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Billet de blog 21 août 2014

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La Grainette, monnaie mondiale verte, et vertueuse !

Et si la verdure sauvait l’humanité ? Suggestion : en vue de la COP21 (Paris Climat 2015), exigeons que l'Europe propose la création d'une Monnaie Mondiale Verte, la Grainette !

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Et si la verdure sauvait l’humanité Suggestion : en vue de la COP21 (Paris Climat 2015), exigeons que l'Europe propose la création d'une Monnaie Mondiale Verte, la Grainette !

 Cette proposition a été faite le 21 août 2014 à M. Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République française pour la protection de la planète, par courriel (voir « Fichier attaché » plus bas). Il ne s’agissait pas encore d’une « lettre ouverte », mais ce blog me donne l’occasion de "l’ouvrir". Merci à Mediapart !

La Grainette en 20 questions (courtes)

1) Qu’est-ce que c’est ?

Une monnaie internationale qui serait créée par l’ONU.

(Parallèle au système monétaire et financier actuel, sans interaction entre eux au départ, voir ci-après).

2) Quel serait son but ?

Infléchir le changement climatique et faire en sorte que tous les êtres vivants disposent de nourriture saine et d’eau potable.

3) Sur quelle base, selon quel principe ?

Cette monnaie viendrait refléter le dynamisme des processus vitaux au sein des écosystèmes naturels et des agro-écosystèmes humains soutenables.

4) Quel mécanisme inciterait un pays à agir dans un sens vertueux ?

Le paiement d’un certain montant si la biomasse saine s’accroît dans ses frontières.

5) Concrètement, qu’est-ce qui devrait être fait ?

Trois possibiités :

- régénération, maintien ou accroissement de toute forêt, zone humide, prairie naturelle, plus généralement tout milieu où la biodiversité doit être préservée ;

- maintien ou accroissement des agro-écosystèmes sains (agriculture écologiquement intensive, paysanne et raisonnée, toute forme de fermes biologiques) ;

- reconversion, en vue de leur régénération, des terres arables actuellement cultivées en « agriculture conventionnelle » (engrais chimiques, pesticides, OGM etc.) vers un modèle vertueux et soutenable, idéalement, la permaculture.

L’attribution de grainettes prouverait et récompenserait les efforts entrepris par tout Etat pour mettre en valeur durablement son territoire, pour favoriser l’emploi, nourrir sa population, et contribuer à infléchir le réchauffement de la planète (il est prouvé que la biomasse – océans compris - est le plus puissant puits de carbone qui soit… avec l’arrêt de la gabegie des énergies fossiles, bien entendu).

6) Pourquoi une monnaie ?

Parce que c’est le moyen de faire coopérer et échanger entre eux les peuples volontaires.

Parce que la verdure est naturellement inflationniste, tout en restant obligatoirement dans des limites raisonnables.

7) Où trouver les fonds ?

La masse monétaire en grainettes serait créée par le FMO, Fonds monétaire organique, nouvelle branche de l’ONU.

A cet organisme reviendrait la coordination financière, le déploiement de l’outil scientifique et technique d’observation, et un rôle de support vis-à-vis des pays s’engageant dans la démarche.

8) Comment se ferait l’allocation initiale ?

Attribution à chaque pays d’un quota de grainettes, selon l’état actuel de sa biomasse (milieux naturels et agricoles), et sans doute également en fonction de sa population car les facteurs socio-économiques devraient, à ce stade, entrer en ligne de compte. Exemple : cas des pays déjà soumis aux conséquences de la dégradation du climat.

9) La grainette serait-elle convertible en euro, en dollar, ou autre ?

Non, pas pour le moment. Il faudrait pour cela que soit créé le dispositif financier de la chambre de compensation internationale proche de celle imaginée par J. M. Keynes pour son projet du Bancor (proposition de monnaie mondiale) et discutée à l'occasion du sommet de Bretton Woods en 1944, mais non retenue. Des études sont en cours pour un projet similaire applicable à l’époque actuelle.

10) A part attester de l’amélioration de la santé globale de la biosphère, à quoi servirait cette monnaie ?

Elle permettrait des échanges (agricoles entre autres, mais pas uniquement) entre pays.

Dans les Etats volontaires, sur décision démocratique votée par le parlement, elle pourrait être articulée avec les monnaies sociétales créées au sein des collectivités locales (le gouvernement n’exerçant qu’un rôle de contrôle a posteriori).

11) Qui certifierait l’amélioration des milieux naturels et agricoles ?

La communauté scientifique est à même d’en réaliser l’évaluation de départ, puis d’en observer l’évolution, par exemple annuellement.

Initialement, une conférence mondiale de spécialistes attribuerait des pondérations transparentes à chaque type d’écosystème, selon des échelles applicables aux différentes latitudes. En effet, les sols des pays tempérés, par exemple, n’ont pas la même aptitude à générer de l’humus que ceux des pays tropicaux, chauds et humides.

L’humanité a largement les moyens scientifiques et techniques (satellites, ordinateurs, super-calculateurs…) de gérer, en toute rigueur et transparence, les bases de données nécessaires.

12) La biomasse pourrait-elle être utilisée comme source d’énergie ?

Oui, mais à condition que cela n’obère pas le bon état des sols, donc uniquement avec le label durable.

13) Pourquoi maintenant ?

Parce que des décisions fortes sur l’enjeu climatique doivent impérativement être prises à Paris en novembre 2015.

L’urgence est vraiment là, car avec le dérèglement climatique, l’agriculture risque de devenir de plus en plus compromise, son efficacité toujours plus erratique…

14) Pourquoi vouloir lier la monnaie à une matière ? l’expérience de l’indexation de la livre sterling sur l’or a été désastreuse...

Plus qu’une matière, la biomasse est un phénomène naturel dynamique et fécond, exprimant la haute capacité du végétal, et plus globalement du vivant, à transformer l’énergie solaire.

Avec la biodiversité, qui en dépend, elle est un indicateur de la santé des milieux, laquelle est la véritable richesse sur cette terre.

15) Ne risque-t-on pas des effets pervers ?

« Capitalisme vert », marchandisation de la biodiversité, systèmes de compensation environnementale perdant tout crédibilité, marché-carbone détourné ou inefficace, échec de l’initiative Yasuni par rapport à ses objectifs initiaux, les tentatives ayant échoué ne manquent pas.

Là, il s’agirait vraiment d’un effort commun de l’humanité pour se sauver de la catastrophe climatique (effondrement prévu de l’écosystème-terre), c’est pourquoi tous devraient oeuvrer pour son succès, et être vigilants sur sa mise en pratique.

16) Le problème n’est-il pas la propriété privée ?

C’est un problème mais seulement partiellement. Dans la mesure où l’autonomie dans le domaine alimentaire et dans la création monétaire sont des attributs de la souvernaineté des Etats (ou groupes d’Etats tels que l'Europe) les gouvernements peuvent fortement influencer l’usage des terres agricoles.

17) Et le pouvoir des multinationales ?

La grainette donnerait aux pays une légitimité certaine à préserver les terres de tout accaparement.

L’accréditation d’un pays au sein du système grainette pourrait être soumise au respect des droits syndicaux des travailleurs de la terre, à des réformes démocratiques, et à la lutte contre la corruption.

18) Est-ce que ça ne produirait pas une spéculation foncière ?

Non, dans la mesure où ce sont les Etats qui percevraient les grainettes.

19) Est-ce que ça ne coûterait pas trop cher à la collectivité internationale ? L’ONU est pauvre, et dépendante en grande partie du bon vouloir des Etats-Unis…

Si seulement le dixième de ce que coûtent toutes les institutions internationales (par rapport au bien-être qu’elles apportent réellement aux populations) était dévolu à cette nouvelle institution, elle aurait déjà les moyens de faire avancer considérablement l’indispensable progrès écologique vers lequel il faudra de toute manière que l’humanité se dirige.

Maintenant que les Etats-Unis ont enfin admis la réalité du changement climatique, il est logique qu’ils comprennent qu’à défaut d’agir maintenant, le coût de ses dégâts va devenir astronomique.

20) Concrètement, comment pouvons-nous faire avancer cette idée ?

Pour enclencher la dynamique, il faudrait que cette proposition trouve un écho auprès de scientifiques, d’intellectuel(le)s et d’artistes effrayé(e)s comme nous par la tournure que prend le monde. Ce n’est pas ce qui manque, mais il faut diffuser largement l’idée autour de nous pour « faire tache d’huile » !

Ensuite, un regroupement de personnalités, et aussi d’organisations (Greenpeace, FNH, WWF, Amis de la terre, etc.) pourrait alors lancer via le site ec.europa.eu une « initiative citoyenne » - ICE, mécanisme instauré par le traité de Lisbonne - permettant à tout citoyen européen de demander à la nouvelle Commission européenne de porter le projet de création de cette monnaie lors des réunions préparatoires à la COP21, et lors de ladite conférence.

Et ce lancement, s’il ne peut intervenir dès la rentrée de septembre, pourrait du moins avoir lieu en novembre 2014 soit exactement un an avant le fameux rendez-vous.

MERCI de votre attention.

Hélène Nivoix à Massy, Essonne - helene.nivoix@laposte.net - 06 62 94 46 13

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