La Clusaz et ses avals. La station propose de redresser la barre….

Il aura été nécessaire de publier 3 articles taclant sévèrement l’absence de gestion environnementale aquatique de La Clusaz, dont un reportage photographique accablant, pour que les instances de la station (la mairie en l’occurrence) proposent, enfin, des pistes d’amélioration. A tout seigneur, tout honneur donc, je tiens à tenir mes engagements et à donner acte de ces intentions (mais pour l’instant il ne s’agit que d’intentions) nouvelles au village des Aravis.

Dans sa réponse, La Clusaz, qui parle clairement et sans détour de la « saleté » du Nom évoque un nettoyage, des élagages et la continuation d’un chantier déjà (??) ouvert sur une alternative de déneigement. C’est un début sérieux.

Si je suis très réservé sur la portée pédagogique des nettoyages (puisque les pollueurs entendent : « continuons de polluer, il y en a qui nettoient… » Ce coup de neuf sur les berges du Nom (rappelons-nous les photos…) ne peut être que bénéfique à une remise à « neuf » présumant bien d’un nouveau départ… Par ailleurs, il ne s'agit pas que de nettoyer, il s'agit aussi de cesser de polluer ....

J’ai fait une réponse à la mairie (toujours par la voix du blog de Médiapart) qui lui indique sans détour que tout cela sera évalué dans les mois et les années qui viennent avec des compte rendus ponctuels et précis sur les améliorations (ou dégradations) du site.

En tout état de cause, je crois bon de venir lister ici  et une fois de plus les différentes solutions possibles en regard des problèmes soulevés. Le travail de l’Association Eaux Secours les Aravis, dans les années 90, avait été de lister 7 points de nuisances aquatiques remarquables :

1)    Dysfonctionnement des stations d’épuration

2)    Pollutions industrielles et domestiques

3)    Déneigement et sel de potasse

4)    Pollutions agricoles (fosses, lisier, lacto-sérum)

5)    Non élagages des berges (les riverains, dont les communes ayant l’obligation de l’entretien des berges)

6)    Captages d’eau anarchiques

7)    Décharges sauvages

Je peux raisonnablement affirmer que La Clusaz est aujourd’hui toujours concernée par les points 2 (pollutions domestiques) 3, 4, 5 et 6. Il y a donc du travail. Mais je suis certain qu’avec un peu de volonté, des investissements ciblés et la conscience établie que la propreté environnementale paie (touristiquement parlant) la station des Aravis peut se refaire une image positive et communiquer dessus ; ce jour-là, je serai à ses côtés sans arrière pensée!

Les différents aménagements et travaux potentiels répondant aux 5 problématiques ci-dessus (et pour rappel) sont les suivants :

 

 

 

 -Mise aux normes des exploitations agricoles, subventions, encouragements à un travail environnementalement propre, suppression des  évacuations de lisier et petit lait dissimulées (particulièrement en période de crue) et, s'il le faut, contraintes et application de la loi. Partenariats avec le canton (qui est directement concerné), le département et la région.

Arrêt du déneigement à même la rivière. Stockage de la neige sur un terrain communal adapté (en taille de stockage et absorbsion de fonte, comme au Quebec) et/ou utilisation pour certaines parties du domaine skiable.... 

- Politique de salage routier raisonné.

Incitations accrues à l'utilisation des décheteries. Pédagogie, encouragement et multiplication des points de collecte. Politique répressive pour les contrevenants riverains ou non, pas de cécité complaisante ni de passe-droit électoraliste! Surveillance accrue. Utilisation de la police municipale et prise d'arrêtés communaux adaptés.

Synergie administrative et réaction rapide et adaptée en cas de pollution avérée. Collaboration avec les instances ayant en charge la police de l'eau.

- Utilisation raisonnée des réservoirs à neige de culture. L'eau non utilisée doit retourner à la rivière entre le printemps et la fin de l'été. Arrêt de la politique d'extension et de multiplication des lacs.

Surveillance et rénovation du réseau. Suppression et/ou verbalisation et contraintes vis à vis des trop nombreux points (existant encore) de rejets à la rivière. Certains étant délibérément cachés par les passages souterrains dans le village ou ignorés car situés dans des endroits difficilement accessibles...

Entretien régulier et préventif des berges en amont et en aval de La Clusaz(comme y sont tenus, par la loi, les propriétaires riverains et particulièrement les communes) Suppression des embacles et poches de rétention qui ont été, par le passé, générateurs de deux mini-catastrophes ayant touché, entre-autre, la discothèque l'Ecluse.... Curage des fossés.

Panneautage incitant à l'utilisation de poubelles en périphérie des points d'accès aux rivières. Incitations pédagogiques : « la neige, c'est de l'eau gelée, ne gaspillons et ne souillons ni l'une, ni l'autre!! »

- Communication municipale médiatique sur l'effort écologique entrepris. "La Clusaz agit pour l'avenir" (et ne se contente pas d'encaisser des sous...) A terme, il est certain qu'un effort déterminé payera et qu'un retour sur investissement verra le jour..... La Clusaz en sortira grandie.

 

Pour compléter ce catalogue, il est indispensable d’intégrer que la gestion durable d’un réseau hydrographique doit s’entendre sur le bassin versant amont complet (Nom,Var, tributaires d’alimentation et fossés) et sur l’aval de la station jusqu’à la sortie de la commune.

Il faudrait aussi que cette nouvelle manière d’envisager les rivières locales s’inscrive dans la durée (car l’on parle bien de développement durable) et ne soit pas un feu de paille…

 

Avec ce plan de travail (non exhaustif) qui s’étendra sur plusieurs années, La Clusaz pourra (pourrait) servir d’exemple car, disons-le tout droit, elle est loin d’être un cas isolé.

 

Nous venons de franchir un cap. Les hommes de bonne volonté peuvent faire beaucoup au bénéfice des générations qui les suivent, j’espère sincèrement que ce message d’espoir ne sera pas déçu. A l’époque de l’Association Eaux Secours les Aravis, des promesses ont été faites et la plupart d’entre-elles n’ont pas été tenues. C’est avec cette désastreuse expérience vectrice de méfiance que je vais aborder les mois qui viennent. Honneur donc à La Clusaz qui semble vouloir s’engager vers un redressement de barre mais « méfiate » comme on dit dans nos vallées, nous resterons vigilants…

J’ai également proposé à la commune de la rencontrer afin de sceller ce qui peut être un nouveau départ. La balle est dans son camp.

Ar’vi

MARCELLY

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