Comment l'émotion (le passé) bloque l'énergie et l’action

Texte inspiré de « CECI, ICI, À PRÉSENT, seule et unique réalité » - Entretiens avec SVAMI PRAJNANPAD

 

D’où partez-vous ?

Partez d’ici, et commencez par le début !

 

L’action : 

Vous devez sentir que : « Ceci est nécessaire pour moi. C’est à moi. Je ne peux que le faire »

 

Une manifestation émotionnelle en vue de l’action doit être là :

Que l’émotion sorte sous sa forme évidente, à l’état spontané.

Pourquoi devrait-elle sortir ? Parce qu’elle est là et qu’elle représente le passé.

Le passé subsiste en arrière-plan et cherche toujours à vous tirer en arrière.

Mais vous devez avancer, aller de l’avant.

Vous voyez que quelque chose vous tire en arrière.

Alors, vous devez d’abord en être libre, sinon votre énergie est bloquée.

Pourquoi est-il nécessaire de libérer l’énergie, pour aller où ?

Réfléchissez sur le passé et sur l’avenir, et laissez l’énergie s’écouler.

 

Je vous demande ici de vous relaxer.

Posez-vous seulement la question : « Pourquoi devrais-je le faire ? Pourquoi ? Quelle en est la nécessité ? »

Svâmiji (1) dit que cela doit avoir un sens. Lequel ? A vous de trouver !

 

Résultat :

 

Si votre conception intellectuelle est claire et votre conviction émotionnelle parfaite, alors votre action, le « comment », devient aussi facile que possible.

Cette liberté, cette liberté complète qui embrasse tout, c’est cela la vérité.

Là où je me trouve ici et maintenant, je dois essayer d’être libre dans les circonstances dans lesquelles je me trouve. Mon intelligence doit être libre autant que possible, mes émotions doivent être libres autant que possible (2), et mon action doit être libre autant que possible.

Ainsi, tel que je me trouve situé maintenant, je dois être cela, c’est-à-dire non-conditionné ».

 

Le but :

 

Quelle est la destination, quel est ce but vers lequel vous devez vous diriger ?

L’être humain. Etre humain(e), pleinement.

C’est l’accomplissement de toutes vos énergies, vos possibilités, vos probabilités et vos potentialités.

 

Etre infini doit être notre destinée, comme celle de n’importe quelle forme de la nature sur terre et dans l'univers.

Oui, être infini.

L’être humain est une forme consciente de la nature, qui peut voir, comprendre, parvenir à cela (l’infini), l’atteindre ou le devenir.

C’est sa destinée d’être parfait, infini, complètement comblé.

 

Ce stade de conscience, libre, complet, libre de toutes parts, où il n’y a rien, nulle part qui reste bloqué.

 

Cette perfection, cet accomplissement c’est cela l’être. La vérité est cela.

Mais vous ne pouvez pas prétendre: « Je suis devenu un être humain accompli, maintenant. »

Non. Dites-vous : « Je suis où je suis, et je dois aller là. »

Il faut voir clairement. 

Par exemple, quand vous marchez, vos pieds sont sur le sol, mais votre regard se porte en avant. Votre intelligence, toute votre intelligence avec l’émotion qui l’accompagne, doit regarder vers ce but. Mais d’où partez-vous ? Vous partez de là où vous êtes !

 

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Extrait* revu et remodelé, par Hélène Nivoix, de « CECI, ICI, À PRÉSENT, seule et unique réalité » Entretiens avec SVAMI PRAJNANPAD, Traduction de Colette et Daniel Roumanoff.

 

* Source : http://spinescent.blogspot.fr/2014/06/ceci-ici-present-avec-swami-prajnanpad.html

 

(1) Svami Prajnanpad se désignait lui-même ainsi

 

(2) Que signifie « mon émotion doit être libre » ?

Que faire si mon émotion me bloque ?

 

Votre intelligence doit être aussi claire que possible, et l’émotion être en harmonie avec elle.

 

Que faire si vous êtes d’accord pour dire « Oui à ce qui est », que votre intellect dit : « Oui. C’est ainsi. », mais que l'émotion n’est pas en harmonie avec ce but ?  Vous devez faire sortir l’émotion de son état déformé, de son état de manque, la laisser aller vers son accomplissement.

 

Votre émotion n’est pas libre si vous restez attaché, par exemple, à votre enfance, à un traumatisme. Dans ces conditions, si à l’occasion d’un projet d’action cette émotion précisément est ravivée , comment pourriez-vous avoir de l’énergie pour aller de l’avant ? L’émotion vous tire toujours en arrière. 

 

Comment faire avec cela ? Quel est l’obstacle qui empêche l’émotion de « sortir » ? L’obstacle est que vous vous imposez un jugement de valeur, qui est votre conception du bien et du mal : « Ceci est mal, ceci est vertueux, ceci est un péché ».

 

Quand vous êtes seul, vous êtes seul. Vous êtes avec vos émotions. Quand vous êtes loin de toute société et de tout le reste, vous êtes seul avec vous-même. Quand vous êtes vous-même, il n’est question ni de bien, ni de mal. Parce que la question du bien et du mal, ou de la moralité, n’apparaît que dans la relation avec autrui. Quand vous êtes seul et que vous êtes donc vous-même, toute émotion qui vient est la vôtre, tel que vous êtes situé. Il s’agit de l’accepter.

 

Vous pouvez alors juste constater qu’un jugement de valeur arrive, qui commande toujours : « Ne fais pas ceci, ne fais pas cela », qui fait que certaines choses vont être repoussées par une forme de censure.

Il s’agit de comprendre de quelle nature est cette censure.

 

En psychanalyse, on l’appelle surmoi. Ici en Inde, dans le yoga, on l’appelle sia-ahakâra : l’ego conditionné.

 

Le moi a toujours peur de ce surmoi, ou plutôt l’ego est sous sa domination, vraiment comme un petit enfant.

 

A moins d’affaiblir ce surmoi, ou cet ego conditionné, il n’y a pas d’issue.

 

Il s’agit, ainsi, de réussir à discriminer quelle est son origine. Parce que, voyez-vous, vous devez être en relation avec lui, et pour traiter avec lui, pour le contrôler vous devez connaître sa nature. Sinon, vous ne pouvez rien.

 

Quelle est donc sa nature ?

Un tout-petit enfant n’a pas de surmoi, celui-ci se forge ensuite, vient donc de l’éducation et probablement du souvenir que certaines choses sont permises et d’autres pas.

Cela vient généralement et de manière prédominante du père, parce que l’autorité c’est lui.

 

C’est la raison pour laquelle Dieu est généralement pris comme étant « le père ». « Papa-Super-Dieu » forme le surmoi de l’enfant, Dieu (ou la morale) peut jouer le rôle de surmoi pour l’ego d’un adulte. Rien de plus que cela. C’est bien montré par Freud dans son livre: « L’Avenir d’une illusion ». C’est très bien décrit.

 

La censure vient donc de l’extérieur, c’est la première chose à voir, le premier principe. La censure ne vient pas de l’intérieur mais de l’extérieur, et elle est surimposée sur l’ego.

 

Sachez donc que cela ne vous appartient pas. Parce que votre surmoi sera différent du surmoi d’une famille différente. Et votre surmoi sera également différent du surmoi d’un pays oriental. Vous voyez que le surmoi est le produit d’une influence extérieure. Aidez seulement votre intelligence et votre émotion à dire : « Parce que cela vient d’une influence extérieure, ce n’est pas à moi ».

 

L’enfant qui n’aurait pas de père, qui aurait été élevé librement, n’aurait pas ce sentiment de surmoi. S’il n’a personne pour le contrôler d’aucune façon, il sera sauvage, asocial et non civilisé. Et il se trouvera dans une confusion complète. Ce surmoi est donc un mal nécessaire. Vous ne pouvez pas l’éviter.

La soif de liberté, ou le goût de la liberté, vient de l’asservissement. Vous devez donc être asservi pour être libre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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