Laurent Blanc contre la sur-utilisation des critères anthropométriques dans le sport ?

La violente polémique concernant les potentiels quotas nationaux à la FFF néglige un point pourtant fondamental : dans le sport de haut niveau, la sélection des espoirs passe par l'utilisation de critères anthropométriques et ce de manière tout à fait officielle.Les médecins sportifs et autres biomécaniciens ont établi des critères précis pour sélectionner les futurs champions. Pour telle discipline, le rapport longueur du fémur par rapport à la largeur du bassin est de tant, la longueur du radius doit être de tant par rapport à l’humérus et de tant par rapport au volume thoracique, la fraction d’éjection systolique doit être de tant, la teneur du muscle en fibres blanches doit être de x% etc... Il en résulte que dans chaque sport, les athlètes de haut niveau ont tous des morphotypes extrêmement semblables : sur la ligne de départ d'un sprint ou d'un championnat de natation tous les athlètes semblent sortis du même moule.

La violente polémique concernant les potentiels quotas nationaux à la FFF néglige un point pourtant fondamental : dans le sport de haut niveau, la sélection des espoirs passe par l'utilisation de critères anthropométriques et ce de manière tout à fait officielle.relaisnat.jpg

Les médecins sportifs et autres biomécaniciens ont établi des critères précis pour sélectionner les futurs champions. Pour telle discipline, le rapport longueur du fémur par rapport à la largeur du bassin est de tant, la longueur du radius doit être de tant par rapport à l’humérus et de tant par rapport au volume thoracique, la fraction d’éjection systolique doit être de tant, la teneur du muscle en fibres blanches doit être de x% etc... Il en résulte que dans chaque sport, les athlètes de haut niveau ont tous des morphotypes extrêmement semblables : sur la ligne de départ d'un sprint ou d'un championnat de natation tous les athlètes semblent sortis du même moule.

Que cela puisse favoriser la sureprésentation de tel ou tel groupe ethnique dans un sport est assez évident, mais cette sélection ne peut pas être considérée comme racialiste, en tout cas pas à priori.

Cependant cette stratégie de sélection, qui est quotidiennement utilisée par les encadrements du sport de haut niveau, n'est pas pertinente pour détecter les superchampions : ceux qui pendant toute leur carrière resteront inatteignables même pour des adversaires dopés jusqu'à la moelle ont justement réussi à échapper à la sélection sur des critères anthropométriques. Par exemple, Hussein Bolt ou Karl Lewis sont beaucoup plus grands que leurs concurrents mais ont développé une façon de courir différente (c'est particulièrement évident pour Karl Lewis) qui nécessite des caractéristiques anthropométriques différentes que celles du modèle retenu par les sélectionneurs.

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A cette lumière, les considérations de Laurent Blanc apparaissent sous un jour complètement différent. On peut aussi les interpréter comme une critique d'un système de sélection qui induit une discrimination par morphotype au détriment d'une sélection laissant plus de place à l’intelligence de jeu et à la technique. Dans cette hypothèse, Laurent Blanc chercherait à mettre en porte à faux les défenseurs du mode de sélection anthropométrique en les accusant de sélection ethnique. Cette interprétation du verbatim semble plus en phase avec les faits : La sélection de Laurent Blanc est au moins aussi bigarrée que ne le fut celle d'Émile Jacquet et le selectionneur nationnal ne semble pas considérer que la pigmentation de la peau empêche d'être un bon meneur d'homme (ses capitaines ont ainsi été Florent Malouda et Allou Diarra)...

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