Changer de vie.

Trois mots donne la fièvre. Trois mots vous clouent au lit: changer de vie.

Une vie neuve, c'est ce que l'on voudrait mais la volonté, faisant partie de la vie ancienne, n'a aucune force. On est comme ces enfants qui tendent une bille dans leurs mains gauches et ne lâche prise qu'en s'étant assuré d'une monnaie d'échange dans leur main droite: on voudrait bien d'une vie nouvelle mais sans perdre la vie ancienne. Ne pas connaître l'instant du passage, le moment de la mains vide.

Mais bon, on résiste. Tout le monde retient: la mère, les amis, les jeunes dames, les jeunes hommes...On aime plus guère cette vie-là, mais au moins on sait de quoi elle est faite. Si on la quitte,  il y aura un temps où on ne saura plus rien. Et c'est ce rien qui nous effraie. Et c'est ce rien qui vous fait hésiter, tâtonné, bégayé – et finalement revenir aux voies anciennes.

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