Des émotions au chaos

Quand le développement personnel devient un enjeu majeur dans la co-construction d'une nouvelle société.

La communication mène à la paix La communication mène à la paix

 

Cela fait des années que j'analyse certains politiques en France et aux états-unis, certains scientifiques mais aussi moult individus sur les réseaux sociaux. Depuis la création de facebook, nous avons la possibilité d'accéder aux comportements. Ce réseau social étant devenu une carte d'identité à part entière. Les jugements hâtifs, cette volonté d'interpréter à outrance les agissements des uns et des autres sont devenus les principales activités. Les émotions sont constamment suscitées quand nos valeurs se confrontent à d'autres. L'écran semble nous protéger, l'écran nous octroie du pouvoir mais l'écran projette aussi nos faiblesses dans la vie quotidienne. Sans nous en apercevoir, notre vie se soumet à ces émotions qui se sont ancrées au travers de l'écran. Système de défense, d'attaque, toujours est-il que la division n'a jamais été aussi grande qu'aujourd'hui. Les messages véhiculés nous enfoncent dans des peurs, nous manipulent et nous instillent une idéologie : l'idéologie d'un semblant de liberté axé sur l'expression de nos émotions.

Nous devons par ailleurs être bienveillants, empathiques, compréhensifs afin d'être aujourd'hui pleinement acceptés. J'y vois un effet pervers puisque la compréhension intersubjective s'enseigne mais ne s'impose pas, l'empathie ne s'enseigne pas par des livres, elle se vit, s'expérimente, tout comme la communication bienveillante. Elle doit se comprendre afin d'être véhiculée avec sincérité. Par un enseignement constructif, on peut alors mieux se protéger tout en laissant une vraie place à l'altérité.

Malheureusement, je constate aujourd'hui que tous ces livres sur l'empathie, cette "bienveillance" deviennent une dictature, une compétition de l'ego : Qui sera le plus gentil, le plus compréhensif? Ce n'est malheureusement qu'un leurre car l'ego reste ancré. Combien de livres avez-vous lu sur l'empathie avec pour couverture le visage de son auteur? L'idée est de ne pas les blâmer mais de commencer à vous donner des outils pour une meilleure analyse de votre environnement. Il ne s'agit pas non plus d'interdire l'ego car sans ego, nous n'évoluons pas. Par ailleurs, on vous dira souvent que mettre son ego de côté est une bonne chose, "prendre du recul" aussi. Mettre son ego de côté sans se connaître soi-même, sans savoir maîtriser ses émotions est dangereux puisque vous créez une dissonance cognitive et un décalage. C'est alors que sans crier gare, vous manipulez à votre tour votre environnement sans outils constructifs. 

La vie est une école... celui qui en prend réellement conscience sait s'ouvrir à l'évolution et non aux jugements. Il voit l'autre, malgré ses différences, comme un tremplin vers une meilleure compréhension de soi et de son environnement. Il nous faut l'expérimenter avec pragmatisme en prenant pleinement conscience des causes à effets sur son environnement, quelques fois à ses dépens car on ne vous comprendra pas toujours et vous nourrirez alors une solitude. Constructive cependant, mais périlleuse quand vous savez pertinemment que vous évoluez grâce aux autres. C'est dans ces instants que vous ressentirez un décalage avec autrui. L'autre face à son système de valeurs qui vous juge, méprise, vous teste etc. Et vous... face à une incompréhension de ce qui se passe. Ne comprenant pas à quoi sert tout ceci de manière constructive. Parce qu'il n'y a aucun but constructif en soi. L'expérience, l'ouverture à son environnement reste le vecteur essentiel d'une belle co-construction. Il ne s'agit cependant pas de faire de la spiritualité à outrance, de tenter de canaliser je ne sais qui et d'ailleurs, je crois qu'il faut y faire très attention. Le plus spirituel sera celui qui saura s'ancrer sur terre tout en possédant l'esprit d'un oiseau. Celui qui recherche toujours les cieux va décoller, littéralement, tout comme celui qui recherche abondamment l'amour des autres. Jamais satisfait, toujours déçu, il nourrira frustration et une constante perte de contrôle. Je déplore ainsi cette commercialisation, ces publicités autour de l'empathie, de la bienveillance. Cette fausse bienveillance qui se co-construit en toute subtilité. La bienveillance doit venir de soi, pas parce que la société nous l' instille et nous l'impose. Cela ne dure jamais avec des effets contradictoires et pareil pour l'empathie. Je peux vous en parler de cette empathie... Je la connais malheureusement trop bien. C'est celle qui vous ancre dans la manière d'être de l'autre. C'est celle qui peut aussi vous piéger dans un système de valeurs qui n'est pas vôtre. L'avantage, c'est que vous arrivez à réellement communiquer avec l'autre. L'inconvénient, c'est qu'elle vous consume et vous éloigne de vos objectifs. Mais c'est le vecteur essentiel pour une belle expérience de vie quand on sait la contrôler. Le contrôle est primordial, car si vous ne filtrez pas, vous prenez tout de l'autre...: ses tensions, ses peurs et sa vision et je peux vous assurer que votre place en ce monde sera reportée (logique). Bref, cette fausse empathie médiatisée, reseautée publiquement, sert davantage à attirer l'attention sur soi pour dire qu'on est quelqu'un de "bien". Pourquoi vouloir le prouver ? l'enseigner ? Elle se base sur l'expérience. Si vous savez que vous êtes quelqu'un de bien, alors tout va bien. Si vous ne le savez pas, alors ouvrez-vous à l'autre pour le savoir. Il est préférable de construire son bonheur et le co-construire avec ceux qui pensent d'abord à évoluer et faire évoluer ce monde. J'ai rencontré ces "autres", ceux qui aident aussi à leur échelle dans la pénombre, ceux qui voient en l'autre un moyen de se parfaire, parfaire leurs objectifs collectifs plutôt que de juger afin de se comparer inconsciemment. Mais il faut savoir s'ouvrir à son environnement... et si vous refusez, c'est parce que vos peurs vous rendent confus. Bref, vous construisez votre place et vous la co-construisez avec ces autres qui partagent vos valeurs. Rien ne sera plus objectif qu'un environnement en phase avec votre être.

Dépourvus d'objectivité, les émotions nous rendent stupides et ad consequentiam, dangereux. Mais force est de constater qu'on ne nous donne pas les outils, nous contentant d'analyses superflues et ratant l'essentiel.  

Quand les émotions mènent à blâmer et à se fermer

Vous savez, à ce stade, que la manipulation fait partie intégrante de l'humanité d'aujourd'hui. Peut-on communiquer sans manipuler? Bien sûr que non. Et comme le disait Watzlawick : "on ne peut pas ne pas communiquer". De facto, on manipule tous. Mais observer les manipulations à l'instant "t" permet de se défendre et donc de ne pas tomber dans certains pièges émotionnels. D'où la nécessité d'objectiviser son environnement, atténuer ses émotions pour ne pas se méprendre et être avalé par des loups, en soif de pouvoir et d'argent. L'exemple de l'immigration est parfait. Les guerres entrainent l'immigration, la peur suscitée dans les pays et nourrie par certains pays européens accélèrent les flux migratoires. Je crois que bon nombre d'entre vous savent aujourd'hui très bien que les guerres sont créées et pas que dans un but économique. La manipulation réside dans l'émotionnel de certains chercheurs, politiques qui vous font culpabiliser et pointent votre humanité défaillante si vous n'accueillez pas vos voisins. Bien entendu que c'est humain. Bien évidemment que les laisser mourir à nos portes est un crime et on vous le fera savoir. Mais ces mêmes gens qui vous pointent gagnent des milliers d'euros, nourrissent leur image, ne se maîtrisent pas eux-mêmes et donnent des leçons d'humanité. Si ces gens étaient si humains, ils s'attaqueraient à la cause de tous ces problèmes, à savoir la guerre et la famine. Mais cela ne se fera pas, du moins... que superficiellement.

Il ne faut pas les attaquer, mais s'en détourner. Les émotions causent déjà ce chaos dans lequel nous baignons et cela continuera afin de parfaire un objectif qui irait à l'encontre de la nature humaine. La préservation de chaque pays et de sa culture devrait être la priorité numéro un. Et cela ne passe certainement pas par des guerres et des flux migratoires.

Au contraire, il nous faut aider ces pays, les aider à reconstruire, à apprendre de nouveau les bases d'une réelle communication, atténuée d'émotions négatives.

Mais trop nombreux sont ceux qui sont enveloppés de leur être sans être. De leurs émotions sans compréhension et encore plus nombreux sont ceux qui deviennent acteurs de cet imbroglio malgré eux.

 

Émotions sur Facebook : du danger individuel au danger collectif

 

Comme je l'écrivais en amont, cela fait des années que j'analyse les comportements ainsi que le mien via facebook. J'ai souvent utilisé la méthode de l'observation participante à savoir, joué sur mon image vs mes projets et joué sur mon don d'empathie. Le résultat est sans appel. Quand l'image de soi est prônée, j'ai eu droit à des likes à n'en pas finir. Quand il s'agissait de mes projets à visée altruiste, cela se comptait sur les doigts d'une main. Quand j'activais mon empathie, le compréhension réciproque s'activait et une dépendance affective de la part de l'interlocuteur faisait son apparition. il en découlait, paradoxalement, une incompréhension de leur part quand je tardais à répondre ou que j'avais d'autres choses à faire.

Résultats:

Emotions négatives suscitées : Insultes, suppressions, blocages.

Pourquoi? Parce que le sentiment d'existence devient prépondérant sur fb et que chacun exige davantage d'affection. La solitude les entoure. La société 2.0 est malade.

Les gens attendent des autres, c'est ce qui les rend faibles et manipulables.

Malheureusement, cela m'oblige à constater ce gros paradoxe :

D'un côté, le monde critique ses dirigeants, les insulte, juge souvent hâtivement, les sermonne et de l'autre côté il se distancie (hormis quelques exceptions qui se prennent en charge) de toute responsabilité et de bienveillance, se contentant de se sentir vivant par le biais de leurs émotions en ébullition. In fine, ne pourrait-on pas dire que le monde se complaît dans l'ignorance?

Voilà donc le remède pour ceux qui veulent sortir de cette ignorance et faire valoir un meilleur partage des richesses :

Aider la politique, la guider au lieu de la combattre.

Cela ne fait que renforcer les émotions négatives.

Si le peuple prend conscience qu'il a le pouvoir, alors qu'il soit suffisamment intelligent pour changer les paradigmes en ce monde de manière pacifique et exemplaire.

Cependant, il est manifeste de constater qu'une oligarchie axée sur une certaine méritocratie humaine reste la meilleure alternative pour mener à bien des projets collectifs et constructifs. Mais cette oligarchie se doit d'être à l'écoute de ce peuple qui les guiderait. C'est en voyant cette société comme une équipe que le partage pourra se faire de manière plus équitable afin qu'elle perdure dans de bonnes conditions.

Pour construire un système, il ne faut pas attaquer l'ancien mais s'en détourner.

Je terminerai par cette citation :

"L'individu stupide est le type d'individu le plus dangereux"

Carlo M. Cipolla

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