Ne pas laisser passer une occasion exceptionnelle

Une occasion comparable à la situation de 1946 nous est proposée. Que tous fassent un pas de côté pour imposer un régime général de sécurité sociale dont nous savons qu'il fonctionne.

Nous sommes enfin à un point où la convergence des actions nous ouvre une vraie fenêtre pour mettre sur la table une revendication centrale.

Chacun à sa manière, selon ses modes d'actions a contribué, depuis un an, dix ans, cent ans.... Que tous ceux qui pensent, luttent et agissent dans le sens de l'émancipation soient remerciés pour les heures qu'ils y ont consacrées. Et que les faux nez soient dénoncés, démasqués et renvoyés à servir leurs maîtres.

Oui nous disposons du meilleur système de financement des retraites et des besoins sociaux du monde. Encore faut-il le décrire simplement pour chacun soit convaincu de son efficacité. Comparons-le à un collecteur d'eau de pluie qui alimente l'arrosage d'un jardin. Le collecteur, c'est la caisse AUTOGÉRÉE (nationale et non étatique) du régime général de sécurité sociale : retraites, santé, chômage, famille, accident du travail...
Le jardin et ses plantes, arbres et jeunes pousses, en fleurs ou pas encore, c'est nous, jeunes, vieux, pauvres, malades ou bien portant !
Sous nos latitudes, nous sommes sûrs qu'ils pleuvra régulièrement. A l'échelle de notre pays, nous sommes sûrs que le travail sans cesse plus productif génèrera de la richesse, sans à-coup, et donc des cotisations à hauteur des besoins de chaque jour, soit autant de gouttes d'eau qu'il est nécessaire pour arroser le jardin à la demande. Cette version du ruissellement sous l’étiquette "à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens" est efficiente.

La dangerosité de cette insolente réussite ne pouvait pas échapper aux forces du capital qui n'ont eu de cesse de saboter le circuit d'arrosage ! Activant tous les leviers possibles, elles se sont activées à faire dévier l'eau de pluie et à invoquer tous les saints de la communication médiatique pour pleurnicher sur le bas niveau de remplissage du réservoir : le trou de la sécu ! Bas les pattes, on vous a vus manipuler en loucedé derrière vos masques grimaçants.

Une description raisonnable du mécanisme de sabotage nous est donnée par Jacques Sapir et Clément Ollivier dans l'émission Russeurope Express du 20 décembre 2019.

Par ailleurs, au cas où vous ne seriez pas vraiment convaincu de l’opiniâtreté avec laquelle les forces capitalistes chercheront à détériorer toute organisation prouvant qu'il est d'autre voie que celle de leur perversité prédatrice, découvrez le travail récent de Dany-Robert Dufour. Dans son livre "Baise ton prochain", il exhume du texte "Recherches sur l'origine de la vertu morale" (1714), de Bernard Mandeville, le vrai programme du libéralisme. Présentation de l'ouvrage à la librairie Tropiques

Hommage à l'association d’éducation populaire Réseau Salariat, qui dans la dynamique des travaux de Bernard Friot a mis en lumière le coup de génie de la mise en place de ces caisses en 1946.

La réussite vient de ne pas avoir laissé passer l'occasion, laissé s'échapper la fenêtre de tir, fugitive, six petits mois, pendant lesquels Ambroise Croizat et le réseau des militants CGT ont, à marche forcée et dans toute la France, ouvert les bureaux de gestion du régime général de Sécurité Sociale. Le récit de cette épopée est à retrouver dans cet article du Monde Diplomatique, signé Bernard Friot et Christine Jakse (Une autre histoire de la Sécurité sociale - MD Décembre 2015), ou dans le film de Gilles Perret "la Sociale".

Aujourd'hui, la convergence des actions pèse suffisamment pour exiger le retrait de la réforme des retraites qui démolit définitivement le système efficace de 1946.... et repasser à l'offensive pour le remettre en place, plus beau, plus fort, plus sûr.

Que tous les acteurs en présence fassent un pas de côté et s'accordent porter clairement cette revendication que nous avons déjà mis en place une fois, qui a prouvé son efficacité, et que nous avons les moyens de reconduire encore mieux, encore plus universel !

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