Pourquoi je serai gréviste et dans la rue le mardi 12 septembre.

La loi travail mise en place par ordonnance ne créera pas d'emploi car l'hypothèse "flexibiliste" sur laquelle elle se fonde est erronée. Tous dans le rue le mardi 12 septembre.

Certaines organisations syndicales comme la CGT ou celle à laquelle j’appartiens en tant qu’enseignant (le SNES-FSU) appellent à une journée de grève et de manifestation le mardi 12 septembre.

A l’issue d’une réunion syndicale et d’échanges avec d’autres militants, j’ai décidé de suivre ce mot d’ordre et ce pour plusieurs raisons que je voudrais évoquer ici :

1) Absence de corrélation univoque entre flexibilité et emploi :

La loi travail que je ne détaillerai pas ici repose sur l’hypothèse contestable d’un lien entre flexibilité du travail et emploi. Pour le dire vite, c’est parce que les entreprises craignent de ne pas pouvoir licencier en cas de difficultés ou de baisse de l’activité qu’elles hésitent à embaucher. Faciliter selon différentes modalités le licenciement « sécuriserait » l’embauche et doperait donc l’emploi. Hélas, cette flexibilité que l’on appelle en économie « quantitative externe » a été mise en place de manière progressive et continue depuis plus d’une trentaine d’années mais sans véritable effet sur l’emploi. Déjà en 1986, Y.Gattaz « patron des patron » (le papa de son fiston Pierre, Pierre qui s’est fait tout seul comme un grand n’est-ce pas;-)) obtenait du gouvernement de J.Chirac la suppression de l’autorisation administrative de licenciement qui devait se traduire par la création de centaines de milliers d’emplois (peine perdue, mesure inefficace). Les études, y compris celles de l’OCDE, organisme que l’on ne peut classer à gauche ne concluent à aucun lien significatif entre flexibilité et variation de l’emploi. Certains pays comme l'Allemagne créent plus d'emplois que les EU alors que leur législation est plus protectrice.

2) La complémentarité du 12 et du 23 :

Une polémique largement alimentée et amplifiée par les médias dominants vise à semer la discorde entre contestation syndicale et politique.   Or, les relations entrez syndicats et organisations politiques ont toujours fait l’objet de controverses plus ou moins vives plus ou moins profondes. Les insoumis dont je suis membre défilent le 23 septembre contre le « coup d’état social » incluant la loi travail mais aussi d’autres aspects de la politique du gouvernement. C’est une mobilisation politique au sens strict. Nous voulons une autre politique économique et sociale. Nous contestons l’attaque contre les emplois aidés et le cadeau de 3 milliards d’euros aux contribuables assujettis à l’impôt sur la fortune. Les syndicats appellent les salariés à défiler ce mardi contre la loi travail. On ne voit pas où est la contradiction, les deux actions sont complémentaires. Je suis salarié et électeur. Et même si je ne suis pas ou plus salarié, je peux défiler contre une loi que je juge inique et inefficace le 12, contre une politique sociale en général le 23.

3) En tant que fonctionnaire je ne suis pas concerné par la loi travail. Pourquoi cesser le travail mardi ? La réponse est simple, par solidarité avec les salariés du privé auxquels on essaie toujours de nous opposer. Comme je m’étais battu par exemple en 2006 contre le contrat première embauche de D. De Villepin (CPE). La remise en cause des droits sociaux ne s’arrêtera pas aux salariés du privé, l’absence de résistance aux attaques antisociales fera l’effet d’un blanc-seing accordé au gouvernement pour poursuivre son travail de destruction de notre modèle social.

 

 

 

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