La Clusaz, pollution des eaux : La station sur la voie du progrès ?

Les articles mettant en relief les pollutions aquatiques de La Clusaz remontent à l’été dernier :

 http://blogs.mediapart.fr/blog/marcelly/150714/la-clusaz-son-aval-cest-le-tiers-monde

 

et

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/marcelly/250814/la-clusaz-son-aval-le-constat-par-les-images-ou-la-clusaz-station-cra-cra

 

 Les faits étaient connus puisque la situation du Nom (Torrent naissant au col des Aravis et filant sous La Clusaz après avoir été grossit des eaux du tributaire le Var) avait déjà été signalée à maintes reprises par l’association Eaux Secours les Aravis dans les années 90.

Pour mémoire :

-      Pollutions domestiques: Multiples détritus, ferrailles, plastiques et verre en quantités importantes aux avals directs de la station...

-      Pollutions agricoles: Délestages sauvages, fosses qui débordent de lisier, déversements de "petit-lait"....

-      Déneigement: Déversements des ramassages de voirie, chargés de sel de potasse et détritus, directement dans la rivière...

-      Captages: Multiples captages (agricoles et municipaux) qui favorisent les étiages artificiels...

-      Etc…

 

Le 9 septembre 2014, la mairie de La Clusaz déclarait vouloir améliorer la situation : « Suite à vos alertes sur la saleté du « Nom », M. le Maire a pris la décision d’organiser une journée de ramassage. La coupe de bois, le débardage et le nettoyage du cours d’eau sont prévus la semaine du 8 au 14 septembre (en fonction des conditions météorologiques). »

Il avait été donné acte à la commune de cette volonté toute neuve, rappelé que le nettoyage seul est insuffisant si les causes ne sont pas combattues (au risque de multiplier les nettoyages sans supprimer les actes de pollution..) et affirmé qu’une vérification serait faite; car en toute honnêteté, si les abus récurrents (surtout s'ils sont connus) doivent être signalés sans état d'âme, les améliorations méritent d'être, à leur tour, soulignées..

 

C’est une chose effective depuis ce lundi matin 24 novembre 2014.

Il faut décerner un satisfecit à La Clusaz car la situation de la rivière, sur les quelques 2 kilomètres qui sont en aval du village s’est très nettement améliorée. Plus aucun détritus (et il y en avait énormément) ne jonche les berges et le lit du Nom, les ferrailles, plastiques, verres, aluminium et autres polystyrènes ont été relevés et le Nom ressemble, à la date du 24/11/2014, à un torrent propre.

 

Au coeur du village, une eau propre et des berges entretenues.

A l'entrée du village, la clue (ou cluse) qui donne son nom à La Clusaz

Les détritus qui encombraient lit et berges ont été retirés, rien de commun avec juillet 2014!

Les berges du Nom sont (temporairement?) propres....


Les abords sont, quant à eux, acceptables; à l’exception toutefois (voir nouvelles photos) du chemin sur lequel serpente le tuyau d’évacuation des eaux usées. Des bouteilles y demeurent et les tuyaux de l’ancienne station d’épuration sont toujours laissés (photos également) à l’appréciation des lois de la gravité…

Sur le chemin qui surplombe la rivière et sous les feuilles de fayards, des bouteilles ....

... et encore des bouteilles!

Combien de temps avant que ce vieux tuyau ne finisse dans l'eau ?

Le couloir de déneigement situé sous le « Salon des Dames » a, lui également, été nettoyé et les épicéas déracinés ont été tronçonnés et évacués… (Photos)

Le couloir de déneigement est toujours présent mais sa base a été élaguée et nettoyée.

Les détritus ont été enlevés, les épicéas déracinés tronçonnés et évacués, souhaitons que, dans les années à venir, le couloir ne soit plus, lui-même qu'un mauvais souvenir...en attendant, cet hiver, le Nom va de nouveau recevoir des tonnes de neige souillée et un embâcle dangereux  sera, de ce fait, créé de toutes pièces, jusqu'au printemps!

 

 

 

Bravo donc et merci (même si l’ensemble peut-être encore amélioré) pour cette opération qui prouve que la commune de La Clusaz  et les décideurs en charge de ce dossier savent, aujourd’hui, prendre des décisions efficaces pour soigner les zones ou l’environnement est malmené.

La zone sera surveillée régulièrement désormais et tous les constats d’éventuelles dégradations (et/ou améliorations) seront signalés.

 

Il serait, bien entendu, irréaliste de considérer que, pour autant, tout est réglé.

Demeurent, après le nettoyage des pollutions « domestiques » :

-      Le problème du déneigement chargé en sel de potasse. La Clusaz déclare que le salage est aujourd’hui plus raisonné qu’hier. Peut-être ; mais une grande partie du sel encore utilisé est éjecté dans le Nom et cela n’est plus acceptable. D’autant plus que l’embâcle créé par le névé artificiel issu des déneigements successifs est extrêmement dangereux pour les riverains aux avals et particulièrement en cas d’orage précoce de printemps… Les réflexions conduites sur le protocole Canadien sont une bonne piste. Encore faut-il la faire aboutir…

-      Les fonds colmatés par les mauvaises habitudes de certains usages agricoles : Il faudra bien que cesse, un jour ou l’autre, les évacuations de lisier et petit-lait (surtout en période de crue – ni vu, ni connu…) qui viennent colmater les fonds de la rivière, qui font disparaître la faune benthique et favorisent la présence d’algues vertes.

-      Les captages d’eau qui se multiplient : Les étiages artificiels quasi permanents sont un véritable fléau pour l’équilibre biologique d’un cours d’eau. La Clusaz ferait bien de se pencher sur ce phénomène qui s’aggrave année après année. Les réservoirs collinaires sont indéniablement indispensables à une station de sports d’hiver de moyenne altitude… Mais le confort d’enneigement artificiel dû à l’utilisation des canons ne doit pas porter préjudice à l’environnement aquatique !

 

Bref, les pistes d’amélioration sont encore nombreuses.

Néanmoins, avec cet effort réalisé par La Clusaz, tous les espoirs sont permis désormais d’écrire un jour que le Nom, sous La Clusaz, a retrouvé une santé normale au bénéfice de tous. C’est un signe fort que la citoyenneté des uns et la bonne volonté des autres peuvent être convergentes pour rendre plus agréable notre environnement direct* là où la police de l’eau et la Fédération Départementale de Pêche du 74, dont c'est pourtant le travail, n’ont strictement rien fait depuis 25 ans

* Que les pêcheurs et les usagers du milieu aquatique ne comptent pas sur ces "instances" pour défendre leur lieu de loisir, elles sont composées de rigolos qui ne vivent que de discours et snobent ceux qui signalent les abus et paient des taxes pour les faire exister.....

Il faut prendre conscience de la fragilité absolue de l'écosystème d'un torrent comme le Nom. Les agressions répétées et cumulées qu'il subit, depuis plusieurs dizaines d'années déjà, causent un grave préjudice jusque loin dans ses avals. La convergence des déversements de produits altérant les fonds (nitrates par exemple) et détruisant la faune benthique (peuplement macrobenthique) associée à l'apport saisonnier du sel de potasse et à l'abaissement du volume en eau (captages et étiages), qui plus est en période hivernale là où les organismes sont les plus vulnérables, sont une bonne alchimie pour que la rivière meure à moyen terme si la situation perdure  ... Faisons en sorte que cela ne se produise pas!

 

Les lecteurs peuvent compter sur une chronique saisonnière de suivi de l'état du Nom.

 

Je rappelle que le chroniqueur de la présente est à la disposition de La Clusaz pour toute rencontre et travaux de progrès.

Il n'est pas improductif de communiquer (surtout contradictoirement) lorsque l'enjeu est de nature à améliorer la vie de tous et l'image de la station....

 

MARCELLY

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