Je ne souhaiterais pas m’appesantir sur les contraintes inhérentes au métier et sur les difficultés dues à la médiocrité de la formation. Cela dit pour autant, durant les 3 premières années de pratique tu fais quasiment une croix sur tes soirées, tes week-ends, tes vacances. Ensuite la charge de travail se régule… sauf si tu changes de public et que tu te démènes pour faire tenir la barque à flots. Tout cela en entendant dire partout que tu es un nanti qui finit à 16h30, qui a 4 mois de vacances par an et qui trouve encore le moyen de se plaindre.
Je ne souhaiterais pas non plus ici politiser à l’excès mon propos même si ce sujet l’est éminemment. Quand on parle d’éducation et d’instruction scolaire, on parle d’accès aux droits, d’égalité des chances, d’égalité de droits.
Non, je souhaiterais simplement vous parler de mon parcours, qui ressemble à tant d’autres ou alors pas du tout. Raconter ce chapitre de vie qui m’a rendue si fière de mes élèves et fait pleurer sur mon trottoir, qui m’a récompensée d’un regard de parents et fait me crasher contre la misère de la rue, qui m’a apporté la joie de changer le regard et la déception des coups d’épée dans l’eau.
Je souhaiterais que mon récit relève ici des interstices, de ce qui vit dans le feu de l’action, dans les détails des contours, dans les particularités quotidiennes qui apportent rires, partages et espoirs, surmenage, angoisses, fatigues et Bang! dans les murs d’une bien triste et cruelle réalité, au final.
Je souhaiterais témoigner du naufrage avec l’espoir que nous changions et de capitaine, et de bateau. Moi j’ai trop le mal de mer, je retourne semer en terre ferme.