Les élections anticipées en Grèce et la dissolution ratée de 1997.

En parcourant différents articles sur les élections récentes (trois tours de présidentielles) et à venir (législatives) en Grèce, je me rends compte qu'il y a un parallèlle intéressant à faire entre la décision d'avancer les élections présidentielles  et la dissolution ratée de l'assemblée nationale française en 1997.

En effet, dans les deux cas, la décision est en lien avec des engagements européens; dans les deux cas, la décision est prise d'avancer un scrutin et dans les deux cas, il s'agit de couper l'herbe sous les pieds d'une éventuelle contestation populaire.

Quand chirac dissout en 1997, sous les conseils (mal) avisés de juppé et villepin, c'est pour faire réélire un assemblée qui lui est pourtant favorable (issue des urnes de 1993) afin d'avoir les mains libres pour le tour de vis qu'il pense devoir mettre en place pour la qualification à l'euro. Et si l'actuel premier ministre grec a avancé les élections présidentielles c'était avec le souhait de les remporter avant les discussions  avec le fmi sur la dernière tranche d'aide  conditionnée à des réformes ou, en cas de défaite aux législatives anticipées, laisser la patate chaude dans les mains de syriza.

La Tribune évoque ici le caractère stratégique de ces élections anticipées: http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20141209trib3d146555e/grece-le-pari-tres-risque-d-antonis-samaras.html

La fondation R.Schuman elle-même (proeuropéenne à outrance pourtant) évoque  ces élections stratégiquement anticipée (le coup de poker d'A.Samaras): http://www.robert-schuman.eu/fr/oee/1553-le-coup-de-poker-du-premier-ministre-grec-antonis-samaras

 Il me semble que tout cela n'est pas de nature à redorer le blason de l'UE, surtout si dans les semaines qui viennent, on assiste à nouveau à cette mascarade de membres de la commission (et du président junker himself) exhorter les grecs à bien voter. Tout cela manque singulièrement de classe et d'esprit démocratique non?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.