans la Fonction Publique)  pour créer des travailleurs pauvres (à l'image de son modèle britannique), travailleurs moins enclin, du fait de leur statut, à se rebeller et demander des comptes à leur employeur.

Le même jour, et il n'y a pas de coïncidence, ses petits soldats de l'Assemblée Nationale offrent en pâture feu la SNCF à l'avidité du secteur privé. C'est la France de demain, celle des décomplexé.e.s, celle de ceux et celles qui "marchent" (main dans la main avec la Droite), celle qui nous promet de gouverner autrement, c'est celle-là qui est en train de mettre en place l'échafaud social.

A y réfléchir Nicolas Sarkozy n'était en fait qu'un simple figurant du libéralisme, la "Guest star" Emmanuel Macron est montée sur scène, remplie de haine et de certitudes dangereuses qui mènera notre pays à un "No man's land" social où tous les coups bas seront permis. 

Ce sont ces idées qu'il faudra combattre car ce sont elles "qu'il" propage à travers toute l'Europe, mettant en péril les équilibres qu'il nomme passéistes mais qui sont en fait les terreaux de notre cohésion nationale et européenne. Il faudra s'en souvenir dans tout juste un an pour lui infliger une claque électorale afin de lui rappeler des valeurs citoyennes auxquelles il n'a jamais adhéré. En attendant, il faut continuer de tenter de résister car tout au long de cette année, il y aura d'autres "cadavres" qui rempliront les fosses de la conscience sociale.

Guy GRIZET, citoyen, enseignant, syndicaliste

 

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