Enseignement des sciences économiques et sociales : le marché contre Lévi-Strauss, Durkheim, Keynes et les autres…

Billet bref, billet d’humeur, billet d’irritation extrême. Depuis plusieurs années, une officine proche du MEDEF, l’institut des entreprises (IDE) exerce une pression sur le ministère et sur l’opinion afin que les contenus enseignés dans une discipline qui a fait ses preuves dans l’enseignement secondaire (les sciences économiques et sociales) soient orientés dans le sens d’une marginalisation des sciences sociales et des approches alternatives à la théorie libérale « standard ». Le nouveau programme de la classe de seconde que le ministère vient de rendre public est l’aboutissement scandaleux de ce processus. On pourrait, au moment de sa disparition, célébrer unanimement C.Lévis-Strauss pour sa contribution majeure à l’ethnologie et au rayonnement de la pensée française dans le monde, puis supprimer du programme de SES en seconde un thème comme celui de la famille qui permet aux élèves de mieux comprendre notre société notamment en la comparant à celles plus ou moins lointaine qi présentent d’autres formes d’organisation de la parenté.. La contradiction est flagrante. Côté économie, l’enseignement préconisé est axé sur l’entreprise et le marché avec en prime par exemple pour des élèves de 15 ans l’étude des courbes d’offre et de demande ainsi que les élasticité-prix. Pas de macroéconomie, une sociologie réduite à sa portion congrue, le primat de la microéconomie d’inspiration libérale. Le MEDEF l’a rêvé, Chatel l’a fait. Tout citoyen devrait être scandalisé comme il le serait si la hiérarchie catholique ou celle de l’islam de France militaient victorieusement pour infléchir les programmes d’Histoire-Géographie ou de Philosophie.

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