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Billet de blog 30 avril 2020

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30.04.2020 – au matin du der d'avril

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

On avait dit pas de prise de tête

Juste l’envie le mystère de nos peaux

abrasées des caresses de nos doigts tâtonnants.

Le port grouillait de bobos et de voiles, l’air sec et léger donnait aux bleus la fraîcheur ancestrale des marées de printemps

Le sable entre vareuse et 501 agaçait nos mains fiévreuses avant la découverte sublime d’un arc tendu vers l’oubli torride.

Sous l’eucalyptus tendre et aérien

La beauté sans nom de nos vies

Pâmés par la déraison d’un désir illusoire, affamés de nos bouches autant que de nos larmes, errant d’un cri de joie à l’ultime frisson,

Nous allions forcément

Vers le meilleur, c’est tout.

Et puis le soir et puis les nuits,

Les voyages et tout ce bruit

La ferme dans le bas du vallon

L’air fin doré du jour

Quand les convives dorment

Au matin du lendemain.

Et aussi la main tendre

de l’enfant rassuré,

L’envie farouche et âpre

qui monte de l’aimer, le serrer, le garder

Et encore la rosée sur la plage au réveil

Les cheveux emmêlés du sel de la veille

La peau qui tire et ride été après année

Les fabuleuses vagues

et les tristesses, aussi.

Tout cela est gravé dans les murs dorés

Sous les pavés reluis par les pas, les foulées

La mer les a bercées, câlinées, ressassées

Ces mille et une phrases sur les quais échouées.

Une laisse hétéroclite jonche maintenant ma vie

De bouts de pacotilles, d’éphémères oublies,

Un enchevêtrement d’élans, de non-dits et d’envies

La découverte intense de l’eau bleue et du rire,

La recherche effrénée des soirées de délire

La sensation avide du plaisir sans contrainte

La soif inextinguible des aurores apaisées.

Je voulais dire tout ça

Et ta main, et tes yeux

La lente et douce morsure

De tes dents audacieuses

Le délicieux émoi de mes rêves sous tes doigts

Et plus encore toujours

L’extase de l’amour.

***

Lentement au lointain l’âme trahie se transforme en nuée, la colère gronde et monte en d’imposants nuages.

Le vent fou et les branches reprennent de plus belle leur danse échevelée.

Les oiseaux se sont tus, attentifs aux ébats

des feuilles sous la bourrasque.

L’air est vif, le ciel pur, lavés de tous les miasmes avant le prochain grain.

Une main tendre et douce lisse les draps froissés, la nuit a été longue, mouvementée et ardue.

En son sein elle a vu

les beaux jours, les années,

défiler en une sarabande de banquets et de rires,

de voyages aux confins d’un monde ancien et riche,

aux rivages du temps où son pas allait, vif.

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Tracassée ou sereine, elle ne saura jamais l’âme étroite du vide. Toujours en mouvement, l’esprit alerte et gai, malgré les contingences, les défauts et le temps, ce maudit ennemi qui avive les blessures en gommant les sutures, ce précieux garde-fou des illusions fanées, face au gouffre des regrets et des chemins à tout jamais fermés.

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 Au trente du mois remettre les clefs du coffre. Avec ou sans scrupule, en doute comme en peine, avec joie ou regrets, déléguer ce pensum de relire, annoter, biffer l’exagéré, lustrer pépites et bijoux, récurer les bords de l’assiette des agapes passées pour à nouveau demain avoir place nette et propre.

Le cerveau encore fumant des gamberges passées, des émois prononcés tout au bout d’un stylo, l’encre à peine séchée, il faut recommencer, ou plutôt continuer.

L’élan du balancier continue, effréné, en une course étrange, à maîtriser ma prose, à guider main et âme vers les continents de phrases, les espaces vierges et farouches du livre de demain.

Relire pour oublier, ajouter peu retirer beaucoup, ne pas céder au hasard la place ni l’absence, laisser sa chance au jeu, décider de l’oubli comme de la couleur de l’écrin, ajuster au plus sensible chacun de mes peut-être.

 Et toujours et encore, revoir l’angle du mur, là-bas sous la fenêtre, le parquet qui craquait, la vieille moquette usée, un rideau qui frémit, une porte entrouverte.

 Compter les syllabes, plutôt six alors, se creuser les méninges en de vagues rappels d’un cours, d’un livre ou deux, et renoncer au vide vertigineux des académismes pour trouver refuge dans l’aléatoire mais ô combien jouissif état de création sans barrière ni scrupule.

Les mots jouent avec moi et j’aime à leur laisser me dicter leurs grammaires, leurs rythmes et leur saveur.

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 La mouette blanc vif sur le noir du ciel gris, passe entre les verts tendres des chênes au repos. Bientôt l’ondée gronde à nouveau, le suroît reprend sa course folle vers l’Est naissant. Cavalcades de moutons hirsutes, j’imagine la mer en cet état idem.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.