L'étude de Gilles-Eric Séralini (sur la toxicité du Roundup et des OGM) republiée

"Deux ans après sa première publication (ensuite censurée), l'étude du Professeur Séralini est republiée, en accès libre, avec ses données brutes" - dans la revue Environmental Sciences Europe (groupe Springer) -, annonce le Criigen (comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique).

Rappelons que cette étude avait été publiée en 2012, dans la revue Food and Chemical Toxicology, qui l'avait ensuite retirée, remettant en cause la méthodologie. Le Professeur Séralini avait dénoncé la concomittance entre ce retrait et l'arrivée, dans le comité éditorial de la revue, de Richard Goodman, un biologiste qui a travaillé plusieurs années ... chez Monsanto.

Enrichi de nouvelles analyses statistiques, le nouvel article s'appuie sur les mêmes données que la publication de 2012. Celle-ci avait démontré les effets toxiques du Roundup (graves perturbations hépatiques et rénales, sur les hormones sexuelles, apparition de tumeurs mammaires). Gilles-Eric Séralini a insisté sur le fait que "les travaux ne sont pas une étude de cancérogénèse, mais de toxicité chronique". Il ajoute que le type et le nombre de rats utilisés pour l'étude - l'une des critiques centrales mises en avant par les détracteurs - est conforme aux études de toxicologie conduites dans le monde entier, et notamment par les industriels.

"Nous livrons aujourd'hui nos données brutes, nous aimerions qu'il en soit de même pour les industriels comme Monsanto. L'opacité sur les données des industriels est aujourd'hui complètement anormale, c'est une anomalie scientifique", souligne-t-il.

Les conclusions de l'étude du Professeur Séralini sur les effets sur les rats du maïs NK603 et de l'herbicide Roundup fabriqués par Monsanto avaient nourri un débat sur les lacunes des connaissances sur la toxicité à long terme des persticides et des OGM résistant à ces pesticides. L'Union Européenne a lancé des appels d'offre pour la réalisation d'études sur les effets à long terme de la consommation d'OGM (études quasi inexistantes à ce jour). Toutefois l'équipe du Professeur Séralini critique les protocoles retenues pour ces types d'études, protocoles qui se concentrent sur la cancérogénicité et non sur la toxicité générale à long terme.

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