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Billet de blog 28 nov. 2015

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Le Crocus, monnaie mondiale verte… et vertueuse !

Et si la verdure « sauvait le monde » ? Abordons le problème du réchauffement climatique de façon originale. Mettons en oeuvre deux outils se renforçant mutuellement : la permaculture (imiter la profusion spontanée de la nature) et une monnaie complémentaire internationale verte indexée sur la biomasse des terres émergées. Voici la version abrégée de cette proposition.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 Qu’est-ce que le Crocus ?

La première monnaie complémentaire internationale à visée écologique.

Par qui est-elle émise ?

Par l’ONU, au sein de laquelle une nouvelle branche est créée : le FMO (Fonds monétaire organique).

Sur quelle base se fait la création monétaire ?

Cette monnaie est indexée sur la quantité de biomasse saine au mètre carré. Il s’agit des sols, des végétaux et des animaux des terres émergées (milieux naturels et agricoles), dont elle vise à favoriser l’accroissement (par « l’inflation de verdure »).

Pourquoi ?

Parce que c’est le meilleur moyen de piéger le carbone atmosphérique (CO2), donc d’infléchir le réchauffement climatique, tout en nourrissant l’humanité, en régénérant les milieux dégradés, et en pérennisant la ressource en eau douce.

Et pourquoi une monnaie ?

C’est le moyen de faire coopérer et échanger les peuples entre eux, un outil de reliance et de fluidité, l’occasion de partager une valeur commune à tous les humains sur cette terre : nous avons tous besoin de manger, et c’est la biomasse végétale saine qui est la véritable richesse ici-bas.

Un tel outil constitue le nécessaire contrepoids à la création monétaire ex-nihilo et à la finance folle (toutes deux causes du pillage et de la pollution de la planète), par le réancrage de l’économie dans le concret.

© 

Qu’entend-on par « biomasse saine » ?

- Tout milieu naturel, soit les « tiers-paysages » selon la définition de Gilles Clément,

-  les forêts gérées durablement,

- et les terres cultivées vertueusement (notamment : agro-écologie, poly-culture-élevage, et permaculture ; par commodité, nous n’emploierons que ce dernier terme).

-> Voir ci-dessous notes #1 et #2

Qu’est-ce qui n’est pas considéré comme tel ?

La monoculture, car elle appauvrit les sols (en matière organique et richesse biologique) ; l’agriculture chimique, car elle utilise des produits de synthèse (engrais et biocides) polluants ; l’élevage industriel, car les animaux sont confinés et malades.

Qui mesure l’accroissement de la biomasse et sa qualité ?

La communauté scientifique mondiale des écologues est à même d’en observer les variations très finement. L’humanité a largement les moyens scientifiques et techniques (satellites, ordinateurs, supercalculateurs…) de gérer, en toute rigueur et transparence, les bases de données nécessaires.

-> #3

La biomasse de la taïga n’a-t-elle pas une croissance moindre que celle des milieux tropicaux ?

Certes, c’est pourquoi des pondérations sont appliquées en fonction des conditions physiques (lattitude, altitude, exposition…), de la situation initiale de dégradation du milieu considéré, du projet humain correspondant à la parcelle, du potentiel de régénération du couvert végétal, et du rythme prévisible de celle-ci.

Avec des bonifications possibles, par exemple dans le cas des pays déjà soumis aux conséquences de la dégradation du climat.

A qui l’ONU attribue-t-elle les crocus ?

- A tout pays qui maintient sa biomasse saine à un niveau stable (arrêt de la déforestation, fin ou compensation de l’artificialisation des terres) ;

- le versement de crocus est beaucoup plus conséquent au bénéfice de toute nation qui augmente significativement cette biomasse par la réorientation des pratiques agricoles pour les rendre progressivement plus que soutenables, régénératrices.

Ce sont des mesures dont la mise en œuvre peut s’opérer rapidement.

Que font les gouvernements avec les crocus reçus ?

Ils n’ont le droit de les attribuer qu’aux personnes physiques :

- engagées dans un itinéraire de reconversion/restauration écologique des terres appauvries, ces zones actuellement cultivées en « agriculture conventionnelle » (engrais chimiques, pesticides, OGM, etc.)

- engagées dans la création ou le maintien d’agrosystèmes sains,

- engagées dans la protection des milieux naturels.

C’est-à-dire ?

Des petits paysans propriétaires, des salariés du secteur primaire (employés agricoles, ouvriers forestiers), ainsi que les gardiens qui veillent sur les réserves naturelles de biodiversité.

Même les travailleurs exploités par les multinationales ?

Le crocus ne peut être versé que si les employeurs de ces personnes leur accordent des droits syndicaux. De même, l’attribution des crocus aux pays par L’ONU se fait sous réserve d’une lutte efficace contre la corruption.

Les personnes qui perçoivent des crocus, qu’en font-elles ?

- Soit elles les échangent contre la monnaie de leur pays (elles seules sont habilitées à le faire), le taux de change est fixé par l’ONU ; les crocus « rachetés » par le gouvernement vont aider à amorcer d’autres projets d’accroissement de biomasse ;

- soit elles les échangent contre la monnaie locale sociétale de leur région/collectivité locale.

Avec quels effets ?

- La rémunération des indépendants (petits paysans) et des salariés du secteur primaire augmente, car ce sont eux qui nourrissent l’humanité.

- Le gisement d’emplois dans ce secteur s’accroît considérablement : comme il s’agit là d’une agriculture intensément, écologiquement et intelligemment jardinée, elle emploie beaucoup de main-d’oeuvre.

- Travaillant avec la nature et non plus contre elle, riches à la fois des savoir-faire traditionnels et des méthodes holistiques modernes (notamment le « design » permaculturel), ces métiers sont enfin reconnus à leur juste valeur.

- tout comme ceux  de la protection de la nature (contre le braconnage et la contrebande d’espèces protégées, par exemple).

- L’articulation du crocus avec les monnaies locales contribue à la vitalisation des services de proximité, notamment des activités peu ou pas solvables.

- La résilience des sociétés s’accroît : autonomie alimentaire, santé, emploi, lien social, gouvernance locale, rôle des femmes, etc.

Cela ne revient-il pas, au final, à rémunérer les paysans et les protecteurs de la nature pour les services rendus ?

Oui, en quelque sorte, et c’est tout à fait légitime car c’est grâce à eux que l’humanité pourra bénéficier justement de services écosystémiques durables et pérennes. -> #4

De par leur rôle nourricier, leur travail d’amélioration des agrosystèmes, la protection des milieux naturels et de la biodiversité, ainsi que les services « pro-euclimatiques » qu’ils rendent à la collectivité, ils permettront en effet d’éviter : réchauffement global, famines, épidémies, exode climatique, guerres, effondrement de l’écosystème terrestre. (Actuellement, l’homme scie littéralement la branche sur laquelle il est assis.)

Cela fait beaucoup d’effets vertueux !

Il s’agit d’un nouveau contrat inter-humain mondial, grâce à une médiation monétaire concrète et réparatrice, à même de revitaliser notre pauvre humanité perclue, arrivée à la fin d’un cycle, et qui doute.

Comme le suggère Matthieu Ricard, pour remédier à la focalisation sur une vision égoïste et court-termiste, il faut « apprendre à concilier nos trois temporalités : le court terme de l’économie, le moyen terme de la qualité de vie, et le long terme de l’environnement ». (Forum de l’économie positive, le Havre, sept. 2015)  -> #5

Une telle créativité monétaro-écologique est donc, peut-être, l’astuce qui aidera l’humanité à se sauver par un "shift" socio-écologique, une révolution douce.

Car l’outil :

- est basé sur une richesse solide : la dynamique d’abondance prolifique de la nature, conséquence directe du caractère inépuisable de l’énergie solaire (du moins, à l’échelle humaine) et fruit d’une évolution de plusieurs milliards d’années ; -> #6

- permettra à l’humanité de réguler enfin son activité au sein du  « système-Terre » d’un point de vue thermodynamique ; -> #7

- contribuera puissamment à atténuer le dérapage des conditions climatiques qu’on observe déjà, qu’il est indispensable et urgentissime de contenir au maximum ;

- grâce à la photosynthèse, piègera le carbone de l’atmosphère (où il s’est accumulé sous forme de CO2) et le réinjectera là où il est le plus utile pour la vie sur Terre : dans les végétaux (notamment les arbres et les sols) et les animaux ; -> #8

- cette transformation du maximum d’énergie lumineuse incidente en calories végétales et animales (alimentaires ou non) équivaut à un stockage de l’énergie solaire dans les tissus vivants, à très grande échelle ;

- s’appuiera sur un cycle de l’eau revivifié : l’augmentation de la masse totale d’eau douce (dont la vapeur d’eau issue de l’évapo-transpiration végétale) est gage de rafraîchissement terrestre à la fois local et global ; -> #9 et #10

- réduira de ce fait les événements météorologiques extrêmes que sont, par exemple, les cyclones et les tornades, la grêle, les sécheresses et canicules, etc. ;

- permettra d’éviter l’érosion des terres en amont des zones habitées, les inondations au niveau des installations humaines (car les écosystèmes et les agrosystèmes sains jouent un rôle d’éponge) et, en aval, la sédimentation nuisible aux milieux aquatiques ;

- améliorera la qualité de l’eau douce, car l’eau sortant d’un écosystème sain est très pure ;

- produira un rééquilibrage des territoires entre les zones urbaines et rurales ;

- protègera la production vivrière vis-à-vis du marché capitalistique globalisé et financiarisé ;

- en reflétant la quantité des milieux sains sur toute la planète, fera beaucoup pour la matérialisation d'un État de droit mondial. Il faut désormais impérativement raisonner en « société humaine globale ». C’est le défaut de concrétisation de la « famille humaine » qui conduit l’humanité à sa perte.

Crocus Etruscus © par Meneerke bloem

Les obstacles ne manquent pas, à commencer par le système monétaro-financier actuel…

On n’y touche absolument pas, on crée simplement un système parallèle pour disposer d’un instrument complémentaire à la « diplomatie climatique » actuelle.

Que faire si un pays refuse d’entrer dans le dispositif, et continue de brader sa biomasse à l’encan et au plus offrant ?

Rien. C’est le choix de chaque gouvernement d’accepter ou de refuser de percevoir des crocus. Cependant, en cas de refus, la population risque fort de ne pas être d’accord... avec des conséquences éventuelles pour le gouvernement en question. 

Problème : les populations, piégées par l’ébriété énergétique, se sont agrégées dans des villes gigantesques…

Certes, mais on le voit bien, ce modèle n’a rien de durable et il est tout à fait envisageable qu’un mouvement inverse se produise.

Le problème le plus crucial n’est-il pas celui de la surpopulation ? Or, personne ou presque n’en parle.

La démographie humaine exerce en effet une pression énorme sur les milieux ; elle dépend de nombreux facteurs sociaux, culturels et économiques au sein de chaque continent et même de chaque pays.

 Globalement, toutes les mesures qui visent à offrir une meilleure éducation des filles, davantage de possibilités d’emploi et des salaires supérieurs aux femmes, peuvent inciter ces dernières à avoir une famille moins nombreuse et en meilleure santé. Le crocus s’inscrit parmi ces instruments.

Notons que dans les sociétés tribales, l’équilibre avec l’environnement est rendu possible grâce au contrôle des naissances ; ces peuples premiers avaient inventé le planning famillial bien avant nous !

Une forêt arrivée à maturité est à l’équilibre : son stock de carbone ne varie pas et ce n’est donc ni une source, ni un « puits » de carbone.

C’est tout à fait juste, un arbre emmagasine du carbone essentiellement pendant sa croissance, ensuite l’effet « puits de carbone » disparaît.

Mais si une forêt arrivée à maturité est exploitée de façon durable, en régénérant les arbres extraits par les coupes, son stock de carbone reste constant tandis que le bois récolté, qui sera conservé sur des longues périodes (dans la construction par exemple), constitue un autre réservoir de carbone.

En produisant du combustible pour le chauffage ou la production d’électricité, voire les deux (cogénération), la forêt fournit en outre une énergie générant  peu d’émissions de GES (gaz à effet de serre), seulement pour la coupe et le transport.

Une stratégie forestière adaptée peut donc jouer un rôle positif face au réchauffement climatique en agissant comme un puits de carbone et en fournissant des matériaux et énergies renouvelables avec un Bilan Carbone® favorable. -> # 11

Il faudra beaucoup d’eau pour mettre en oeuvre ces projets. Or cette ressource est déjà sous tension, parfois extrême (Moyen-Orient).

La permaculture allie puissance du vivant et intelligence humaine. Elle comprend, imite et potentialise les processus naturels. Son efficience à créer des synergies permet de revégétaliser le désert avec une quantité d’eau très limitée. ->#12

Le problème n’est-il pas la propriété privée ?

C’est un problème, mais seulement partiellement. Dans la mesure où l’autonomie dans le domaine alimentaire et dans la création monétaire sont des attributs de la souvernaineté des Etats (ou groupes d’Etats tels que l'Europe), les gouvernements peuvent fortement influencer l’usage des terres agricoles.

Et le pouvoir des multinationales ?

Avec le crocus, l’agro-industrie est en perte de vitesse, les pays protégent mieux l’agriculture paysanne et sont enclins à prendre des mesures permettant que cesse la ruée sur les terres (land-grabbing).

Est-ce que ça ne coûte pas trop cher à la collectivité internationale ? L’ONU est pauvre, et dépendante en grande partie du bon vouloir des Etats-Unis…

Si seulement le dixième de ce que coûtent toutes les institutions internationales (par rapport au bien-être qu’elles apportent réellement aux populations) est dévolu à cette nouvelle institution, celle-ci aura déjà les moyens de faire avancer considérablement l’indispensable progrès écologique vers lequel il faudra de toute manière que l’humanité se dirige.

Maintenant que les Etats-Uniens ont enfin admis la réalité du changement climatique, ils doivent comprendre qu’à défaut d’agir maintenant, le coût des dégâts qu’il provoque va devenir astronomique.

Est-ce que cela ne revient pas à donner un prix à la nature ?

Non, car ce qui entre en ligne de compte pour générer le crocus, c'est une biomasse vivante, diversifiée, et qui s’accroît.

Pour illustrer l'enjeu planétaire, prenons une image liée à notre vie de tous les jours : considérez un verger que vous avez hérité de vos grands-parents paysans, ou bien un espace vert de votre commune.

Si vous le vendez (ou si la commune fait un lotissement), vous touchez une somme, mais celle-ci va partir dans l'économie et au bout d'un moment, "en fin de compte", va s’épuiser.

En revanche, si vous en faites une micro-ferme permaculturelle habilement zonée en fonction de l'ensoleillement et du terrain, avec maison et dépendances, potager, forêt-jardin étagée, haies comestibles, poules et canards, mare et poissons, ruches, en gardant les fruitiers bien sûr… non seulement vous touchez tous les ans des crocus, mais vous n'avez plus du tout envie de vendre le terrain en question. Parce qu'il vous nourrit, vous emploie à temps partiel, fait vivre la communauté alentours (artisanspour les services, enseignants pour vos enfants, artistes pour le plaisir, etc., avec une monnaie locale sociétale évidemment), et vous donne du bonheur.

Donc, nous ne sommes pas dans le schéma où la nature est juste un bien auquel on attache une valeur financière, qu'on achète ou vend. Votre bout de terrain devient... inestimable.

© 

Pourquoi maintenant ? N’est-ce pas trop tard ?

Question « timing », le crocus est l’outil idéal pour accompagner la maturation des énergies décarbonnées, notamment du point de vue du stockage des énergies intermittentes. (cf # 13)

Car la reconstitution à grande échelle de riches milieux naturels et agricoles capturera du CO2 au moins pendant des dizaines d’années (le temps de la croissance des arbres), et même au-delà puisqu’une part non négligeable du carbone sera stockée à long terme dans les sols.

Cette stratégie d’enrichissement biologique et écologique volontariste permet de réserver à la vie sauvage la place qui lui revient de droit si l’on veut stopper d’urgence l’effondrement de la biodiversité. (# 14)

De toute façon, comme le dit la sagesse populaire « il n’est jamais trop tard pour bien faire ! »

Comment faire pour propager l’idée ?

D’un côté, cette proposition peut paraître un peu difficile à expliquer car elle mélange plusieurs notions, elle est pluridisciplinaire.

Mais d’un autre côté, le concept "parle" à chaque être humain, du moins à celles et ceux qui ont encore du bon sens, car le principe s’adresse directement à notre rapport à la terre.

Instinctivement, les gens seront intéressés par un outil qui touche à deux aspects fondamentaux de leur vie, l’argent et la nourriture (qui plus est, fortement corrélés avec la santé et l’emploi).

Car le public n’est pas sot, il comprend très bien que l’humanité doit choisir entre mûrir ou mourir, et n’attend qu’un signal indiquant que nous pouvons cesser d’être tétanisés par l’avenir.

Mais il faut faire vite !

C’est une course contre la montre, aussi nous allons agir ensemble rapidement, sans attendre qu’on nous dicte d’en haut la marche à suivre.

L’outil existe et il est merveilleux, c’est internet (avant qu’on ne nous le retire) :

Pour reprendre en mains notre destin et exiger de l’ONU la création de cette monnaie complémentaire internationale verte et vertueuse, nous allons lancer une pétition monstre des citoyen(ne)s du monde pour une appropriation collective de la monnaie dans une perspective d’écologie, de solidarité et d’éthique planétaires.

Par exemple, sur le site change.org

L’humanité reprendra-t-elle son destin en mains ?

Les réseaux sociaux montrent une grande sensibilité aux enjeux planétaires, on y trouve des phrases comme :

« On ne fait pas d’affaires sur une planète morte » (Vandana Shiva)

« Lorsque la dernière goutte d'eau sera polluée, le dernier animal chassé et le dernier arbre coupé, l'homme blanc comprendra que l'argent ne se mange pas. » (Sagesse amérindienne)

« Cessez de sourire devant vos écrans, je vous parle de choses graves. Je vous parle de l’avenir de l’humanité.

Cela ne pourra plus durer. Ce mode de vie n’a pas de sens. Nous gaspillons tout, nous détruisons tout.

Les forêts sont laminées pour faire des mouchoirs jetables.

Tout est devenu jetable : les couverts, les stylos, les vêtements, les appareils photo, les voitures, et sans vous en apercevoir vous devenez vous aussi jetables.

Renoncez à ce genre de vie superficielle. Vous devez y renoncer aujourd’hui, avant qu’on vous force à y renoncer demain. »

(Bernard Werber, Les fourmis)

© 

Notes :

(#1) Les « tiers paysages » sont, selon Gilles Clément, la somme des espaces où l’homme abandonne l’évolution du paysage à la seule nature, les délaissés urbains ou ruraux, les espaces de transition, friches, marais, landes, tourbières, les bords de route, rives, talus… + les réserves de fait (lieux inaccessibles, sommets de montagne, lieux incultes, déserts…) et institutionnelles (parcs naturels) ; soit ce qui constitue l’espace privilégié d’accueil de la diversité biologique, réservoir génétique de la planète, espace du futur (Le Tiers Paysage http://www.gillesclement.com/cat-tierspaysage-tit-le-Tiers-Paysage

(#2) Datant des années 1920, le concept de permaculture a été développé dans les années 70 par deux australiens, Bill Mollison et David Holmgren, inspirés par les savoirs traditionnels aborigènes, l'agriculture naturelle du non-agir du japonais Masanobu Fukuoka, et les connaissances en biologie et en environnement. Le terme est une contraction de « permanent » et « culture ».

C’est une approche globale ayant pour but la conception d'écosystèmes, d’habitats et de sociétés humaines efficaces, efficients et soutenables. Il s’agit d’aller dans le sens de la nature, et non contre elle. Elle est basée sur une triple éthique :

·  prendre soin de la nature (sols, forêts, eau) ;

·  prendre soin des humains (soi-même, communauté, générations futures) ;

·  partager/distribuer équitablement les ressources (limiter la consommation, redistribuer les surplus, recycler).

« Nous n’avons pas voulu établir un schéma fixe et dogmatique mais un modèle qui intègre plusieurs principes appartenant à de nombreuses disciplines – l’écologie, la conservation de l’énergie, l’aménagement du paysage, la rénovation urbaine, l’architecture, l’agriculture (sous tous ses aspects) et les théories de localisation en géographie. » « Ce n’est pas une synthèse parfaite, ni même suffisante, mais un commencement. Les personnes de tous âges s’adonnant aux occupations les plus diverses trouveront le moyen d’adapter cette idée à leur vie et leur environnement, et, ce faisant, seront à même de voir au-delà des utilisations et des fins immédiates. » (Mollison et Holmgren, 1986, Permaculture 1)

La permaculture s'inscrivant dans la logique écosystémique de liens, d'échanges, de cycles, de flux et de réajustements constants, elle intègre facilement de nouveaux éléments, de nouvelles approches.

- See more at: http://www.ecoconso.be/fr/La-permaculture-la-complexite#sthash.gBVsKiab.dpuf

(#3) Voir l’article de Sylvestre Huet : La couverture de la Terre à 300 m près (l'Agence spatiale européenne a établi une cartographie complète des sols terrestres par satellite) http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2014/10/la-couverture-de-la-terre-%C3%A0-300-m-pr%C3%A8s.html

et également :

SMAP, un satellite de la Nasa qui traque l'humidité des sols (infographie)http://www.lemonde.fr/sciences/infographie/2015/02/02/smap-un-satellite-qui-traque-l-humidite-des-sols_4567992_1650684.html?xtmc=satellite_smap&xtcr=1

(#4) Voir « Relations entre les services d'origine écosystémique et les composantes du bien-être humain » par le Millenium Ecosystem Assessment – Evaluation des écosystèmes pour le millénaire –, Nations Unies, mars 2005 à Dans le document : « Les écosystèmes et le bien-être de l’Homme : Un cadre d’évaluation. Résumé » (http://docplayer.fr/737234-Les-ecosystemes-et-le-bien-etre-de-l-homme-un-cadre-d-evaluation-resume.html), le schéma est visible p. 11

(#5) source : L'environnement, pourquoi tout le monde s'en moque

http://www.consoglobe.com/matthieu-ricard-environnement-cg#we4jFgsleycoWZPq.99)

(#6) Citons Claude Bourguignon, spécialiste de la biologie des sols : « Tu sèmes un grain, tu en récoltes cent, qui dit mieux ?! »

(#7) cf François Roddier, astrophysicien, auteur du livre Thermodynamique de l'évolution: Un essai de thermo-bio-sociologie, Parole éditions, 2012

(#8) « D’un point de vue technique, les solutions prioritaires doivent associer les cultures combinant diverses espèces et variétés, complémentaires dans l’espace et dans le temps, de façon notamment à intercepter au mieux les rayons solaires et à transformer ainsi le maximum d’énergie lumineuse en calories alimentaires, par la voie de la photosynthèse » Ce riche savoir-faire des paysans du Sud, par Marc Dufumier (Le Monde diplomatique, avril 2006, p. 11)

(#9) « Le travail de la nature est un tout. L’atmosphère et la biosphère interagissent. La plante a besoin d’eau, et même elle en détruit pour prendre de l’énergie. L’oxygène qui en sort s’échappe aussitôt. Mais pour capter le CO2 aux molécules plus grosses, les plantes doivent ouvrir des pores dans leur feuillage vert. Alors, de la vapeur d’eau fraîche sort sous pression. (...) Cette transpiration des arbres, environ 200 litre par jour  d’été pour un platane de cent cinquante ans, se révèle très pure. Elle recharge les nuages et gonfle les pluies, elle rafraîchit l’atmosphère en ville et près des routes fréquentées. Elle imbibe les particules en suspension, les alourdit et les fait choir, rendant l’air plus léger. » (Marie-Paule Nougaret, auteure de La cité des Plantes, éditions Actes sud)

(#10) Comme le dit Claude Bourguignon, qui a décidément le sens de la formule : « Ce n’est pas le climat qui fait les sols, ce sont les sols qui font le climat »

(#11)  Les forêts, quel bilan carbone ? Cabinet Lamy Environnement

 http://www.lamy-environnement.com/fiches/les-forets-quel-bilan-carbone.html

Attention cependant : la combustion du bois produit des polluants, principalement des particules fines, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des composés organiques volatils (COV), sources de problèmes de santé publique.

(#12) Il est possible de reverdir le désert. Geoff Lawton explique son projet "greening the desert", en Jordanie, et commente son évolution (implantation d´arbres fruitiers en milieux désertiques ; comment revégétaliser un milieu aride avec une quantité d´eau limitée ; création d´une forêt fruitière, ou food forest, avec des méthodes écologiques). Vidéo ajoutée le 23 janv. 2014, durée 36 mn 33 :

Permaculture-Reverdir le Désert (Geoff Lawton)-VO/sFR - YouTube https://www.youtube.com/watch?v=S2wvrH9amrA

(#13) Les technologies actuelles de stockage et leur état de maturité – IFPEN (IFP - Energies nouvelles, ancien Institut français du pétrole)

http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/Espace-Decouverte/Les-cles-pour-comprendre/Le-stockage-massif-de-l-energie/Les-technologies-actuelles-de-stockage-et-leur-etat-de-maturite

(#14) Le célèbre biologiste américain professeur à Harvard Edward O. Wilson, qui a introduit le terme de biodiversité dans la littérature scientifique en 1986, propose de consacrer la moitié de la surface terrestre à la préservation de la biodiversité.

Edward O. Wilson Half-Earth, Our Planet's Fight for Life (éditions Liveright, livre à paraître en mars 2016) http://books.wwnorton.com/books/detail.aspx?ID=4294989875

Cf http://citizenpost.fr/2015/10/reensauvager-la-moitie-de-la-terre-le-projet-spectaculaire-dun-biologiste/

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