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Billet de blog 5 mars 2018

Tentative d'assasinat du candidat présidentiel Gustavo Petro en Colombie.

Lors de son déplacement le 2 mars dernier à la ville de Cúcuta en Colombie, l'ancien maire de la ville de Bogota et actuel candidat à la présidence Gustavo Petro, a été victime d'une tentative d'assassinat.

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Gustavo Petro, candidat à la présidence pour le mouvement Colombia Humana, a été victime d'une tentative d'assassinat le vendredi 2 mars dernier. Les faits ont eu lieu lorsque celui ci s'apprêtait à animer son meeting de campagne à la Plaza Santander, dans la ville de Cúcuta (Colombie). Dans une vidéo enregistrée au moment des faits, on constate que plusieurs tirs ont atteint le véhicule du candidat.

Gustavo Petro déplore que le rapport d’enquête menée par la Fiscalia General de la Nación n'ait pas encore été publié. Celui-ci permettrait d'établir l'utilisation ou non d'armes à feu; plusieurs témoins présents au meeting ainsi que des membres de l'équipe de campagne du candidat attestent que des coups de feu auraient été tirés étant donné la nature des impacts sur le blindage du véhicule. 

© juancaelbroky

À cela s’ajoute la modification du dispositif de sécurité du candidat, après la désinstallation de l’équipement du meeting par la police, sous l’ordre du Maire de Cúcuta. Cette décision s'appuie sur le décret municipal édicté par le Maire, Cesar Rojas Ayala, interdisant les manifestations publiques entre le 19 Février et le 12 Mars. 

Le candidat dénonce non seulement une tentative d'assassinat mais également un acte de sabotage planifié de sa campagne. Lors de ses déclarations à la presse, le Ministre de l’Intérieur colombien M. Guillermo Rivera a affirmé qu'il existe « le plan national de garanties électorales » ainsi que les articles 20, 37 et 40 de la constitution politique colombienne, qui obligent le Maire de la ville de Cúcuta à garantir le bon déroulement des actes de campagne, mais également à prendre les dispositions nécessaires pour veiller à la sécurité de tout candidat aux élections. Il avait préalablement publié une circulaire destinée aux autorités municipales, où il exhortait les maires du pays à garantir le bon déroulement de la campagne. 

Il faut souligner le fait que M. Cesar Rojas Ayala, actuel maire de Cúcuta, a occupé plusieurs postes administratifs municipaux pendant la mandature de l’ancien maire de la ville, M. Ramiro Suárez Corzo. Ce dernier est d'ailleurs toujours en prison, condamné à 27 ans pour homicide en lien avec des groupes paramilitaires. M. Cesar Rojas Ayala a également utilisé l’image du suspect paramilitaire Suarez Corzo lors de sa campagne à la Mairie. Cette attaque a lieu à une semaine des élections législatives en Colombie et à moins de trois mois des élections présidentielles qui auront lieu le 27 mai, et qui placent le candidat Petro en tête de plusieurs sondages depuis le début de l’année 2018. 

La candidature à la présidence de Gustavo Petro a été validée le 16 janvier 2018 par les services de Registre National grâce à plus de 550.200 signatures citoyennes. Gustavo Petro est un économiste de l’université Externado de Colombie, spécialiste du développement, de la démographie et de l'environnement au sein de l’université de Louvain. Rédacteur et signataire de la constitution colombienne de 1991, il a été élu comme meilleur parlementaire durant le mandat de 2002 à 2006 après avoir dénoncé les liens des forces paramilitaires de extrême droite avec le gouvernement de Alvaro Uribe Velez.

Le programme présidentiel de Gustavo Petro se base, entre autres, sur la création d’un système d’éducation gratuite, sur le remplacement d'un modèle extractiviste par la mise en place de systèmes de production agricoles basés sur les énergies durables à l’échelle nationale, ainsi que sur la défense des accords de paix entre le gouvernement actuel et la guérilla des FARC. 

Cette tentative d’assassinat rappelle naturellement la période de la fin des années 80 durant laquelle plusieurs candidats à la présidence de gauche ont été assassinés lors de leurs meetings de campagne. Ces faits corroborent le rapport de la Defensoria del Pueblo dans lequel on constate qu’entre janvier 2016 et février 2018 il y a eu 282 leaders sociaux assassinés majoritairement par des groupes paramilitaires.

Vidéo complète 

© gustavobolivar

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