Libye comprendre les causes de ce crime contre l'humanité ?

Les derniers événements abominables en Libye par la diffusion du reportage de la chaine Américaine CNN, a suscité une vive émotion au sein de la communauté internationale, dans le milieu de la diaspora Europeénne et plus particulièrement en Afrique. L'expliquer n'est pas le justifier. C'est en comprendre les causes et les conséquences. Il me semble donc important, d'analyser les différents facteurs qui ont permis ce crime contre l'humanité. Après la chute du régime de Mouamar Kadhafi. 

 

La Libye s'est embourbé dans une guerre civile qui dure encore aujourd'hui. À la suite des printemps arabes en 2011, des mouvements de protestation dans les pays arabes, soulèverent la question de la démocratie et la question de la  répartition  des richesses. Dès la fin février, les insurgés reçoivent le soutien de puissances occidentales, notamment la France, qui  avait livré d'importantes quantités d'armes durant la guerre civile comme nous le rapporte un article publiée  par le magazine Marianne.1*

 

Plus précisément en Libye ce soulèvement avait commencé par une attaque suicide dans une caserne qui permettait aux insurgés de s’armer. Depuis les années 2000, un an avant la tragédie du 11 septembre, les relations internationales se normalisent . La Libye tentait de mettre un terme au programme d'armes de destruction massive développé depuis plusieurs années par le régime de Kadhafi. L'autre élement essentiel était l'hostilité affichée du gouvernement libyen aux islamistes radicaux, qui en avait fait un « allié » potentiel aux yeux de l'administration de l'ancien président des États-Unis George W. Bush, qui aussi avait été engagé dans une « guerre contre le terrorisme » et les « États-voyous » pour reprendre la terminologie Bushienne. Ceci avait permis la visite de plusieurs chefs d'État et de gouvernement qui se succédèrent à Tripoli (Tony Blair, Silvio Berlusconi, José Luís Zapatero, Jacques Chirac), à fin de signer des accords commerciaux dans plusieurs domaines clés et géostratégique.

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La question de l'immigration illégale en provenance de l'Afrique subsaharienne était depuis les années 2000 régulièrement évoquée, dans les sommets internationaux ( G5 Malte)  avait abouti à un accord avec la Libye, qui s'engageait à contenir les migrants contre la promesse d'une aide financière de l'Union européenne. La Libye s'engageait également à développer une vraie politique Africaine basée sur la coopération Sud-Sud.

Le 30 août 1999, un sommet extraordinaire de l’OUA à Tripoli  avait milité pour la transformation de l’organisation africaine en Union Africaine. Le 1er mars 2001, la charte de l'Union africaine avait été adoptée au cours d'un sommet à Syrte. Grâce aux multiples effort du défunt Kadhafi qui voulait créer les États-Unis D'Afrique, avec tout un programme : Fin Du FCFA, fin des frontières, bloc d'une seule puissance dans un monde multipolaire,  avoir une Afrique qui puisse parler d'une seule voix. La situation aujourd'hui en Libye est  bien différente suite à l'intervention Française sous la Présidente de Nicolas Sarkozy. Les enjeux ont évolué, les situations sont devenu multiples et les intérêts des puissances ont différées. Depuis 2014 la Libye est confrontée à un conflit opposant trois gouvernements ainsi que plusieurs groupes terroristes. Le gouvernement dit de Tobrouk basé à l'est du pays, est soutenu et peut compter sur la loyauté de l'armée libyenne dont le commandement est dirigé par le célébre général Khalifa Haftar. Ce dernier est le principal opposant des dijahistes. Il est ponctuellement soutenu face aux aux terroristes de l'EIL par les soutiens des frappes aériennes de l'Égypte et des émirats arabes unis, l'Arabie Saoudite, le Kuwait, Israël, et les États-Unis.

 

Le deuxième gouvernement rival du Congrès général national, également connu sous le nom de « gouvernement de Tripoli » basé à l'ouest dans la capitale Tripoli, dominé par les Frères musulmans et soutenu par le Qatar, le soudan et la Turquie d'Erdogan. 

 

Le troisième est le gouvernement d'union nationale du Conseil présidentie présidé par Fayez El-sarraj, à partir de mars 2016 qui était soutenu par la France,  les États-Unis, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni. D'autre part sur le terrain de l'affrontement plusieurs groupes terroristes sont en conflits permanents comme Al-qaïda, Ansar al charia, la branche libyenne de l'État islamique. 

 

 

Il y aussi un autre problème majeur dans ce conflit qui se trouve aussi dans la zone du sud-ouest de la Libye où continuellement des affrontements opposent les tribus Touarègues et Toubous depuis octobre 2011 contre certaines tribus libyennes et populations. Les Toubous, grande tribu vivant sur toute la ceinture sahélienne, à cheval sur la Libye, dans le nord du Tchad et du Niger, sont impliqués depuis février 2015 dans des affrontements meurtriers avec des tribus locales du sud du pays. Ce qui provoque également à mon sens un racisme antinoir , et une confusion entre migrants, mercenaire, terroriste, clan tribal. Car beaucoup de mercenaires d'Afrique Subasahrienne étaient venus apporter leurs soutients militairement au régime de Kadhafi ce qui a accentué cette confusion des genres et nourri le trafic d'esclavage. 4*

 

L'enjeu était au départ de nature tribale, cependant il a pris une autre forme, il s’est politisé. Ce ne sont plus des Toubous et des Touaregs qui le dirigent mais des combattants étrangers, notamment du APLS et du MJE soudanais. Les Toubous sont aussi une menace pour le régime Tchadien du Président Idriss Déby qui fait partie de l'ethnie zaghaoua, et qui craint un renversement de son pouvoir par cette tribu ( Toubou) et le soutien de certaines puissances étrangères. Car le régime de Debby ne contrôle pas le Nord du Tchad, cette grande partie est contrôlée par les Toubous. À cela s'ajoute La tribu des Ferjani et des salafistes quiétistes qui combattent contre les terroristes salafistes de l'État barbare dit (Islamique). Selon Le Monde on apprend par un excellent article de 3* Frédéric Bobin que : « les contradictions internes nourries de rivalités financières ne vont d’ailleurs pas tarder à éclater au grand jour. La montée en puissance du bataillon 48 d’Ahmed Dabbashi qui, après avoir supervisé l’essentiel du trafic de migrants à Sabratha s’est mis à le combattre en application de l’accord secret avec Rome (générateur pour lui de multiples bénéfices) va braquer d’autres milices »

 

 

S'ensuit plusieurs négociations qui n'aboutirons à ps grand chose : le 17 juin, le Conseil de sécurité avait fait une déclaration soulignant l'urgence d'une concertation nationale, en félicitant les multiples initiatives internationales récents allants dans ce sens par la réunion des participants au Dialogue politique libyen, au Maroc, les 8 et 9 juin, à Berlin le 10 juin, le deuxième forum des chefs de tribus de Libye, au Caire du 25 au 28 mai, sixième réunion des pays limitrophes de la Libye, organisé à N'djamena le 5 juin, quatrième réunion ministérielle du groupe de contact sur la Libye, le 12 juin. Enfin le 25 juillet 2017, le jeune président français Emmanuel Macron ayant compris les enjeux en Libye rencontre à Paris al-Sarraj et Haftar dans le but de trouver une solution diplomatique au conflit 5*. Le President de la République reussi a en trouvé un accord, qui vise à établir un cessez-le-feu, en réunissant les deux parties bélligérentes libyennes, avec d'une part le civil Fayez Al-sarraj et le militaire Khalifa Haftar. Cette réunion a permi conjointement d'organiser des élections au printemps. C'est une excellente initiative du Président de la République Emmanuel Macron qui essaye a mon sens, malgré la difficulté, de rattraper les erreurs et les échecs des anciennes politiques diplomatiques de notre pays . Il essaye d 'avoir une nouvelle approche saine et avec bonne intélligence des relations Franco-Africaine. Enfin Il essaye d'établir de mon point de vue,  une nouvelle politique de" young generation" un peu comme Justin trudeau. Cette politique étrangère Macronienne  se facone de jour en jour autour  de l'idée que la  France, doit se maintenir au niveau international et avoir une politique indépendante, et d'être fidèle à ses principes universels

 

Hamid CHRIET

 

Editorialiste, Géopolitologue

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