Les élections municipales approchent. À Marseille, comme dans toutes les grandes villes de France, il y aura au moins deux listes à gauche.
En Juin 2024, le Nouveau Front Populaire redonnait à l’ensemble de la gauche un poids politique considérable. Première force au parlement, ce n’est qu’en raison de l’obstination du président de la République qu’elle n’a pas été en mesure de former un gouvernement et d’appliquer le programme commun à tous ses candidats, quelle que soit leur appartenance.
La mobilisation citoyenne, à Marseille comme ailleurs, a largement contribué à l’unité et à la victoire, aux côtés de partis politiques peu préparés à cette dissolution qu’ils n’avaient pas anticipée. Sans cette mobilisation populaire, de nombreux parlementaires de gauche aujourd’hui élus n’auraient pas eu la moindre chance.
Cependant, après quelques semaines seulement, les partis politiques de gauche sont revenus à leur calendrier initial : la préparation des élections présidentielles. Un retour aux écuries, navrant et inexorable. Ni le mécontentement de la population, ni la montée des thèmes xénophobes, ni la crise désormais permanente de l’Union européenne impuissante à trouver une voie alors que la guerre se poursuit en Ukraine et au Proche-Orient, ne semblent pouvoir réveiller ces somnambules. Tout cela sert à merveille « ceux qu’on n’a pas encore essayés », les candidats d’extrême droite.
Les élections municipales ne font pas vraiment diversion pour l’instant. Hormis les états-majors politiques locaux qui sont à la manœuvre pour composer leurs listes et certains groupes citoyens qui cherchent à y trouver leur place, voire à présenter eux-mêmes leur liste, le débat démarre à peine.
À Marseille, le contraste est saisissant entre la mobilisation citoyenne et politique qui prévalait à gauche lors des dernières municipales, et la situation actuelle. Aujourd’hui, la gauche part séparée au premier tour, autour de deux listes principales. L’enjeu est énorme. Nous disons que ces listes, au lieu d’être ennemies, sont complémentaires. Elles peuvent et doivent construire ensemble, dans leur diversité, un programme de gauche pour la ville. Et autour de ce programme proposer aux Marseillaises et aux Marseillais une voie permettant de se débarrasser de l’extrême droite et de la droite qui lui court après.
Front Commun n’a pas vocation à distribuer des bons et des mauvais points aux acteurs de la gauche à Marseille. Notre mouvement tire toutefois une première leçon de ce début de campagne : les prochaines semaines vont être dures et nous ne sommes encore ni assez nombreux, ni assez outillés pour triompher en mars. Nous avons besoin de tout le monde, partout dans Marseille, d’autant que la nouvelle loi électorale permettra à chaque voix de compter à la fois au niveau de la ville et de ses secteurs.
Marseille, qualifiée de « divers gauche » par le ministère de l’Intérieur, doit devenir la capitale de la gauche diverse, riche de toutes les expériences : celles des collectifs et des associations, celles d’un mouvement ouvrier aux traditions puissantes, celles d’un tissu politique qui mérite mieux que l’exaspération que suscitent ses divisions.
Non seulement, nous devons gagner, mais nous devons gagner largement, en écrasant une droite et une extrême droite défendant des valeurs antagonistes à l’âme séculaire de cette ville, faite d’ouverture et d’accueil. C’est possible et c’est indispensable si nous voulons que Marseille joue le rôle qui devra être le sien à la fois dans une métropole rénovée, mais également à l’échelle nationale.
Rêvons un peu. La gauche et les écologistes ayant formé une liste unique sous la pression des forces populaires sont majoritaires à Marseille, devenue capitale d’une union exemplaire, qui montre à tout un pays le chemin de la victoire lors des prochaines échéances électorales. Faisons de ce rêve une réalité !
Nous sommes très sérieux, à Front Commun, et finalement assez ambitieux. Nous n’avons pas besoin de places sur des listes. Nous voulons que la gauche, rassemblée autour d’un programme riche de sa diversité l’emporte. Et nous allons y arriver.