Comme un cri séditieux...

Comme un cri séditieux qui monte des ténèbres
Où des monstres visqueux glissent sournoisement,
La colère des gueux, laborieusement,
Contre le monde ancien écrit le chant funèbre.

Ecoutez-la gronder, ineffables bourgeois,
Enarques encastés inertes à sa souffrance,
Elle est la voix sans fin du grand peuple de France
Celui que vous nommez réfractaire et gaulois.

Descendez de l'Olympe et mêlez-vous aux hommes,
Aux femmes affligées, aux jeunes, aux vieux qui triment
Pour vos acquis, pour vos profits et qui dépriment
A être ravalés à des bêtes de somme.

Chassez la morgue, le dédain, la suffisance
Qui enfantent les peurs, les haines et les nourrissent.
Et ne larmoyez pas si les valeurs palissent :
Elles sont lessivées par votre complaisance

A la violence faite aux codes et aux lois,
A la précarité, au chômage inhumain,
A l'injustice et au mépris du lendemain.
Vous n'avez de projet que la plèbe aux abois.

Mais avant peu, tartuffes empoudrés, le masque
Sous vos trônes bancals que vous pensez modernes,
Tombera. On verra vos antiques badernes,
Dégouliner et vous trahir sous la bourrasque.

Car le temps est venu du cri à la révolte.
Vous régentez, impunément, par effraction,
Demain vous entendrez , glacés, Insurrection !
Sur le chemin du grain perdu à la récolte.

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.