Subjectivité, montre-moi de quoi tu es capable... je te dirais qui tu es.

Cet ego... on en possède tous un sinon nous n'existerions pas. Cependant, bon nombre pensent faire preuve d'objectivité en souhaitant pointer des "failles" chez autrui afin d'ouvrir des yeux, néanmoins, eux-mêmes illusoires.

L'ego est cette volonté de s'exprimer, c'est cette voix qui vise à vouloir pointer sa subjectivité pour la faire passer pour objective. Chacun s'entêtera à vouloir faire entendre raison à son interlocuteur et cela suscitera ainsi des émotions négatives et des tensions interactionnelles sans fin.

Qu'est-ce que l'objectivité?

Du latin médiéval objectivus, ‘relatif à ce qui existe indépendamment de la pensée’ ; du latin classique objectus signifiant ‘jeté devant’, participe passé de objicere, ‘jeter devant’.

In fine, l'objectivité, c'est cette qualité de ce qui existe en dehors de l’esprit, ce savoir à prendre un recul suffisament conséquent pour observer un cadre dans son ensemble et d'en comprendre les tenants et les aboutissants sans ces émotions qui enveloppent notre être ou qui pourraient être suscitées par un mépris de notre personne ou des médisances.

Cela demande, en effet, énormément de travail sur soi... 

J'en viens à cette question : combien d'auteurs souhaitent transmettre sous un pseudonyme? Ces gens-là me semblent avoir tout compris car le véritable but est simplement de transmettre, et non pas de subir les débats et jugements vains autour de leur personnalité dont ils ne comprennent pas pourquoi autant d'engouement s'impose.

Dès l'instant où vous vous mettez à nue face à l'autre, vous prenez le risque d'être enveloppé-e d'étiquettes qui ne vous correspondent pas. L'être humain est ce qu'il est : subjectif car lui-même enveloppé de ses expériences, son potentiel savoir "humain" qui ne peut être universel, entêté, divisé et rempli de bonnes intentions...

Mais nous "savons" tous que l'enfer est pavé de bonnes intentions... sinon, il n'existerait pas dans notre imaginaire collectif car on ne pourrait même pas oser le penser en cette absence de "fonction". Que pourrait servir cet enfer que moult redoutent si ce n'était pas pour donner des leçons?

L'enfer, c'est les autres lorsque soi n'est pas "connu". Quand on ne se connaît pas, alors on devient perméable à toute cette subjectivité qui s'impose à nous. Mais quand on se connaît, alors on voit tous ces gens juger...dans le vide et pour les plus hypersensibles d'entre nous, on se dit que le monde est décidément bien mal parti.

Et si... on arrêtait de se juger, de tourner tous les discours autour de subjectivèmes qui font stagner la communication au lieu de la rendre constructive?

Et si... au lieu de tout prendre pour soi, on prenait du recul à l'instant "t" plutôt que de nourrir sa tension face à l'autre?

Et si... si au lieu de se rabaisser les uns, les autres -là encore dans le vide- on venait à s'entraider pour faire de ce monde, un monde meilleur? Là encore, ma subjectivité émerge car ce monde meilleur semble être une vision du monde partagée et extrêmement relative d'un individu à l'autre.

Les individus sont souvent dans l'erreur car ils intellectualisent tout au grand dam de la connaissance qui se perd dans les méandres de la subjectivité.

J'en viens à cette question : Qu'est-ce que la connaissance?

C'est cette capacité à anticiper les gens mais aussi les évènements, voir leurs grandes failles et anticiper ainsi leurs comportements. C'est connaître leurs intentions, leurs carences mais aussi leurs qualités sans avoir parlé avec la personne et ne pas se tromper... Mais les exprimer vous ferait passer pour un "juge" et vous ne vaudrez pas mieux qu'eux dans la forme. Surtout lorsque ceux-ci restent aveuglés par leur propre être. Vous fermerez alors votre troisième oeil pour faire valoir à votre tour votre subjectivité. La connaissance est discrète car vous ne voulez plus exprimer cet ego puisque vous comprenez à quel point il vous emprisonne plus qu'il ne vous libère.

 

Ceux qui accèdent à la connaissance comprennent que la discrétion et la dissimulation de soi deviennent primordiales dans un monde rempli de "moi-s".

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