AESH: rentrée 2020, l’invisibilité perdure…

Chaque année, les AESH rencontrent les mêmes situations, les mêmes galères... Invisible, ce personnel reste oublié, parfois sans intention, mais parce que l'Éducation nationale ne l'inclut pas en son sein. Alors, pour une fois, remercions celles et ceux qui les soutiennent...

invisibilite
Comme en mai, des AESH (Accompagnant·es d’Élèves en Situation de Handicap) de nombre d’académies se retrouvent sans masques, priorité aux enseignant·es leur dit-on…

Comme chaque rentrée, des AESH sont parachuté·es dans des établissements qui ne leur conviennent pas, loin de leur domicile et retiré·es aux élèves qu'ils ou elles accompagnaient l’année précédente.

Comme chaque rentrée, des AESH voient leur temps de travail et donc leur salaire diminuer.

Comme chaque rentrée, des AESH sont méprisé·es par leur hiérarchie ou leurs collègues.

Comme chaque rentrée, des AESH n’en peuvent plus et envisagent de démissionner...

Comme toujours, les salaires n’augmentent pas, le temps de travail non plus.

Comme toujours, le ministère promet et les AESH survivent…

 

Alors, une fois n’est pas coutume, je voudrais remercier celles et ceux qui, simplement, modestement ou sans s'en rendre compte ont témoigné d’un geste d’humanité envers nous, AESH.

Merci aux inspections académiques, chef·fes d’établissements et directeurs, directrices d’écoles qui nous ont compté·es, nous AESH, dans la commande des masques.

Merci aussi aux mêmes qui ont pensé aux personnes vulnérables, qui ont accordé des autorisations d’absence, des masques élaborés et du télétravail sans nous compliquer l’existence.

Merci à toi, l’enseignant·e, qui nous a dit bonjour sans nous connaître, nous, AESH.

Merci à toi, l’enseignant·e, qui n’a pas détourné le regard en nous croisant dans le couloir.

Merci à toi, l’enseignant·e, qui nous a accueilli·es dans la salle des profs,

Merci à toi, l’enseignant·e, qui apprécie de travailler avec nous et qui ne nous utilise pas comme bonne à tout faire voire comme souffre-douleur.

Merci à toi l’enseignant·e, qui discute avec nous et qui prend réellement en compte notre avis et nos compétences.

Merci à toi, personnel administratif, qui t’es décarcassé·e pour nous donner le document que l’on demandait, toi qui t’es pressé·e, toi qui a jugé bon d’en faire une priorité.

Merci à toi, personnel administratif, qui a essayé de nous donner une bonne affectation tout en respectant nos vœux et un nombre d’heures de travail le plus décent possible.

Merci à vous, chef·fes d’établissement et directeurs, directrices, qui prenez soin de nous en nous écoutant et en nous accordant des emplois du temps en accord avec nos souhaits.

Merci à vous aussi de ne pas nous utiliser pour le travail administratif, le ménage, la surveillance des récréations,..., bref, à des missions qui ne sont pas les nôtres.

Merci à vous aussi de respecter la réglementation et de pas nous exploiter davantage...

Merci à toi, la personne rencontrée dans le cadre du travail qui nous a sourit, nous AESH.

Merci à toi, qui nous a dit bonjour,

Merci à toi, qui nous a parlé,

Merci à toi qui nous a demandé si on avait passé de bonnes vacances,

Merci à toi qui ne t’es pas détourné·e lorsque la réponse ne fut pas positive,

Merci à toi qui nous a interrogé·es sur  notre parcours,

Merci à toi qui nous a demandé si nous allions bien,

Merci à toi qui t’es intéressé·e à nous,

Merci à toi qui nous a soutenu·es,

Merci à toi qui nous a défendu·es,

Merci à toi qui nous a payé un coup à boire,

Merci à toi qui nous as inclus·es dans une conversation…

Si vous saviez le bien que vous nous avez fait, par ces petits rien, à nous, AESH, invisibles, personnels précaires exploités par l’Éducation nationale…

Si vous saviez…

Alors encore merci pour cette humanité !

 

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