Parlons culture

Un sujet très peu abordé au cours de la campagne pour les élections municipales de mars prochain. Et pourtant...

La culture est plurielle. Pourquoi ne pas dire que c'est l'ensemble des activités humaines matérielles et symboliques tournées vers l'émancipation individuelle et collective ?

C'est l'expression du vivant, "…ce qui fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers." selon André Malraux. C'est une conception essentiellement humaniste.

La crise économique et sociale ne doit pas justifier le "sacrifice" de la culture, elle ne la rend pas moins nécessaire. Ce n'est pas une marchandise. Pas de vision comptable mesquine et étriquée ! La culture, c'est pas du luxe !

La culture, ce n'est pas un objet de révérence, c'est un rapport social en mouvement, un art de la rencontre et du partage, rencontre des œuvres dont nous héritons, rencontre des autres avec qui nous vivons, rencontre du monde complexe qui nous accueille, rencontre de soi-même.

La déculturation et son corollaire l'ignorance, constituent un danger majeur pour nos sociétés. Le meilleur antidote aux pathologies du rejet de l'autre, c'est la culture. C'est un enjeu politique vital pour notre avenir démocratique si l'on entend promouvoir une citoyenneté durable. Il n'y a pas de culture sans éducation populaire.

Contrairement aux idées reçues, la culture, n'est pas réservée à une "élite", ce n'est pas qu'affaire de spécialistes, c'est aussi l'émergence et la stimulation des facultés créatrices de chacun à travers le métissage, la diversité, la reconnaissance comme objets culturels, de traditions, de récits, de pratiques..., c'est bien l'affaire de tous. Le peuple et le poète travaillent en commun si l'on en croit Victor Hugo.

Il est humainement, moralement, politiquement fondamental de poser la culture comme un droit et d'en favoriser l'accès à tous les publics, même, et surtout, les plus éloignés. Aucun esprit en jachère !

Il ne peut pas y avoir de culture sans lieux de culture au plus près des habitants. Du domicile à l'école, de l'étage à la place publique, du quartier au centre, du kiosque au musée, du jardin public à la salle des fêtes, de la ville au territoire...

La culture est, à la fois, conservation et novation. Il est vain de les opposer : il ne peut pas y avoir de création sans transmission. Sans cela, l'art contemporain serait impeuplé, la mémoire oubliée, le passé silencieux.

Si "Gouverner, c'est choisir ", l'action politique exige une posture laïque : neutralité en matière de choix artistiques et égalité des droits des partenaires, visée de l'intérêt général de la cité.

Le rôle de l'élu est basé sur deux principes indissociables : respect de l'indépendance des acteurs culturels, responsabilité de l'ordonnateur de l'argent public. Un élu devrait se penser en terme de facilitateur des possibles.

La culture, c'est convivial.
Faire culture, c'est créer du désir, ensemencer la ville pour produire du sens, de la joie, engendrer du commun. Vivent les cultivateurs !
Quand on partage, on multiplie.

"Si je diffère de toi, loin de te léser, je t'augmente." Antoine de Saint-Exupéry.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.