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Billet de blog 18 nov. 2011

La torture, les crevettes Bigeard, un modèle français !!!

En voulant déposer les cendres du Général Bigeard aux Invalides à Paris, c'est bien le message qui veut être délivré.

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En voulant déposer les cendres du Général Bigeard aux Invalides à Paris, c'est bien le message qui veut être délivré.

Marcel Bigeard a acquis sa principale notoriété pendant la guerre d'Algérie, et tout particulièrement pendant la "Bataille d'Alger".

Bigeard, lui, défend ses hommes. La torture ? Bien sûr qu'elle existait, répondait-il, mais pas chez lui : "Les interrogatoires musclés, c'était un moyen de récolter des infos. Mais ces interrogatoires étaient très rares et surtout je n'y participais pas. Je n'aimais pas ça." Il n'aimait pas ça, et il n'aimait pas que la presse en parle autant. Venu décorer des anciens d'Algérie, il coupe court aux questions des journalistes : "Je n'ai pas dit que ça n'existait pas, tout le monde le sait qu'il y a eu de la gégène [...]. M'emmerdez pas avec ça, on en parle toute la journée, ça suffit."

La technique des "Crevettes Bigeard" ? Elles resteront la sinistre image de cette époque qui perpétuera ce nom. Pour beaucoup, ce terme employé alors ne signifie rien, surtout qu'il ne figure dans aucun livre d'histoire de notre enseignement. Pourtant c'est en employant cette expression que Paul Teitgein interrogeait Massu, en 1957, sur les milliers de disparus pour lesquels il n'avait aucun rapport concernant leur "évaporation". Pour éliminer physiquement, en faisant disparaître les corps, Bigeard avait inventé cette technique : sceller les pieds du condamné (sans jugement, sinon le sien), vivant, dans un bloc de béton et le larguer de 200 ou 300 mètres d'altitude d'un avion ou d'un hélicoptère en pleine mer. Il avait perfectionné cette technique : au début les algériens étaient simplement largués dans les massifs montagneux, mais leurs corps étaient retrouvés. La seconde étape fut le largage en mer, mais quelques un sont parvenus à revenir à la nage sur la côte et échapper miraculeusement à la mort. C'est pourquoi il "fignola" le raffinement de sa cruauté en inventant le bloc de ciment. C'est par cette technique enseignée par son ami le Général Aussaresses (et les officiers supérieurs instructeurs associés Lacheroy, Trinquier...) que cette technique a été utilisée en Argentine en particulier pour les 30.000 disparus que pleuraient les "Folles de la Place de Mai".

Il avait même été évoqué que ces cendres puissent être déposées au Panthéon, puisque les Vietnamiens s'étaient opposés au largage au dessus de Dien Bien Phu, mais le sarkozisme a sans doute estimé que la provocation serait difficile à faire accepter, et ils se sont contenté de rester dans le cadre militaire, et de trouver un emplacement parmi les autres militaires "illustres". Pour ces raisons, il n'est donc pas tolérable que de tels hommages puissent être rendus à un tel odieux personnage, un tel criminel.

Un geste fort, mais digne des valeurs de la République Française, serait d'accueillir, dans ce lieu prestigieux, un autre militaire, un para lui aussi, qui s'est, lui aussi, distingué pendant la guerre d'Algérie, le Général le plus décoré à l'époque : Le Général Jacques Paris de Bollardière. En dénonçant la torture et en refusant de la pratiquer, il mérite bien, lui, par contre les honneurs de la République.

PS : après les "honneurs" aux anciens de l'OAS, aux putschistes, les Légions d'honneur indécentes ... je vais m'adresser au Ministre de la Défense

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