Les trois piliers de la nouvelle mandature

Dès les premiers jours du nouveau gouvernement, les engagements de François Hollande qui pouvaient l’être ont été tenus. Ils nous paraissent même aujourd’hui comme autant d'évidences dans le cadre d'une démocratie moderne : parité entre femmes et hommes au sein du gouvernement, présence de Français issus de la diversité, non-cumul des mandats, modération du train de vie de l’exécutif, transparence dans les affaires troubles du quinquennat précédent. Autant d’acquis historiques dans lesquels nos enfants verront sans doute les premiers fruits de la nouvelle présidence.

Certes, le gouvernement est confronté à une feuille de route complexe et un environnement global tendu. Des moments difficiles à surmonter surviendront inévitablement. Aussi l’exemplarité n’est pas qu’une option, mais un impérieux devoir. Un renforcement incessant de nos standards démocratiques est plus que jamais nécessaire. L’audace doit en être la colonne vertébrale.

La prochaine échéance, celle des élections législatives, pourrait constituer pour nos adversaires une aubaine. Eux qui ont négligé la parité, eux dont le bilan de la lutte contre les inégalités est calamiteux, pourraient s’approprier la vedette médiatique en portant à l’Assemblée Nationale le premier député porteur de handicap. Le domaine précisément où nous n’avons pas su faire preuve d’assez d’initiative et d’action concrète. Une avancée et un symbole pour les millions de nos concitoyens en situation de handicap, et pour tout le peuple de gauche ce qui pourrait bien devenir un cap que nous avons manqué.

A moyen terme la composition du gouvernement, à effectifs constants, pourrait encore davantage être rapprochée des attentes de nos concitoyens. Et bénéficier d’une efficacité nouvelle en faisant tourner les effectifs. Dans bien d’autres pays avancés, on aurait ainsi préféré un Manuel Valls au Ministère des Droits des femmes, et Najat Vallaud-Belkacem à l’Intérieur. Un pôle social plus paritaire, et des ministères régaliens féminisés. Autant de mesures aisées à mettre en œuvre, mais dont la portée irait au-delà d’un simple remaniement.

Et enfin, dès à présent, avant même les élections parlementaires, nous avons un devoir de transparence. Les députés de la nouvelle Assemblée suivront un code de déontologie, qui prévoit entre autres une obligation de déclaration des cadeaux reçus et des activités professionnelles parallèles. Nous devons aller encore plus loin. Un engagement clair doit À mon sens être pris par exemple sur l’usage des fonds dévolus à chaque parlementaire, avec publication des notes de frais, comme c’est le cas chez beaucoup de nos voisins. Des sanctions doivent être prévues en cas de manquement ou de contournement des règles. L’Assemblée Nationale serait ainsi, dès le premier jour suivant son élection, elle aussi porteuse d’un âge nouveau.

L’ambition démocratique qui est la nôtre n’est plus un objectif hors de portée. Il nous est désormais possible de l’atteindre. De même que, face à l'histoire, tout manquement ne saurait plus être que de notre responsabilité.

 

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