La Révolution française de 1789, une révolution confisquée

 © Florence Gauthier (éditions Syllepse) © Florence Gauthier (éditions Syllepse)
 Dans cet ouvrage, l'historienne Florence Gauthier aborde le côté obscur de la Révolution française, ce côté que l'école et l'université "républicaines" ont soigneusement caché pendant plus de 2 siècles. Elle démontre que ce qui fut dit, écrit, décidé et mis en place n'est qu'une parade de la bourgeoisie (foncière et financière) de cette époque. L'histoire réelle de la Révolution française est celle d'un vol et d'une trahison organisés par les puissances d'argent.

En outre, la Révolution française fut vidée de son sens, ajoute l'auteure. A commencer par son sens juridique. Le droit naturel qui pose la dignité humaine comme naturelle (c'est-à-dire antérieure à la société "tous les hommes naissent libres et égaux en droits") a été rejetée au profit d'un droit positif qui ne reconnaît que les droits de l'homme en société, c'est-à-dire soumis à la hiérarchie en place. L'assemblée constituante qui avait voté la Déclaration des Droits de l'Homme le 26 août 1789 revint peu à peu sur ses principes pour produire la Constitution de 1791 qui établissait une aristocratie des riches, mâles et blancs.

Pendant toute la Révolution, la bourgeoisie d'affaires n'a eu d'autre but que d'accroître et pérenniser son pouvoir libéral (privilèges accordés aux banquiers et aux propriétaires) et d'installer une tyrannie marchande : libéralisation du commerce des grains (ce qui a causé des famines), attroupements interdits, loi martiale et peine de mort pour sécuriser les dépôts des grains, refus d'instaurer la moindre mesure d'assistance ou même de subsistance publique. Le 18 mars 1793 est même votée une loi pour punir de mort quiconque s'en prend à la spéculation et à la propriété privée, ou celui qui propose une réforme agraire.

Faire mourir des gens de faim (et au besoin mater la rébellion des affamés par la force armée), telle aura été l'oeuvre de cette mafia "en dentelles" qui osa se draper de la bonne conscience de la République et des Droits de l'Homme et qui, non seulement a asservi le peuple français, mais aussi a maintenu et répandu l'esclavage dans les colonies (Bonaparte, porté au pouvoir par les banquiers, a rétabli l'esclavage en 1802).

"On ne peut mieux exprimer dans toute son étroitesse d'esprit et son cynisme, le matérialisme des possédants et la division en classes de la nouvelle société, construite contre les droits naturels", résume Florence Gauthier. La loi de la jungle érigée en norme sociale! Et rien n'a changé depuis.

Une seule certitude : la Révolution française reste à faire.

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