Hadopi: cette petite idée de radar...

À y réfléchir, je crois que le gouvernement a voulu reproduire, avec la riposte graduée, le succès des radars. Les situation ne manquent pas, en effet, de points communs: petits délits généralisés et socialement acceptés.

À y réfléchir, je crois que le gouvernement a voulu reproduire, avec la riposte graduée, le succès des radars. Les situation ne manquent pas, en effet, de points communs: petits délits généralisés et socialement acceptés.

L'idée est alors simple: si les radars ont sût freiner les automobilistes, la riposte graduée limitera les abus sur l'autoroute de l'information. Voilà, je crois le postulat, faux, duquel tout est parti.

 

Faux ? Oui et pour une raison simple. Si le relevé de vitesse assure la matérialité de l'infraction automobile, ce n'est pas le cas sur Internet. Trouver l'IP de madame Michu sur un torrent ne prouve en rien que madame Michu téléchargeait. Son ordinateur peut servir de relais à un pirate, elle peut y avoir été mises délibérement, cela peut-être sa fille ou son fils qui télécharge. Mais, ayant réponse à tout, le gouvernement crée un délit de "non sécurisation de son accès internet" et défini dans la foulé ce qu'est la sécurité informatique. C'est une liste de logiciels anti-viraux qui vous exonère de responsabilité, dont l'on ne sait rien quand à la qualité et aux coûts. Que se passera-t-il si un ou plusieur de ces logicels ont une ou plusieurs failles et entraine l'infection des ordinateurs ? Les citoyens pourront-ils se retourner contre l'état, état dont l'on peut douter de l'expertise en sécurité informatique.

 

Pire encore, commel'UMP en a fait l'expérience, madame Michu peut être et en en toute illégalité et en toute bonne foie, pensant télécharger un album en licence CreativeCommons qui ne l'était pas. Mais le gouvernement tout à son efficacité n'a pensé au juge qu'en tout dernier recours et souvent alors que la peine aura déjà été appliqué. Ainsi, on peut avoir téléchargé un fake et se faire condamner pour un film que l'on n'a donc pas "piraté". S'ajoute à cela le problème des faux positifs, sur lequel le citoyen n'a aucun contrôle puisqu'à la discretion des ayants droits. Oui, avec la riposte graduée, ce sont les ayants droits qui se font justice.

 

Mais quid des accès internets publics, ceux fournis par les mairies ? N'impote qui peut télécharger depuis le wifi d'une bibliothèque ou d'un fast food. La ministre propose que depuis un accès public on puisse accéder qu'à une liste blanche de sites. Ici, la solution pose plus de problème qu'elle n'en résoud: quel seront ces sites ? qui sera à l'origine de la liste ? Y'aura-t-il des recourds pour les blacklistés? Quel est l'intérêt d'avoir un accès uniquement à une centaine de sites ?

 

On voit ainsi comment l'entêtement, envers et contre tout, sur des bases erronées a conduit a une loi monstrueuse dans ses conséquences. Surtout que le téléchargement ne nuit pas aux artistes, mais c'est un autre billet!

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