Quand l'Elysée tarde à décider

Ce qui se joue en ce moment est bien cette réalité complexe qui évolue au gré du discours scientifique, avec pour toile de fond, cette certitude, où seule une couverture vaccinale proche de 100% permet d'atteindre l'immunité collective synonyme d'éradication du covid.

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Une certitude qui pose la question fondamentale de la vaccination obligatoire, en se 
rappelant que la variole a été déclarée éradiquée en 1980, grâce à une campagne de 
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) combinant dès 1958 des campagnes de 
vaccination massive, avec par la suite, la mise en œuvre d'une stratégie de surveillance et 
d'endiguement, .
A l'époque, cette « vaccination massive » n'avait pas soulevé les remous que l'on connaît 
aujourd'hui avec la contestation bruyante d'une (très) petite minorité, dont l'audience 
rencontre d'autant plus d'échos, qu'elle se confronte au contexte mouvant d'une réponse 
vaccinale, ou « c’est en marchant que l’on apprend à marcher ». Une démarche avec des 
vérités d'hier qui ne sont pas celles d'aujourd'hui. Une démarche, tributaire des 
découvertes de la science avec ses bonnes et mauvaises nouvelles qui désorientent tant 
le citoyen lambda dans sa quête d'assurance pour lui et ses semblables.
Toutes choses qui font dire qu'il n'est pas de bonne politique qui puisse faire l'impasse 
d'une communication objective, claire et accessible au plus grand nombre. Ce qui dans un
contexte évoluant aux discours de la recherche, oblige le personnel politique à adapter en 
permanence sa communication, avec en prime ses hésitations et parfois ses 
contradictions.
En France, si le discours de l'Elysée peut s'enorgueillir d'un bon taux de la 
vaccination, il s'en trouve pas moins assis entre deux chaises, une situation 
paradoxale qu'illustre l'âne de Buridan, mort de faim faute d'avoir pu choisir entre 
deux tas de foin.
Entre le risque de courir après l'actualité et celui d'imposer une vaccination obligatoire, il y 
a le fait d'asseoir un discours d'autorité acceptable. Ce qui pour Emmanuel Macron, fort du
soutient des personnes vaccinés, l'autoriserait à enjamber l'effervescence du moment 
pour imposer la vaccination pour tous ?
Rien n'est moins sûr, car une majorité de vaccinés ne fait pas une majorité présidentielle. 
Et pour en revenir à Jean Buridan, si dans son œuvre, il n'a jamais fait mention du 
paradoxe portant son nom, il considère néanmoins, que face à deux comportements 
possibles, la volonté peut retarder le choix pour déterminer plus complètement les 
résultats possibles de l’option choisie. 
En imaginant ce moment opportun, encore faudrait-il le concevoir dans la vision d'une 
vaccination obligatoire concernant tous les pays, avec cette nécessité de s'accorder sur 
les mesures à prendre dans le temps où l'immunité collective mondiale ne serait pas 
encore atteinte. Un horizon hors de portée ?

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