Défaite ou soubresaut ?

Bien sûr, je suis triste que pour rester dans la zone euro, Tsipras ait du subir les humiliations et la cruauté des eurocrates, politiques et fonctionnaires confondus. Il s'est très bien battu et nous parlons polique grâce à lui ce 13 juillet contrairement à autrefois où seul le tour de France et les chassés-croisés de vacanciers occupaient les media. A nous aussi, il a rendu la dignité.

Les conséquences pour la Grèce de cette proposition d'accord extorqué par la violence sont difficiles à imaginer aujourd'hui. Il n'est pas question que la Grèce devienne le Gaza de l'Europe. Ne les laissons pas faire.

 Ce qui a changé pendant cette semaine de supplice, c'est que le secret a été levé. Les masques sont tombés. Les "valeurs" des Européens , le monde entier le sait maintenant, se résument à une seule notion : faire du fric discrètement. Les mots employés ont montré qu'il y a bien une guerre de classe en Europe (capitulation, le néologisme orwellien grexit, les injures racistes, brûler, terrifier,...), le tout brassé par les télés qui ont ajouté leur ignorance à leurs préjugés et transformé ce conflit en corrida.

Cette guerre commence. Nous ne reviendrons plus à l'Europe garante de la paix, démocratique, un peu ennuyeuse qu'on nous "vendait" depuis 2005. Pendant 10 ans, nous nous en sommes accommodés cahin-caha sans voir clairement que le capitalisme financier, lui, la mettait à sa main et en faisait un de ses prés carrés. Nous croyions encore à la souveraineté nationale, à ses symboles. Pour moi, le Parlement était dépossédé de tout pouvoir à cause du manque de proportionnelle ou à cause de la constitution de la 5° République. Or quand la démocratie a surgi en Grèce ces dernières semaines, on a vu que l'impuissance des parlements au-delà de quelques nuances est une donnée du système eurofinancier. Le Parlement européen est élu mais n'a aucun pouvoir. Ce n'est pas un fait à améliorer (plus de démocratie blablabla), c'est le modèle que les euro financiers imposent aux pays de l'UE. Toutes les décisions importantes et on l'a bien vu cette semaine, sont prises par des non-élus. Certains politiques ne se contentent pas d'être au service des euromafieux et d'encadrer leur opinion publique, ils cumulent les deux fonctions. Juncker n'aurait pas craché sur les dividendes des avoirs grecs. D'une pierre deux coups.

Cette prise de conscience dans toute l'Europe est irréversible et et aura des conséquences difficiles à imaginer aujourd'hui. Je souhaite que Syriza reste au pouvoir tout l'été jusqu'aux élections espagnoles, que le sursis octroyé soit bien de trois ans pendant lesquels il nous faut rendre coup pour coup et faire advenir une autre Europe. QU'ILS S'EN AILLENT TOUS ! 

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