Documentaire – Sucre : comment l’industrie vous rend accros

 

Si vous appreniez que le sucre est autant voire plus addictif que la cocaïne, le croiriez-vous ? C’est en tout cas ce que confirment les dernières études scientifiques.

Si ce documentaire nous apprend que ce que nous croyons être l’attachement au plaisir et au bon goût est en fait une addiction créée et provoquée, si nous sommes prêt à considérer une grande partie de nos habitudes alimentaires comme une addiction, alors nous acceptons peut-être d’avouer que nous sommes dépendants et qu’il ne tient qu’à nous de retrouver notre liberté, même si cela demande des efforts souvent importants.

Dans cet épisode de l’émission Cash Investigation sur France 2, vous découvrirez l’influence et le lien étroit entre le lobby du sucre et les services publics qui imposent plus ou moins directement à tous les membres de la famille des normes alimentaires malsaines :

      • Le programme VIF (Vivons en Forme), ancien EPODE (Ensemble Prévenons l’Obésité des Enfants), est financé à hauteur de 75% par des pointures de l’industrie agro-alimentaire connus pour leurs produits très sucrés : Nestlé, Kellog’s, Ferrero (Nutella est composé à 56% de sucre et à environ 17% d’huile de palme) et Orangina/Shweppes, tous partenaires.
      • Le CEDUS (Centre d’Etude et de Documentation sur le Sucre) regroupe toute l’industrie, sucrière des producteurs de betteraves et de canne à sucre aux raffineries. C’est un acteur majeur de « La semaine du goût » qui depuis 20 ans, permet au lobby du sucre d’entrer physiquement dans toutes les écoles françaises, pour apprendre aux enfants le plaisir du goût.
      • L’EFSA (l’Agence de Sécurité Alimentaire Européenne) communique officiellement auprès du grand public depuis 2010 qu’il n’y a pas de lien avéré entre la consommation de sucre et l’obésité, le cancer, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Il s’agit de la première autorité sanitaire du continent européen qui contrôle tout ce qui arrive dans nos assiettes. Malheureusement, au même titre que le méconnu et pourtant incontournable Codex Alimentarius (programme commun de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)), ce sont les lobbies industriels qui tirent les ficelles des normes officielles que nous entendons partout, de l’école au supermarché en passant bien entendu par la publicité et les médias d’information. Parmi ces industriels : Danone, Nestlé, Coca-Cola, Ferrero, Kellog’s, Kraft Food (environ 50 marques), Unilever (environ 40 marques).
      • Le CREDOC (Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie) est à l’origine des messages comme celui-ci apparut en 2008 et dont vous vous souvenez peut-être : « Les français ne boivent pas assez« . Comme le CEDUS ou l’EFSA, ce centre publie des études expliquant par exemple que les boissons sucrées n’ont pas d’impact sur l’obésité. Une étude commanditée entre autre par Coca-cola… Pascale Hebel, la Directrice du Département Consommation du CREDOC, ne cache pas que 90% des études qu’elle réalise sont financées par les industriels concernés par le sujet.
      • En 2010, un projet de réforme de l’étiquetage des aliments a fait l’objet d’une bataille sans précédent au parlement européen. « De mémoire d’euro-députée, la plus grande opération de lobbying jamais menée ici« , commente le journaliste. La bataille a été gagnée par les lobbies de l’industrie agro-alimentaire, menée par le Syndicat Européen de l’Agro-alimentaire qui regroupe toutes les grandes marques du secteur. Elles ont ainsi pu défendre et imposer leur propre système d’étiquetage que l’on retrouve encore aujourd’hui (avec les % en apport journalier). Discret et évitant une exposition explicite et préjudiciable, ce système vaut bien les 1 000 000 000 € dépensés par l’industrie pour sa conception.

 

Les 8 multinationales de l’agro-alimentaire et de la cosmétique et leurs marques 

Ce documentaire témoigne une fois de plus qu’il est temps de s’affranchir des discours officiels et de reprendre son alimentation et sa santé en main, en faisant le deuil de décennies de mensonges et de manipulations sanitaires, menés par des industriels qui, rappelons-le, n’ont pas pour objectif de prendre soin de votre santé, mais de vous faire acheter leurs produits, notamment à travers le développement de l’addiction.

Il peut sembler banal de rappeler ici que l’objectif d’une marque est de se vendre toujours plus, coûte que coûte, que l’objectif des entreprises et des multinationales est de gagner toujours plus d’argent pour croître et augmenter indéfiniment les marges. Mais ceci est tellement un « bon sens » imprégné dans nos schémas de pensée depuis l’école qu’il est difficile pour beaucoup de réaliser qu’il y a là un grave problème. Que cela mène l’ensemble de notre modèle de société à se soumettre uniquement aux lois de l’argent, à l’asservissement, à l’inconscience de nos actes citoyens, à l’incohérence de nos choix de consommation. Serions-nous prêt à continuer à acheter toujours plus de produits aussi malsains et néfastes soient-ils simplement pour éviter qu’une économie s’écroule, qu’une multinationale mette la clé sous la porte et licencie des milliers de personnes ? Et si vous-même travailliez pour une de ces marques de l’industrie agro-alimentaire et que vous preniez conscience de la réalité des produits pour lesquels vous donnez votre énergie 8 heures par jour, que vous preniez conscience du sens réel de votre activité, seriez-vous prêt à rendre le tablier, vous sentiriez-vous libre d’agir et de partir ou seriez-vous prisonnier de votre condition salariale ?

Krishnamurti disait très justement : « Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société malade« . Nous sommes tous libres de ne plus donner à l’argent le pouvoir qu’il exerce sur nos vies. Tout comme nous sommes libres de ne plus donner au sucre le pouvoir qu’il exerce sur nos habitudes alimentaires. Puissions-nous chacun trouver le courage de nous ouvrir à l’inconnu et nous libérer de la peur du manque.

Là:

https://m.youtube.com/watch?v=zIgVj_aJ8RU

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.