Mobilisation AESH 15 Mai au Sénat Prise de parole

Mobilisation AESH 15 Mai au Sénat Prise de parole d'Hélène Elouard pour Collectif AESH National CGT Educ'Action La proposition de loi de Blanquer sur l'école inclusive est une vraie régression ! Toujours pas de formation, la mise en place des PIALs qui va contraindre les AESH à être corvéables à merci et les élèves à n'avoir plus de soutien professionnel et approfondi...

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Bonjour à toutes et à tous,

Je représente la CGT Educ’Action et son Collectif AESH National.

 

La loi du 11 février 2005 a vu l’entrée des Accompagnant·es d’Elèves en Situation de Handicap (AESH), nommé·es alors AVS, dans l’Education Nationale.

2005, pour toute personne, c’est hier.

2005, pour nous, AESH, c’est de le début de l’enfer, c’est le début des mensonges, des attentes insupportables du salaire, des bulletins, des contrats, des affectations, des mauvaises nouvelles les veilles de vacances, des promesses non tenues, des conditions de travail insupportables, des lois qui se succèdent et qui ne font que nous précariser davantage.

2005, c’est aussi le début d’une fonction indispensable avec des personnels motivés, passionnés, rigoureux, heureux d’oeuvrer pour l’autonomie des élèves en situation de handicap et de contribuer à la mission de l’Éducation Nationale.

 

2005, c’est loin, 2019, c’était un espoir… Un espoir balayé sans scrupules par la pseudo-concertation de Blanquer, un espoir relégué aux oubliettes par un projet de loi qui n’affiche que mépris et méconnaissance de la fonction AESH.

Toujours 6 années de période d’essai comme si nous étions incapables de professionnalisme alors que nous réclamons un statut, une titularisation, des formations et une augmentation de salaire.

Le CDD 3 ans renouvelable deux fois pour accéder à un éventuel CDI semble une maigre avancée si ce CDD n’était pas prompt à être rompu en cas de fin de besoins dans l’établissement d’exercice.

Nous refusons catégoriquement la mise en place, sans concertation, sans expertise et sans aucune existence juridique, des PIALs (Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisées), vaste nébuleuse qui accentuera les inégalités et la pression hiérarchique et aggravera les conditions de travail que subissent les AESH notamment en multipliant leurs affectations.

Affublé·es de plusieurs élèves en situations lourdes, en même temps, dans des établissements parfois différents, éloignés, les AESH n’auront plus le temps d’accompagner avec professionnalisme et en seront réduit·es à des gestes techniques !

Arrêtons le processus infernal de la mutualisation à outrance pour revenir aux AESH individuel·les : un·e AESH pour un·e élève !

L’ombre de l’extra et du périscolaire semble tout naturellement se profiler au prétexte de mieux nous payer sur des fonctions qui ne sont pas les nôtres avec une demande de compétences transversales multiples sans aucune  prise en compte de nos nombreuses et incalculables heures invisibles (concertation - préparation - réunions - formation - régulation).

La formation de 60 heures, déjà existante dans les textes et non efficiente, est loin de répondre à nos exigences et besoins : formations continues, spécifiques et qualifiantes.

 

Ce projet de loi est non seulement méprisant envers nous, AESH, qui exprimont depuis nombre d’années nos revendications, nos besoins et présentons avec conviction la construction jour après jour de notre mission mais il est la concrétisation d’une volonté de réduire un embryon de corps de métier à une déprofessionnalisation manifeste d’une fonction dont les acteurs et actrices seront corvéables à merci. Sans oublier l’irrespect envers les élèves et leur famille en leur faisant croire à la volonté d’asseoir une école inclusive de confiance.

  1. Blanquer, Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs, Mesdames et Messieurs les député·es, nous, AESH, nous nous mobilisons aujourd’hui mercredi 15 Mai pour exprimer notre refus de ce projet de loi qui ne tient en compte ni de l’avancée de notre fonction depuis 2005 ni de notre implication envers les élèves et envers cette institution poussiéreuse qu’est l’Education Nationale et en qui nous donnons tant d’heures bénévoles…

La politique gouvernementale de l’école inclusive est une vaste farce qui tend à nous faire croire à une reconnaissance de notre fonction alors qu’elle nous refuse l’obtention d’un statut, d’une titularisation, de formations efficientes, qualifiantes et d’une augmentation de salaire pourtant indispensables à la légitimité d’une profession.

Nous, AESH, sommes déterminé·es à combattre cette loi qui n’est que mépris et effets d’annonces, dont le seul but est de continuer à nous engluer dans une précarité à vie inacceptable ! La volonté gouvernementale d’exploitation, d’écrasement social à notre encontre ne nous arrêtera pas !

 

Blanquer, les AESH sont là, les AESH sont dans la rue, les AESH ne veulent plus de tes bobards !

 

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