Quand la République flambe

L'incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo a, à juste titre, marqué les esprits. Par la digne réaction de tous les républicains, l'acte inadmissible a été condamné en attendant que la justice fasse son oeuvre. Il est à présent de notre devoir non seulement de garder cet événement tragique en mémoire pour qu'il ne se réitère pas, mais surtout de bâtir un ordre politique où ce type d'agissement n'aurait pas sa place.

L'incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo a, à juste titre, marqué les esprits. Par la digne réaction de tous les républicains, l'acte inadmissible a été condamné en attendant que la justice fasse son oeuvre. Il est à présent de notre devoir non seulement de garder cet événement tragique en mémoire pour qu'il ne se réitère pas, mais surtout de bâtir un ordre politique où ce type d'agissement n'aurait pas sa place.

L'incendie du Charlie Hebdo doit être compris non comme un fait divers qui, par sa simple présence, en chasserait d'autres de l'espace matériellement limité d'un journal, mais comme un exemple paradigmatique de ce à quoi peuvent mener la haine et l'ignorance. C'est à ce titre que je me dois de déplorer l'étrange oubli ou silence entourant une succession récente d'incendies. Un impensé qui a fait par exemple que, hier encore, à l'antenne, une aussi éminente journaliste qu'Audrey Pulvar, au fait aussi bien de l'actualité que des atteintes aux droits de minorités, ait pu assurer sans doute en parfaite bonne foi que les incendies tels que celui du Charlie Hebdo avait toujours lieu dans un même sens.

Pourtant, il serait du devoir de la collectivité de dénoncer également l'incendie et la profanation de la mosquée de Villeneuve-sur-Lot, quatrième incendie de mosquée en quinze jours. Le silence des médias que l'on aurait pu espérer sensibilisés aux atteintes violentes aux droits et à la dignité des Français indépendamment de leur confession ne peut continuer. Juger ces incendies moins importants que d'autres ne saurait découler de considérations liées à l'abondance, somme toute relative, d'actualités autres : en effet, c'est par l'ignorance, y compris au sein de nos élites, de faits tels que ceux-ci que notre République est bafouée et que sont oubliées les pistes susceptibles de la rebâtir lors du printemps démocratique de 2012.

 

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