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Billet de blog 29 août 2021

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Un outil malin pour réparer agriculture et climat : La monnaie complémentaire Crocus

Voici le texte de la présentation réalisée pour le Congrès mondial de l'agriculture biologique 2021 (Organic World Congress) à Rennes : "LE CROCUS : METTONS EN PLACE UNE MONNAIE COMPLÉMENTAIRE MONDIALE INDEXÉE SUR LA MATIÈRE ORGANIQUE VIVANTE DANS DES AGROSYSTÈMES RÉSILIENTS."

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Le crocus est une monnaie complémentaire transnationale conçue pour promouvoir une agriculture pérenne, écologique, à taille humaine et économiquement viable.

Le FMI, ou bien toute banque centrale volontaire comme par exemple la BCE, décide de mettre en place une monnaie complémentaire pour réconcilier l'économie avec l'écologie.

Une division est créée appelée Fonds monétaire vital, FMV, dont le rôle est d’émettre les crocus.

La masse monétaire du crocus croît proportionnellement à la quantité de matière organique vivante cultivée écologiquement dans des grappes de micro-fermes, ou cluster.

Les crocus ne sont convertibles qu'avec les monnaies complémentaires locales et citoyennes.

Rappel : Une monnaie complémentaire locale est une monnaie parallèle utilisée uniquement dans un espace géographique limité. Son but est de dynamiser l'économie locale en relocalisant la production, de favoriser le lien social, et d'éviter la spéculation.

La monnaie crocus n'entrerait pas en concurrence avec le système financier actuel, car elle est simplement destinée à le compléter et n'interférera pas avec lui.

Le crocus permet à la nature d'acheter de l'argent au lieu d'être elle-même achetée par de l'argent.

Autrement dit, c'est la vitalité écologique, et non la marchandisation de la nature, qui génère l'argent ici.

Cet outil est donc un moyen valoriser la nature autrement qu’en la détruisant.

De plus, il est synonyme de croissance et d'abondance car la biomasse vivante est spontanément inflationniste.

Une grappe de micro-fermes, ou GMF, est un groupe de petites unités agricoles polyvalentes appliquant les principes de l'agroécologie, de l'agroforesterie et de la permaculture

Une GMF a le statut juridique de coopérative. Elle est détenue et contrôlée par les agriculteurs et les travailleurs de la terre, c'est-à-dire les personnes qui participent directement à l'augmentation de la matière organique vivante.

Les coopératives sont agréées par le Fonds monétaire vital et sont suivies par la communauté scientifique, qui évalue annuellement la quantité de matière organique vivante que chacune a cultivée.

La monnaie crocus est en phase avec l'initiative 4 pour 1000 pour les sols, la biodiversité et le climat.

Une grappe de micro-fermes permet aux agriculteurs d’enrichir mutuellement leur savoir-faire et leurs bonnes pratiques, et de mettre en commun certains outils et services, Elle approvisionne la population locale en produits frais grâce à des circuits courts de distribution.

 Les coopératives sont accréditées par le Fonds monétaire vital et sont suivies par la communauté scientifique, qui évalue annuellement la quantité de matière organique vivante que chacune a cultivée.

Voici deux exemples célèbres du type d'agriculture pratiqué par les micro-fermes récompensées par la monnaie crocus : la ferme du Bec-Hellouin en Normandie, et les Jardins de la Grelinette à St-Armand au Québec.

Cette forme d’agriculture utilise le pouvoir de la nature pour permettre la séquestration du carbone dans le sol, ce qui le rend indéfiniment fertile.

Rien ne se perd, tout est recyclé à l’intérieur de l’agrosystème. La biodiversité cultivée y est très diversifiée, tout comme la biodiversité naturelle.

La régénération des sols par l'apport d'une nouvelle couche arable fertile, ce qui signifie tourner le dos à l'agriculture industrielle et tout bonnement imiter la nature, est la clé de la lutte contre le changement climatique.

Notre meilleure chance de rafraîchir la planète se trouve juste sous nos pieds.

Chaque pays volontaire pour participer au programme du FMV encouragera la création de milliers de micro-fermes et recevra en retour des Crocus du Fonds, en proportion de la quantité de biomasse vivante générée par les grappes de micro ferme agréés à l'intérieur de ses frontières.

Chaque grappe de micro-fermes reçoit du gouvernement sa part de Crocus en fonction de la quantité de matière organique vivante qu'elle a cultivée.

La coopérative distribue les Crocus à chacun de ses membres, et ceux-ci les échangent contre la monnaie complémentaire de leur localité.

Le collectif qui gère la monnaie locale est autorisé à inclure dans sa comptabilité les Crocus qu'il a échangés.

Ceux-ci sont considérés comme des unités du compte de garantie auquel la monnaie complémentaire est adossée. En dernier ressort, les Crocus sont remboursables par le FMI dans la monnaie nationale considérée.

« Si un plus grand nombre de personnes pratiquent l'agriculture avec succès, nous pourrons remplacer la production de masse par la multiplication de petites fermes écologiques afin de nourrir nos communautés avec des aliments frais, sains et nourrissants, et d'avoir des communautés agraires dynamiques ».

« Nous devons remplacer la production de masse par la production par les masses »

Jean-Martin Fortier

L'outil transnational crocus permettrait de capturer une grande quantité de CO2 grâce au pouvoir de la photosynthèse.

C’est donc un programme de géo-ingénierie naturelle à grande échelle, où l’être humain travaille main dans la main avec la nature et lui redonne la possibilité d’exprimer son plein potentiel.

En utilisant l'énorme puissance de la photosynthèse, nous pouvons convertir le carbone atmosphérique, qui est un problème, en carbone du sol, qui est une solution. La science prouve que la transition vers des formes d'agriculture régénératrice peut nous permettre de stocker dans le sol le carbone excédentaire en toute sécurité.

Les émissions négatives générées par les solutions basées sur la nature sont essentielles pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de climat et de biodiversité, et elles profitent à la fois aux personnes et aux écosystèmes.

Grâce à cet outil ingénieux, des millions de micro-fermes pourraient être créées, permettant de relever des défis considérables : rafraîchir la planète, sauver la biodiversité et les grands équilibres terrestres, nourrir les populations.

Notre espèce est confrontée au mur de la réalité. Il est urgent d'allier écologie et économie, il en va de la survie de nos civilisations.

Nous assistons actuellement à une formidable émergence de mouvements visant à la réconciliation de l'homme avec la nature. La solution FMV-Crocus s'inscrit parfaitement dans cette dynamique et arrive au bon moment.

La proposition de monnaie crocus est une solution systémique qui a l'avantage d'être simple, facile à mettre en œuvre, et surtout rapide. Elle porte une vraie dynamique, celle des processus vitaux à l'œuvre partout, qu'il faut cesser d'affaiblir car ils sont notre planche de salut.

Le crocus est l'outil commun dont nous avons besoin pour qu'un très grand nombre de personnes se mobilisent rapidement pour l'atténuation du changement climatique, la souveraineté alimentaire, l'emploi et la paix dans le monde.

La monnaie écologique crocus est certes une utopie, mais nous sommes acculés à l’utopie.

 Faites passer le message !

Bonus : comme le disait l’agronome visionnaire René Dumont en 1973 - cela fait bientôt 50 ans - : Nous n’avons pas le choix, « c’est l’utopie ou la mort ».

Merci de votre attention !

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