Réponse à "Chloroquine: pourquoi le passé de Didier Raoult joue contre lui"

Bonjour,

Cet article me paraît vraiment du mauvais Mediapart. C'est un dossier à charge faisant la part belle à des déçus sinon des aigris qui ont quitté les équipes Raoult.

Christian Perrone n'est pas de ces gens-là. Il ne doit rien à Didier Raoult. Il porte un avis sans passion sur les positions du patron de l'IHU Marseille: https://www.marianne.net/societe/christian-perronne-les-tirs-de-barrage-recus-par-didier-raoult-sont-aussi-lies-des-querelles.
Mais s'agissant l'état de la France de santé publique, son dernier mot est: "révoltant".

Ben oui! Ce qu'il faut comprendre, c'est que face au SARS-CoV-2, dans notre situation tellement impréparée et menteuse (les autorités, y compris médicales), et dans l'urgence, nous sommes rendus à un état qui tient des catastrophes humanitaires "traditionnelles", qui touchent des pays lointains et pauvres et entretiennent notre orgueil de pays riches à jamais préservés de ces misères.
Mais voilà, nous y sommes. La covid-19 serait circonscrite à une région d'Afrique ou d'ailleurs, que les French Doctors y engageraient les moyens que l'on sait. Ce que l'on sait moins, c'est comment ils agissent face à ces drames. Cela n'a rien à voir avec les études labélisées random et double aveugle des protocoles universitaires et du big pharma ! La transposition d'un médicament connu depuis longtemps pour une autre affection, ou le maintien d'une médication abandonnée en pays riches, sont leur quotidien: il n'y a rien d'autre, ou il n'y a rien. Le temps que les études bon chic bon genre arrivent à leur terme (et en matière de production de nouveaux médicaments, ce sont les firmes qui commercialisent les nouvelles molécules qui mènent les études menant à leur habilitation), dans le cas qui nous occupe, le drame serait consommé. Toujours la médecine, qui s'appuie sur les savoirs scientifiques du moment, n'est pas une science, mais une pratique. On ne compte pas le nombre des médecins célèbres ou expérimentés qui disent que la médecine est un art.

C'est bien ce que révèle l'entretien sur France-Culture avec Jean-Christophe Rufin, médecin, ex-MSF, ex-diplomate, romancier et membre de l'Académie française, qui en poste au Sénégal a connu Didier Raoult venu y construire un projet de santé publique qu'il a jugé performant,  lorsqu'il parle des "humanitaires", ces médecins du feu qui ont peu à voir avec les blouses blanches des laboratoires de nos métropoles. C'est sur cette opposition que se joue la crise actuelle du SRAS-2 et la position de Raoult et quelques autres.
Il n'y a pas de Médecins Sans Frontière étrangers, bengalis ou extraterrestres, qui viennent à notre secours, nous les dénégateurs de la pandémie pour tous. Il y a juste des médecins cubains, chinois ou russes qui viennent en aide à l'Italie quand les pays de l'"Union" européenne jouent chacun pour soi. Alors, Mediapart, gardez vos enquêtes parfois géniales mais parfois nauséabondes, pour de meilleurs causes. Montez pour une fois un dossier à charge et à décharge, et surtout prenez conscience que la question n'est pas une enquête de moralité sur Didier Raoult qui a parfois proféré de grosses bêtises, notamment une dénégation absurde, il n'y a pas si longtemps, du réchauffement climatique. C'est ridicule, mais on s'en fiche! Le problème n'est pas là.

Voici donc l'entretien avec l'ex-humanitaire Jean-Cristophe Rufin sur France-Culture, qui lui aussi a ses défauts, comme moi et comme chacun. Lui, c'est d'être parfaitement dépolitisé: http s://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/entretien-avec-jean-christophe-rufin-membre-de-lacademie-francaise-medecin-ecrivain-et-diplomate

En attendant, je viens d'apprendre d'un médecin cardiologue reconverti, comme la plupart des spécialistes non infectiologues ou non intensivistes (même les médecins du travail qui n'ont jamais soigné un malade...), "au covid-19", TOUS les patients de son hôpital atteints de la covid-19 sont traités à l'hydrochloroquine, comme l'a été cette femme de 95 ans en Suisse, qui est guérie. Et personne ne parle dans ces lieux dans la lutte contre la covid-19 à l'hôpital, de "solution miracle" comme dit dans la toute première phrase de cet article. Il n'y a aucune autre carte à jouer, et donc, ils la jouent.

C'est simple !

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