helene.nivoix@laposte.net
Fonctionnaire de l'Etat, actuellement en congé sabbatique
Abonné·e de Mediapart

39 Billets

1 Éditions

Billet de blog 26 juin 2014

Une idée de mesure urgente et iconoclaste, pour un avenir agricole exaltant basé sur l’écologie dans notre belle France

helene.nivoix@laposte.net
Fonctionnaire de l'Etat, actuellement en congé sabbatique
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

On habite un pays magnifique, et on oublie ça.

Savez-vous que l’agriculture encore majoritairement pratiquée à grande échelle en France est une agriculture infertile ? Une « agriculture de steppe », et après la steppe, c’est le désert... Bref, une impasse dangereuse, tout comme celle qui veut industrialiser l’élevage (cf le projet de ferme « des 1 000 vaches »).

J’ai fait un rêve pour la France…

Je propose le Redressement Productif Agricole et Jardinier pour tout le pays, du Nord au Sud et de l'Est à l’Ouest.

Mais attention, pas productif dans le sens de productiviste, non ; dans le sens d’efficace car écologique, donc cohérent avec notre survie !

Et riche de potentialités sociales et politiques insoupçonnées.

Le Gouvernement (socialiste, en principe, démocrate, en principe) pourrait proposer à référendum une mesure qui ne coûte pas grand-chose... mais qui révolutionnerait tout !

Que « tout propriétaire terrien de plus de 50 ha - par exemple, mais cela est à discuter, à évaluer soigneusement - est tenu de louer (en vertu d’un bail emphytéotique de 99 ans) 1/2 ha de bonne terre bien exposée et sise à proximité d’un bourg à au moins un chômeur qui lui en ferait la demande afin de le cultiver selon les principes de la permaculture ».

Certes, la faisabilité d’un tel projet risquerait de se heurter au Conseil constitutionnel et/ou au Conseil d’Etat, car considéré comme attentatoire à la sacro-sainte propriété privée, surtout celle des pontes de la FNSEA… Mais il ne s’agit en aucun cas d’une confiscation, simplement d’une inflexion de l’usage d’une partie de la ressource foncière française, d'où la nécessité de procéder par référendum afin que cette décision (révolutionnaire) vienne du Peuple !

Et ainsi, c’est toute la société qui sortira de la déprime, les écolos seront ravis et les populistes pris en revers.

Car au fond, que se passe-t-il en ce moment ?

Actuellement, pour mettre 1 calorie dans notre assiette, l’agro-business en dépense 10 à 12 en engrais, pesticides, nourriture importée pour les animaux, gasoil pour les machines, etc., tout en détruisant des emplois (sur la période 2000-2010, chaque heure, plus de deux exploitations agricoles ont disparu en France, chiffres INSEE).

Cela plombe gravement et notre commerce extérieur, et notre porte-monnaie. Mais surtout : pollue l’eau, détruit les sols, rend les gens malades - ce qui coûte très cher -, gaspille les énergies fossiles, renforce l’effet de serre.

C’est un système complètement fou.

Pour comparaison : une étude a montré qu’un paysan chinois, dans les années 1930, pour une calorie introduite en récoltait 40. Soit un rendement... 400 fois supérieur à notre soi-disant « agriculture moderne ». Cherchez l’erreur !

Une autre façon de faire est possible et la permaculture, telle qu’elle commence tout doucement à se pratiquer en France, permet d’atteindre des rendements formidables :

- en s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels,

- sans mettre en péril la ressource en eau,

- sans dégrader la biodiversité, au contraire,

- sans machinisme, avec beaucoup de main-d’oeuvre, des emplois non-délocalisables et nobles,

- selon un modèle économique sobre et viable,

- pour des circuits courts d’approvisionnement bénéficiant au consommateur,

- pour des produits sains préservant notre équilibre,

- en stockant des quantités énormes de carbone dans des sols vivants,

- en procurant du bonheur et de la fierté à ceux qui la pratiquent !

Et personne n’en parle ? Si, internet regorge d’infos et de documents, comme par exemple l’interview de M. Charles Hervé-Gruyer, de la ferme biologique du Bec-Hellouin en Normandie par Mme Petra Popp sur youtube.

Et si certains avaient encore quelques doutes, MM. Marc Dufumier (AgroParisTech), Jacques Caplat, et bien d’autres disent cela. Ou M. Eric Escoffier, formateur en « permaculture et systèmes de culture régénératifs », interviewé également et qui dit que « la permaculture (est) une conversion radicale du regard » ...

Ceci mérite la plus grande attention. Car il y a là une bonne partie de la solution, le secteur primaire étant une base à partir de laquelle on pourra reconsidérer les choses sérieusement, pour concevoir un pays autosuffisant et de plus résilient face aux crises de toutes sortes. Grâce à l’adhésion de la jeunesse, dont les nouveaux fermiers (volontaires bien sûr) auront dans une main une grelinette, et dans l’autre un ordinateur, la France pourrait se couvrir de centaines de milliers de « micro-fermes », et ce en « grappes » collaboratives...

Mais qu’est-ce qu’on attend ? Je vous le demande !  Du courage politique, lequel serait inexistant ? Est-ce vraiment une denrée si rarissime, à partir du moment où les citoyen(ne)s seraient conscientisé(e)s ?

Cette idée est iconoclaste, mais elle a toute sa place dans l’action d’un gouvernement censé représenter le peuple, il me semble.

Alors faisons vite, car ça urge !!!

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Écologie politique : ce qui a changé en 2022
Les élections nationales ont mis à l’épreuve la stratégie d’autonomie des écologistes vis-à-vis de la « vieille gauche ». Quel dispositif pour la bifurcation écologique, comment convaincre l'électorat : un débat entre David Cormand, Maxime Combes et Claire Lejeune.  
par Mathieu Dejean et Fabien Escalona
Journal — Politique
Personnel et notes de frais : les dossiers de la députée macroniste Claire Pitollat
Dix-neuf collaborateurs en cinq ans, des accusations de harcèlement et des dépenses personnelles facturées à l’Assemblée : le mandat de la députée du sud de Marseille, candidate à sa réélection, n’a pas été sans accrocs. Notre partenaire Marsactu a mené l’enquête.
par Jean-Marie Leforestier et Violette Artaud (Marsactu)
Journal
En France, le difficile chemin de l’afroféminisme
Dans les années 2010, le mouvement afroféministe, destiné aux femmes noires, a connu en France un certain engouement. Il a même réussi à imposer certaines notions dans les débats militants, mais il peine à se constituer comme un courant à part entière.
par Christelle Murhula
Journal
Orange : la journée des coups fourrés
Redoutant une assemblée générale plus problématique que prévu, la direction du groupe a fait pression sur l’actionnariat salarié pour qu’il revienne sur son refus de changement de statuts, afin de faire front commun pour imposer la présidence de Jacques Aschenbroich. Au mépris de toutes les règles de gouvernance et avec l’appui, comme chez Engie, de la CFDT.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
Marche contre Monsanto-Bayer : face au système agrochimique, cultivons un autre monde !
« Un autre monde est possible, et il est déjà en germe. » Afin de continuer le combat contre les multinationales de l’agrochimie « qui empoisonnent nos terres et nos corps », un ensemble d'activistes et d'associations appellent à une dixième marche contre Monsanto le samedi 21 mai 2022, « déterminé·es à promouvoir un autre modèle agricole et alimentaire, écologique, respectueux du vivant et juste socialement pour les paysan·nes et l'ensemble de la population ». 
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
L'effondrement de l'écologie de marché
Pourquoi ce hiatus entre la prise de conscience (trop lente mais réelle tout de même) de la nécessité d’une transformation écologique du modèle productif et consumériste et la perte de vitesse de l’écologie politique façon EELV ?
par jmharribey
Billet de blog
Reculer les limites écologiques de la croissance…ou celles du déni ?
« À partir d’un exemple, vous montrerez que l’innovation peut aider à reculer les limites écologiques de la croissance ». L' Atécopol et Enseignant·es pour la planète analysent ce sujet du bac SES, qui montre l’inadéquation de l’enseignement des crises environnementales, et les biais de programmes empêchant de penser la sobriété et la sortie d’un modèle croissantiste et productiviste.
par Atelier d'Ecologie Politique de Toulouse
Billet d’édition
Pour une alimentation simple et saine sans agro-industrie
Depuis plusieurs décennies, les industries agro-alimentaires devenues des multinationales qui se placent au-dessus des lois de chaque gouvernement, n’ont eu de cesse pour vendre leurs produits de lancer des campagnes de communication aux mensonges décomplexés au plus grand mépris de la santé et du bien-être de leurs consommateurs.
par Cédric Lépine