Culture, vous avez dit culture ?

Le budget de la Culture déjà insuffisant l'est encore plus par l'injustice de sa distribution. Il est le marqueur de la vision que notre état à la décentralisation défaillante à de la province. La seule région Ile-de-France à engloutie l'année dernière les 2/3 du budget dans la plus grandes indifférence.

Avec novembre arrive, comme tous les ans non seulement les afficionados de Noël mais aussi les PLF, les biens moins festifs projet de Loi de financement. Tous les ans les députés s'écharpent sur les budgets et tous les ans, mais pendant que certains points de ces budgets seront au centre des débats, d'autres, comme d'habitude, passeront sous le radar, laissant le gouvernement saboter encore une fois les budgets de ce qui ne semble pas, aux yeux du débat public, comme de première nécessité.Et pourtant, en cette année où l'on a assisté à la disparition dans les flammes d'une partie de Notre-Dame et à la débauche de dons qui en ont suivi, en cette année où, encore une fois, ont nous à affirmer que ce qui faisait la France c'est sa culture, pilier de la république que les migrants voudraient abattre, le budget de la culture semble encore une fois, passer aux oubliettes des débats.Bien sur, comme tous les ans, le budget de la culture présentera les mêmes tares et toutes mériteraient d'être sévèrement décortiqué mais plus encore que la part belle fait à l'audiovisuelle et au cinéma par rapport à la conservation du patrimoine ou à celui-ci, dérisoire de la recherche c'est la répartition de cette enveloppe parmi les citoyens qui devrait faire débat.

Le budget de la Culture déjà insuffisant l'est encore plus par l'injustice de sa distribution. Il est le marqueur de la vision que notre état à la décentralisation défaillante à de la province. La rapporteure au Sénat du PLF Culture il y a un an livrait une conclusion limpide. La seule région Ile-de-France engloutissait les deux tiers du budget de la culture avec près de 100€ de budget par habitants, ne laissant aux autres régions que les subsides, en moyenne 15€ par habitants, métropoles inclusent. Paris, bien sur, était la ville la mieux dotée de France, au prétexte que les musées y sont plus nombreux, l'offre en spectacle vivant plus fournie et la majeure partie du secteur audiovisuel et des associations culturelles d'envergure nationale y sont installés. Tout cela est vrai. Paris possède une offre muséale conséquente qui fait la réputation de la France à l'international et ses salles de spectacles sont nombreuses et accueil régulièrement d'importantes têtes d'affiche. Pourtant, partir de ce constat pour attribuer la majeure partie des crédits à la seule ville de Paris est un non-sens. Partir de l'idée que puisque la majeure partie des spectacles vivants se déroule à Paris alors le budget doit y être dépensé reviens à se satisfaire du statu quo. Là où les budgets devraient servir, dans la logique de la politique de déconcentration voulue par les gouvernements successifs, au développement de l'offre culturel dans d'autres régions, au soutien aux initiatives local permettant de développer un maillage culturel à travers le territoire et non pas dans les seules métropoles, ceux-ci ne servent en réalité qu'à soutenir l'offre déjà existante et centralisée à l'extrême.

Si la part du budget allouée aux musées est dépensée dans sa majorité à Paris c'est, nous dit-on, pour aider au rayonnement de la France à l'étranger. C'est un soutien accru aux musées phares par le délaissement des institutions plus modeste. C'est donner la priorité aux bâtiments emblématiques et obliger les autres à se financée par un archaïque "loto du patrimoine". C'est au final se contenter là encore d'un statu quo et dire qu'il y a en France, une culture de première classe, digne d'être montrée à la clientèle étrangère et une culture de seconde classe qui devra se contenter des miettes. C'est aussi refuser de développer la France comme une destination touristique dans son ensemble et ne mettre l'emphase que sur quelques lieux, quelques villes en occultant tout le reste. C'est ainsi que Paris est, année après année, parmi les 3 villes les plus visités au monde alors que parmi les autres villes françaises, sans compter les campagnes, grandes oubliées de la culture, seul Nice se place à la 92e place du top 100 en 2018.

Alors que l'on fête les uns ans des gilets jaunes il serait de bon ton de se rappeler que la contestation prend son origine dans la constatation pour ces Français, d'être des citoyens de seconde zone. On leur dit de se passer de la voiture sans leur offrir les transports en commun qui rendraient cette transition possible tout comme on raille sur les plateaux parisiens leur non-culture en ne donnant pas aux campagnes des budgets à la hauteur de leurs ambitions.

Fort heureusement le gouvernement, grand prince, à annoncé accroitre le financement en dehors de Paris de deux points cette année feignant de ne pas comprendre que c'est tout le système qui ne fonctionne pas. Alors qu'ils arguent d'une déconcentration des crédits en faveur des communautés territoriales, ils ignorent sciemment qu'une partie de ces crédits ne sont en réalité jamais distribués de par le système kafkaïen mis en place au cours des années. Les gels et les dégels successifs des crédits tout au long de l'année, outre de créer des situations parfois intenables administrativement pour les DRAC (Direction Régionale des affaires Culturelles), ne permettent pas à ces institutions de pouvoir allouer l'entièreté de leur budget tous les ans puisque certains dégel ne se produise qu'en fin d'année, il faut alors rapidement étudier toutes les demandes de subventions encore en cours pour trouver où allouer les fonds dégelés. Ainsi en 2017, 0,4% des budgets, sois 250 000€ n'ont pas pu être alloués car ils n'ont jamais été dégelés par le gouvernement. Encore une fois, au lieu de repenser entièrement un système qui ne fait qu'accroitre les inégalités entre les populations des métropoles, et de la capitale en particulier, les gouvernements successifs se contentent de poser des sparadraps sur une plaie béante. Et nous, nous regardons ailleurs, peu désireux d'entendre les cris d'alertes des professionnels de la culture car, après tout, cela n'est que du divertissement non?

 

Sources :

https://www.culture.gouv.fr/Nous-connaitre/Decouvrir-le-ministere/Budget/Projet-de-loi-de-finances-2020

 

https://www.culture.gouv.fr/Nous-connaitre/Decouvrir-le-ministere/Budget/Projet-de-loi-de-finances-2019

 

https://www.culture.gouv.fr/Espace-documentation/Rapports/Analyse-des-interventions-financieres-et-des-politiques-culturelles-en-region-Phase-1

 

http://www.senat.fr/rap/a18-151-22/a18-151-22_mono.html#toc51

 

http://go.euromonitor.com/rs/805-KOK-719/images/wpTop100CitiesEN_Final.pdf?mkt_tok=eyJpIjoiWm1JeE9XRXpObUU0TVdWbSIsInQiOiJqTmtxWHdJbGk2aHZEZUl3bFdsN3gzT0UzbFNrZnh3U1dsMlJFdTczN3lTNnJTbmxUT3F2TnR4M2sxS3o1VkRZdnVLNVgxRHFPV29pYkJTelZZSU11U2htenEraU9WNDd1TVk4MzNndk9SOWhRZ1lOK0xyRlRZM3BZcVNRVXdZbiJ9

 

https://newsroom.mastercard.com/wp-content/uploads/2019/09/GDCI-Global-Report-FINAL-1.pdf

 

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