Ayant adopté un charmant matou début janvier, forcément, je me suis posée des questions sur son alimentation. Voulant faire les choses au mieux pour ce petit animal dépendant entièrement de moi, je me suis dit qu'il est de ma responsabilité d'en prendre soin et de lui donner une nourriture de qualité.
Au départ, je me suis tournée vers une nourriture à base de viande crue (rouge et blanche) le jour et des croquettes la nuit.
Moins de 2 mois plus tard, des problèmes de santé sont apparus, notamment des soucis d'ordre urinaire (cystite avec même 1 goutte de sang). Cela m'a bouleversée de voir mon matou être mal en point. J'étais très inquiète. Mais ces soucis survenus brusquement ont été salvateurs …
Il a fallu que je me remette en question. Ayant parlé de ces soucis avec mon entourage (nous sommes très "chat" à la maison), j'ai arrêté la viande crue (trop risqué d'un point de vue bactériologique - même si je prenais moult précautions d'hygiène) et les aliments du genre jambon et thon en boîte de l'alimentation humaine (car salés).
La cystite a disparu. Mais 3 jours plus tard, réapparition des mêmes symptômes. Alors, là c'était trop, il fallait que je comprenne ce qui se passait. Alors j'ai cherché des informations. Cela m'a pris plusieurs heures. Et ce que j'ai trouvé est édifiant. Le problème, c'est les croquettes ! D'ailleurs, pas de hasard dans la santé : si les problèmes de cystite apparaissaient chez mon matou le matin, c'est parce qu'il mangeait des croquettes la nuit ... Aujourd'hui, les cystites ont totalement disparu, les croquettes aussi d'ailleurs !
Voici les informations que j'ai trouvées. Les croquettes sont un véritable POISON pour les chats pour 3 raisons :
- Le problème principal est que leur contenu en eau est trop faible (moins de 10%)
Le chat a besoin d’eau avec sa nourriture. Les croquettes sont contraires à la physiologie du chat. Quand il mange une proie, celle-ci est constituée à 70% d’eau. Mais, direz-vous, « je lui laisse un bol d’eau à côté de ses croquettes ! ». Certes, mais le chat n’a pas une propension naturelle à boire ! Un chat qui consomme de la nourriture en boîtes (qui contiennent elles aussi environ 70% d’eau) + de l’eau dans son bol, absorbera toujours plus d’eau qu’un chat qui mange des croquettes + de l’eau dans son bol. J’ai pu le constater avec mon matou : depuis qu’il ne mange plus que de la nourriture en boîtes, son volume d’urine a doublé. Brave matou !
Pas étonnant que le nombre de problèmes d’infection des voies urinaires et des reins (chats devenus insuffisants rénaux) explose chez les chats … Avec le diabète … Et l’obésité … Et l’asthme … Et les allergies alimentaires … Et on prétendra que la nourriture qu’on leur donne est bonne pour leur santé ?!?!
L’eau contenue dans la nourriture en boîte joue le rôle de « rincer » la vessie du chat. Evidemment, matou fera plus pipi. Il faudra donc renouveler plus fréquemment sa litière. D’ailleurs, les vétérinaires préconisent de plus en plus la litière agglomérante, seule litière véritablement hygiénique car la totalité des excréments peut être enlevée. Au contraire, dans une litière non agglomérante, il restera toujours des grains souillés (Nb : les litières minérales sont nocives aussi car elles dégagent une fine poussière. Pas étonnant que les chats aient des soucis d’ordre pulmonaire, des coryzas à répétition, des yeux avec des crottes, etc … J'ai testé merci bien). Donc le mieux c’est une litière végétale agglomérante. D’ailleurs, au final, elle revient moins chère ! Là aussi j’ai testé. Et le matou adore l’odeur du bois. Quel veinard !
- Ensuite le contenu en hydrates de carbone est trop élevé
N’en déplaise à certains vétos, le chat est un carnivore strict. Autrement dit, il se nourrit exclusivement de viande. A l’état naturel, un chat, quand il consomme une proie, absorbe tout ce qu’il faut pour son équilibre et sa santé : protéines (surtout), un peu de matière grasse (si la petite souris est un peu grassouillette !), du calcium (dans les os – qui lui nettoient d’ailleurs aussi les dents), des vitamines et des minéraux dans les abats et l’eau de la proie. N’oublions pas la taurine, un acide aminé très important pour le chat (uniquement présente dans la viande crue). Et, de temps en temps, quelques brins d’herbe pour les fibres et la purge. Pas d’hydrates de carbone (ou si peu … moins de 5% d’une proie). Alors que les croquettes en sont bourrées jusqu’à plus de 50% …
Bref, un menu complet ! Dame Nature a pensé à tout … alors, pourquoi le bipède est-il si arrogant pour dévier autant de la Nature ? Ah oui, c’est vrai : le pognon (dans un prochain article je reviendrai sur la question de collusion financière entre les écoles vétérinaires, les vétos et les producteurs de croquettes).
- Enfin, le type de protéines utilisées
Trop de protéines végétales (- moins chères pour les industriels !) - et pas assez de protéines animales (cela diminuerait les marges des producteurs de croquettes, ou ils seraient obligés d'augmenter les prix, donc de perdre des clients) est nocif pour le régime carné des chats. Regardez bien la composition des croquettes sur les étiquettes. Vous y verrez quantité d’ingrédients qui n’ont rien à faire là, sauf pour le chiffre d’affaires des producteurs de croquettes … Par exemple : soja et maïs (transgéniques en plus … voir ce que cela a donné sur des rats dans l’étude Séralini sur les OGM), blé, riz, … N’oublions pas que hydrates de carbone = sucre (même s’il s’agit de sucres lents). Et après on s’étonne de la multiplication du diabète et de l’obésité chez les chats ?!?! De qui se moque-t-on ? Pas du porte-monnaie du client chez un vétérinaire. La vente de croquettes « gamme vétérinaire » (l’étiquette « fait bien » et donne bonne conscience au client), (à 22 euros le paquet de 1.5 kg) est un complément de revenus très intéressant pour un cabinet. Les gammes croquettes « pour chaton », « pour chat stérilisé », pour « chat sénior », sont des gadgets commerciaux pour segmenter un marché et sont des produits d'appel (là c'est l'ex-étudiante en école de commerce qui parle). Juste des étiquettes pour attirer le client naïf en mal de bonne conscience …
Les céréales sont bon marché. La nourriture sèche est pratique. Les prix abordables et l’aspect pratique font vendre …
Ajoutons à cela que, pour fabriquer des croquettes, les industriels doivent chauffer les céréales jusqu’à 200°C. Vous je ne sais pas, personnellement, je n’ai encore jamais vu un chat se faire un barbecue avec des épis de maïs ?!?!
Alors, plutôt que de dire "mon chat se porte très bien avec des croquettes" et voir les dégâts plusieurs années après (des maladies « couvent » plusieurs années avant d’apparaître) ... Il sera alors trop tard ! N’oublions pas que, pour tout être vivant, les bases d’une bonne santé, c’est d’abord la qualité de la nourriture et de l’eau. Pour mémoire, qu’est-il arrivé aux ruminants (herbivores) qui avaient été nourris avec des farines animales ? Cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Ou avons-nous déjà oublié ?
Juste une dernière anecdote : un vétérinaire auquel je me suis adressée par mail pour avoir des informations sur le régime alimentaire du chat m’a répondu (texto) : « l’aspect nutritif de l’animal n’est pas l’aspect auquel je m’intéresse le plus dans le cadre de l’exercice de ma profession de vétérinaire ». Hallucinant ! C’est sûr, son intéressement est ailleurs ! Il est certain que je ne lui confierai pas les fesses de mon matou ! Dehors à coups de balai !
Quant à Royal Canin - que j’ai contacté pour avoir le taux d’hydrates de carbone dans leurs croquettes – le service commercial m'a répondu poliment mais sans me donner la réponse à ma question. Habile ! Mais il ne faudrait pas me prendre pour une débile non plus ! En attendant, ils sponsorisent des émissions télé et la SPA ...
Alors que donner à manger à son chat ?
A moins de faire un élevage de souris et de moineaux dans votre appartement (ce qui vous promet des nuits agitées), voici ce que je préconise à la lecture des études et enquêtes que j’ai parcourues :
Nourriture en boîtes (terrines, bouchées, viande brute – là c’est le top). Evidemment, il y a tous les prix. Celles qui contiennent plus de viande seront plus chères. Mais, au final, le prix que vous y mettrez sera l’argent que vous ne dépenserez plus en vain chez le véto (à coup d'antibiotiques, de moults examens, d'opérations ...). Et chez une complémentaire santé pour animaux de compagnie (de 5 à 10 € par mois, c’est un business très développé, tout le monde s’y sert !)
De temps en temps de la viande cuite ou du poisson cuit – sans griller - (pas trop de poisson, la viande doit rester largement prépondérante).
Eau de source faiblement minéralisée. Pour leur qualité, référez-vous à l’étude de 60 Millions de Consommateurs.
Et, comme ce menu restera toujours déséquilibré par rapport à ce qu'un chat trouverait dans la nature : ajoutez aux repas un complément alimentaire (vitamines, minéraux, calcium) et de la taurine. J’en ai trouvé sur des sites internet spécifiquement pour chat. Les 2 compléments, j’en ai eu pour 40 €. Mais les 2 pots vont me faire plus de 1 an … J’en donne à chaque ration de la journée (6 à 7 rations quotidiennes). L’équivalent d’une pointe de couteau (sinon matou sent et boude son repas) que je cache sous son aliment. Un peu de flocons de levure de bière avec sa portion – 2 fois par jour - (matou aura un poil plus beau pour aller draguer minette) et 1 jour sur 2, un peu d’herbe à chat.
Aux dernières nouvelles, matou va bien. Il pète la forme. Il me prend même pour une gazelle à attaquer …
Mais là que voulez-vous, je n’y peux rien, c’est inscrit dans ses gênes de félin …
Références :
- "Nourrir votre chat : connaître les bases de la nutrition féline" de Lisa A. Pierson, DVM, sur www.catinfo.org
- "Ce poison nommé croquettes" de Jérémy Anso, sur www.dur-a-avaler.com