Lettre que j’ai envoyée le 8 Octobre à Hervé Morin, Ministre de la Défense
Objet : Inauguration d’une stèle dans une caserne A la gloire d’un officier déserteur ayant été condamné à mort
Monsieur le Ministre,
Le 22 octobre prochain doit avoir lieu l’inauguration officielle du monument à l’effigie du colonel Pierre Château-Jobert à Pau, au pied du mât des couleurs de l’ancienne place des agrès de l’ETAP. Le 4 juin dernier, cette place a déjà été baptisée "Place du colonel Pierre Château-Jobert". C’est sur cette place que se rassemblent, chaque matin depuis cinquante ans les aspirants au brevet militaire de parachutiste.
Le programme de la journée serait le suivant : 11 heures : début de la cérémonie, allocutions, inauguration du monument. 12 heures : rassemblement au cercle-mess pour vin d’honneur et déjeuner. 15 heures : visite du musée des parachutistes.
Or ce Colonel Pierre Château-Jobert :
se solidarise avec les officiers qui, le 22 avril 1961, autour du général Challe, ont saisi le commandement à Alger, ce qui lui vaut plusieurs mois d’arrêts de forteresse à l’occasion de ce putsch qui tenta de renverser la République Française.
déserte en janvier 1962 pour rejoindre le commandement de l’OAS dans l’est algérien
est condamné à mort par contumace en 1965 et ne rentrera en France de son exil qu’en 1968, après la première amnistie.
Avec un tel palmarès comment cela est-il compatible que cet officier, déserteur, condamné à mort, ayant tenté de renverser la République puisse-t-il être honoré ? Est-ce l’exemple qui doit être donné aux nouvelles recrues de l’Armée Française en formation ?
Je suppose que vous n’en ayez pas été informé, parce que je ne pense pas qu’un Ministre de la Défense de la France, puisse laisser faire un tel affront à nos valeurs républicaines, d’autant plus quand le Gouvernement auquel vous participez a organisé, il y a seulement quelques mois, un débat national sur cette même notion.
En espérant que vous pourrez stopper immédiatement une telle infamie
en faisant modifier le nom de cette place
en interdisant cette cérémonie je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, mes plus respectueuses salutations.
Henri POUILLOT.
P.-S.
Je publierai la réponse dès que je la recevrai
Je viens de "provoquer" Madame le Maire de Pau (ainsi que la presse locale) pour lui demander de réagir, j’ai suggéré que l’on substitue le nom de Général Jacques Pâris de Bollardière (également un para) à celui de ce Colonel Chateau-Robert.