En cette année 2012 où l’autisme est Grande Cause nationale, je salue tout particulièrement la tenue de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme le 2 avril. L’autisme, qui concerne directement des centaines de milliers de personnes dans notre pays, et au moins autant de familles, représente un drame silencieux majeur selon les termes du Comité Consultatif national d’Ethique, un symbole de l’échec et de la plus coupable inaction des pouvoirs publics pendant tant de décennies. Notre pays, accumulant retard sur retard, s’embourbant dans des pratiques dépassées ainsi que des querelles déplacées, au lieu de permettre l’épanouissement de tant de talents, a brisé d’innombrables vies.

Je tiens donc à redire solennellement mon engagement de longue date pour la pleine inclusion dans la vie citoyenne, dans tous les sens du terme, des personnes avec autisme. Nous devons veiller à ce que la scolarisation et l’insertion professionnelle, à chaque fois dans le milieu le plus ordinaire possible, soient des réalités pour les personnes concernées. A ce que toutes aient le droit à un diagnostic conforme aux normes scientifiques internationalement reconnues, le plus tôt possible dans leur vie, sans frais ni délais d’attente excessifs. A interdire les mauvaises pratiques encore en vigueur, et généraliser les formations à l’autisme pour tous les personnels concernés ou pouvant être concernés par l’autisme, dont notamment ceux de l’Education Nationale, des services chargés de l’emploi, les personnels du secteur de la santé, ainsi que ceux des établissements pour personnes âgées. L’autisme doit avoir la place qui lui revient en particulier dans les cursus de médecine, de psychologie, ceux qui mènent aux métiers de l’enseignement et à ceux du management public et privé ; il doit également être abordé dans les programmes scolaires en général. Le grand public devrai lui aussi être sensibilisé autant que possible à l’autisme. Par ailleurs, le principe du libre choix des solutions par et pour les personnes avec autisme ainsi que les familles est fondamental : respecter la volonté et le projet de chacun devra être l’impératif premier.

A travers la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, je tiens également à saluer les décennies de luttes associatives qui ont été au fondement de tous les progrès réalisés tant bien que mal dans notre pays. Face aux défaillances systématiques des pouvoirs publics, et ce malgré des difficultés et blocages sans nom, l’univers associatif a fait la preuve de sa capacité d’action. Le cas de l’autisme est une illustration supplémentaire du rôle central qu’il nous incombe de donner au monde associatif dans notre modèle démocratique repensé.

Symbole de la volonté d’action de François Hollande, son local de campagne est décoré d’oeuvres d’art créées par des personnes avec autisme. Il a été éclairé en bleu à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Parce que la France ne peut continuer à broyer et exclure les talents qui sont plus que jamais indispensables à son économie, à son idéal républicain, et à l’accomplissement d’un monde plus humain.

 

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Il serait donc temps que le candidat à la présidentielle s'engage fermement pour les méthodes éducatives de l'autisme, et qu'elles soient pratiquées à l'école. Ce qui n'est toujours pas le cas. Cela a l'air d'être votre conviction, M. Bouakkaz, mais j'aimerais que M. Hollande s'exprime clairement sur le sujet.

Il n'est plus aux primaires, il ne peut se contenter de rester vague pour espérer être consensuel et ratisser large. En face de lui, il a un champion de campagne électorale pour un enjeu national et, à moins qu'il n'ait pas envie d'être élu, il faudra qu'il fasse des propositions concrètes et qu'il accepte de se mouiller.