Séance de "dessoulage" et coups de gueule y afférant.

Séance de ‘‘dessaoulage’’ et coups de gueule y afférant.

 

Et merde ! Il n’a pas fallu 48h00 pour que la joie de la victoire de la gauche soit assombrie par la stratégie du crabe en fuite de notre nouveau Président de la République.

 

En effet. Si la campagne présidentielle du Parti Socialiste a su éviter les retours sur les aspects du passé  de la gauche au pouvoir peu encourageants pour un très grand nombre de français (Je mets de côté l’anniversaire de J. Dray). Le jour même des résultats a fait que la face blême de Jospin, le père de la défaite, le chantre de l’Etat impuissant et du pouvoir mou, vienne s’incruster sur les écrans de TV et qu’elle persiste à y apparaître comme en cette journée du 8 mai… Attendons demain.

 

Et s’il n’y avait que ça. Il a aussi fallu de le Président nouvellement élu aille servir de faire valoir au Président sorti en acceptant de se plier à une farce protocolaire qui le place à côté, donc à égalité, du perdant, et offre ainsi à ce dernier un alibi indestructible pour le mensonge le plus énorme du sarkozisme. Cette contre vérité qui a dominé les 10 années où Nicolas Sarkozy a assuré une fonction de pouvoir d’Etat dont il tire le bilan en osant affirmer, en substance : j’ai tout fait pour assurer l’unité des français !

 

Quel monstrueux culot ! Mais le Président sorti aurai bien tort de se gêner, dans la mesure où l’honnêteté foncière du Président élu, laissait prévoir sa première faiblesse (celle propre aux humanistes ?) : S’attacher à réaliser ses promesses. Donc en l’occurrence, être le Président de tous les français ; un Président de la République qui respecte ses adversaires, la droite –et pourquoi pas l’extrême droite !- jusqu’à ses dirigeants les plus corrompus et extrémistes.

 

Car, pour la gauche et François Hollande, un des problèmes de politique intérieure à résoudre d’urgence, avant l’ouverture de la campagne des législative, se situe bel et bien dans l’absence d’éthique qui singularise la forme que l’UMP entend donner à son exercice du pouvoir politique :

-Sans partage ou si peu (démocratie affaiblie), 

-Favorisant les intérêts personnels (république des affaires et intéressements),

-Cercle réduit de décideurs (forme oligarchique… En attendant mieux),

-Obéissance servile des subordonnés (esprit godillot)

et finalement, malgré tous les discours et précaution d’usage,

-Postures démagogiques systématique en regard de la masse des citoyens. Ce qui représente un mépris à peine voilé pour le peuple, plus particulièrement les « petites gens », ceux qui n’ont  ni intérêts à défendre, ni possibilité de se faire entendre. Les moins intéressants en quelque sorte.

 

Il faut souligner qu’une des leçons qui doit être tiré du scrutin présidentiel tient au fait que ce sont justement les électeurs les plus faibles socialement qui se sont trouvés être les plus soumis à la démagogie de l’UMP, comme du FN, (ou le FNUMP), les plus sensibles aux vaines promesses d’un redressement économique qui, de toutes façons, ne les concernera pas, et à la réassurance de pacotille que représente la mise au pilori des boucs émissaires et la répétition de contres vérités et mensonges.

S’il est certain que, grâce aux argument démagogique de Sarkozy, une majorité des électeurs des classes les plus défavorisées se sont retrouvés le soir même du 6 mai, gros gens comme devant, sans même la satisfaction éphémère, mais bien réelle, d’une victoire contre l’adversité. Il n’est pas moins assuré que l’UMP et le FN, si ce dernier parvient à faire élire un nombre conséquent de Députés, seront utiliser les faiblesses de la gauche et du PS en particulier pour poursuivre leurs menées d’abrutissement et d’aliénation du peuples.

 

Plutôt que de faire parler Yo-Yo et faire fuir l’électorat de gauche, plutôt que faire ami-ami avec Sarkozy et, ainsi, lui donner une importance qui n’est plus de mise, donc sans intérêt et forcément contre-productive, ne faudrait-il pas que la gauche (Y compris le Front de Gauche et l’Extrême gauche) apprenne à parler à tous et forcément à se faire comprendre, par les citoyens les moins à même à donner un sens pratique aux concepts, principes et idées de la gauche.

 

Je ne pense pas que ce soit trop demander aux « intellectuels » de la gauche française et à ses femmes et hommes politiques, d’apporter des réponses audibles et constructives aux besoins et attentes de toutes les catégories de la population, sans exclusive ! Autre chose que le « mano à mano » de François et Nicolas, ce mardi 8 mai 2012.

 

Envoi. C’était à pleurer. Ca m’a dessaoulé. Je commence le quinquennat en me demandant si, au cas où ! Je voterai pour le candidat PS aux législatives ?

 

Guy Meunier

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