La politique de la Françafrique va-t-elle être remise en cause ?

Samedi 26 Février 2011, une manifestation, clôturant la 6ème semaine anti-coloniale, regroupait 5.000 manifestants à Paris de République au Ministère des Affaires étrangères.

Les Slogans initiaux étaient : "Non à la Guerre, Non au racismme, Non à la xénophobie d'Etat" et l'actualité a imposé d'en rajouter d'autres : Fête au départ des Ben Ali et Moubarak, mais vigilance, et soutien aux peuples africains qui luttent pour se débarrasser de leurs dictateurs, retrouver une dignité, des moyens de vivre moins pauvrement.

Pendant cette semaine de nombreux débats, nommbreuses manifestations ont dénoncé la politique française qui a mis en place, soutenu des dirigeants à la tête des anciennes colonies en instituant un régime de corruption, de dictature... afin que les groupes financiers (dits français) puissent continuer de piller les richesses locales, tranquillement.

Cette manifestation disait haut, son écoeurement d'une telle politique étrangère française : le comportement du gouvernement exprimé par la voix de sa ministre Alliot-Marie est une honte pour la France. (voir les billets que j'ai publié, comme "Invité de la Semaine" dans l'Humanité que vous trouverez sur ce bog de Médiapart ou sur mon site).

Le collectif "Sortir du Colionalisme" a déposé la lettre suivante à la fin de la manifestation :

 

"Objet : demande d'audience

Monsieur le Ministre,

Dans le cadre de la 6ème semaine ainti-coloniale, qui se termine, nous souhaitons que vous puissiez rencontrer une délégation de notre collectif.

Nous désirons en effet vous faire part, à la suite des multiples réunions, manifestations qui se sont déroulées pendant cette période, des profondes inquiétudes et contestations exprimées quant à la politique française concernant :

- Les anciennes colonies devenues "indépendantes".

- Les processus de décolonisation inachevés qui incombent directement à la France ou pour lesquels elle apporte son soutien au régime colonial : Mayotte, Nouvelle Calédonie, Sahara Occidental.

- Le rôle que devrait jouer la France concernant les peuples Kurdes, Palestiniens, Tamouls…


Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos sincères salutations."

 

Mais nous devons être inquiets. Certes Sarkozy a été contraint de licencier, avec beaucoup de retard, sa ministre qui défendait si bien sa politique dans ce domaine. Certes c'est un cinglant revers. D'ailleurs sa prestation télévisuelle démontrait bien son embarras. Mais lundi matin, le Premier Ministre, François Fillon montrait bien que le Gouvernement n'entendait pas changer le fond de cette politique, même si l'un de ses artisans avait du être sacrifié pour sauver les apparences. Quand il déclare que Aliot-Marie n'a pas commis de faute morale, mais seulement politique : c'est profondément scandaleux. Pour lui, donc, proposer au dictateur tunisien le savoir faire des forces françaises pour maintenir ce système en place, en écrasant dans le sang le peuple qui se bat pour vivre dignement n'est pas une faute morale, mais seulement politique : en somme elle n'aurait pas dû le dire de cette façon, mais le faire concrètement, discrètement ??? Sarkozy, ne l'aurait sacrifiée que parce que sa parole n'était plus audible ? Mais les peuples en luttent n'acceptent pas qu'un ministre de la France se rende complice de leurs tyrans.

Il semble donc bien que Le Gouvernement Français reste sourd, ne veuille pas entendre ce cri d'espoir exprimé par tous ces oppréssés, et n'ai qu'une seule intention complice : tout faire pour garder en place les Bongo et consors...

Ce remaniement forcé par l'ampleur du scandale d'une politique étrangère incohérente, indigne de la France, de ces principes républicains risque bien de n'être que l'arbre qui cache la forêt.

J'ai vraiment honte de l'image donnée par le Gouvernement de la France, comme beaucoup de mes compatriotes, j'ai honte de mes représentants.

 

 

 

 

 

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